Franz26 a dit (20 Avril 2023 à 07:58)
Dans la famille des jeux cultes, je demanderai… Après avoir donné au genre ses lettres de noblesses grâce aux deux premiers Warcraft, Blizzard remet le couvert en 1998 avec un nouveau RTS dans un univers radicalement différent. Résultat : un chef d’œuvre unanimement encensé ayant influencé tout un pan de notre médium ! Les serveurs du BattleNet, toujours fréquentés des décennies plus tard, en sont la démonstration parfaite. Car Starcraft représente pour beaucoup l’aboutissement du jeu en réseau à une époque où les « Lans » et les salles dédiées pullulaient. Douce nostalgie. Il s’agit d’ailleurs de ma première expérience en ligne, au côté d’Half Life, et j’en garde un souvenir impérissable. Comme l’intention de cette review n’est pas d’exposer mon amour pour Starcraft mais d’analyser les apports, essentiellement techniques, de ce Remaster, voyons voir si la recette fonctionne encore un quart de siècle plus tard !
Communément appelé « jeu de stratégie » avant que le terme « RTS » ne soit démocratisé, Starcraft met en scène une épopée intergalactique passionnante par le biais de trois races distinctes aux desseins propres. Le conglomérat Terran, société humaine avancée, les Zergs, entités organiques pullulant dans toute la galaxie, et enfin les Protoss, puissante race extraterrestre à la technologie supérieure. Tour à tour, vous défendrez donc les intérêts de chacun à travers une campagne passionnante. Mais en sus des enjeux dramatiques et points de vues multiples de l’intrigue, cette diversité se matérialise aussi dans l’approche du gameplay, sensiblement différente selon la race sélectionnée. Outre une large variété d’unités aux fonctions propres, c’est l’expansion et la gestion même de votre microcosme militaire qui va différer selon la faction. Une originalité rare pour l’époque, au service d’un gameplay encore largement viable de nos jours malgré quelques nuisances inhérentes à son âge avancé. En effet, on pestera aisément sur l’IA des unités et la limite de sélection des troupes par exemple. Monnaie courante à l'époque, plus contraignant de nos jours.
Mais Starcraft ne se contente pas d’un gameplay à toute épreuve : son univers génial, référence en matière de Science-Fiction, a largement contribué à façonner son aura mythique. Parfois à la limite du post-apo, c’est un futur sombre qui nous est dépeint, tant par l’évolution impérialiste de la race humaine que par la menace immuable des Zergs, dévoreurs de mondes. A l’écran, cela se traduit par une richesse artistique rare. Chaque peuple bénéficie ainsi d’une empreinte visuelle unique, et les terrains de jeu variés parachèvent la cohésion visuelle et l’ambiance hors-norme qui se dégage du titre. Une atmosphère d’exception ravivée par les apports techniques de ce Remaster HD.
Décors, sprites et effets visuels ont été remis au gout du jour via une résolution décente, pour un résultat à la fois fidèle et convaincant. La transformation graphique ne s’arrête pas là, et on appréciera la refonte des interfaces, mais aussi la restauration des modèles 3D dans les fenêtres de dialogues ou les beaux écrans fixes illustrant la campagne. En revanche, les cinématiques en CGI restent d’époque et ne manqueront pas de piquer les yeux.
La bande son n’a pas été oublié, et Blizzard nous propose également des musiques et un sound design retravaillés. En résulte une ambiance sonore toujours aussi brillante, renforcée par un doublage VF impeccable. Chose assez rare pour le souligner. L’ensemble contribue évidemment à l’atmosphère globale du soft et, malgré des batailles s’étalant parfois sur plusieurs heures, les thèmes savent se faire discrets afin d’accompagner judicieusement l’expérience de jeu. Une aventure généreuse, incluant l’extension « Brood War » et sa campagne aussi dense que la principale. La difficulté en plus ! Comptez près de 80 heures pour en faire le tour, sans aborder l’aspect on line/réseau bien évidemment !
Starcraft Remaster s’adresse donc à deux types de public : ceux désirant découvrir ce jeu culte dans des conditions optimales, et les fans de la première heure en quête de nostalgie. Appartenant à la seconde catégorie, difficile de ne pas cacher ma satisfaction après l’accumulation de mégatonnes de minerais et gaz Vespene ! Un petit plaisir coupable, à peine nuancé par des mécaniques de jeu poussiéreuses mais toujours efficaces. A défaut de gommer quelques irritants, ce Remaster assure l’essentiel et offre une seconde jeunesse à un titre d’anthologie. J’approuve.
Franz26 a dit (12 Mars 2023 à 09:13)
Faisant suite à l’excellent remake de l’Odyssée d’Abe, délicieusement sous-titré « New N Tasty », c’est au tour de sa suite, L’Exode d’Abe, de profiter d’une refonte complète. Notre célèbre Mudokon aux yeux globuleux et à la bouche cousue reprend du service pour sauver ses congénères du joug des Glukkons !
L’histoire de Soulstorm se déroule directement après les évènements du premier opus et Abe, désormais vénéré par ses confrères, poursuit son échappée fracassante. Un périple rythmé à la narration habile qui vous conduira aux confins de l’empire Glukkon, pour une mise en abîme évidente de l’économie capitaliste.
La recette ne change guère, et nous voici devant un plateformer-réflexion où il faut faire preuve d’intelligence, d’observation et de dextérité afin de mener à bien le sauvetage massif de votre peuple. Car même si vos geôliers ne brillent pas par leur intelligence, ces esclavagistes endurcis vont vous mener la vie dure ! Heureusement, Abe peut compter sur ces capacités de bricoleur pour concocter des objets indispensables à la progression : écran de fumée, cocktail explosif, balle assommante, etc… Des outils à utiliser à bon escient histoire d’atténuer les dangers induits par le level design, et ainsi compléter les niveaux en sauvant l’intégralité de vos compagnons. Mais le moindre faux pas se traduit par un respawn au dernier checkpoint, heureusement abondants, et le titre ne pardonne pas la moindre approximation ! Il va falloir donc apprendre de ses erreurs et ajuster en permanence l’approche du terrain, tout en composant avec un gameplay parfois imprécis et très punitif.
En résulte un aspect die and retry discutable tant nos échecs relèvent souvent de la maniabilité boiteuse d’Abe, de l’IA des Mudokons ou tout simplement de mauvaises idées de game design ! Certaines phases d’actions sont très mal calibrées (les passages typés « Tower-defense » : quelle horreur…), et l’impossibilité de revenir à un checkpoint antérieur ne laisse aucune marge de manœuvre. Des défauts d’autant plus regrettables que les stages alternent le chaud et le froid, en proposant aussi des passages jouissifs débordants d’ingéniosité. Ce trop plein d’idées fini par desservir le titre, peinant à reproduire l’équilibre subtil de son ainé.
Un constat plutôt mitigé sur le fond, mais impeccable sur la forme. Les développeurs nous gratifient ici d’une réalisation aux petits oignons, portée par des décors fins et fourmillants de détails malgré quelques textures passables. Les effets de lumières ne sont pas en reste et les cinématiques ont également bénéficié d’un superbe lifting. Du bel ouvrage, mis en valeur par une direction artistique d’exception au profit d’un univers Steampunk à l’empreinte unique, crasseux et décalé, empli de créatures étranges et d’une pointe de mysticisme. Ajoutez une bonne pincée d’humour noir, des scènes cocasses et des dialogues hilarants pour favoriser l’immersion et obtenir une atmosphère des plus atypiques.
Musiques d’ambiance et bruitages efficaces viennent enrichir l’expérience avec panache, même si l’on n’atteint pas le charme sonore de « New N Tasty », tandis que l’absence du doublage VF d’origine s’avère encore une fois regrettable. Enfin, la durée tient largement la route et venir à bout de l’aventure demande un certain investissement… et un peu de self contrôle ! Bravo à ceux ayant eu la motivation du 100%. Pour ma part, je me suis contenté de finir les niveaux avec application mais sans acharnement. A noter la présence du petit DLC "l'évasion de Toby" : sympathique succession de phases de plateformes chronométrées.
Relecture imparfaite du jeu d’origine, Oddworld Soulstorm souffre de défauts manifestes altérant sa proposition ludique ambitieuse. Toutefois, et malgré des soucis de développement ayant conduit à plusieurs reports, l’alchimie fonctionne encore. Essentiellement porté par son univers post-apocalyptique déjanté plus beau que jamais, cet exode au petit gout doux-amer aurait mérité un peu plus d’attention. On se contentera d’un bon jeu, à réserver aux fans de la franchise.
Franz26 a dit (05 Février 2023 à 08:34)
Poursuivant la découverte de la licence et après avoir changé la pile de sauvegarde de ma Saturn qui n’a pas supporté 10 mois dans un carton sans source d’alimentation, me voici paré pour l’épopée Shining Force III ! Scénario 1 s’il vous plait, à point. Pour la suite, il faudra se tourner vers l’émulation. L'Europe et les USA ayant été lésés des scénaris suivants. Car ce troisième opus de la franchise mythique se découpe justement en trois histoires liées ! Faisons d’abord un tour du côté de la République, en compagnie de Synbios et du roi Benetram.
Hormis cette ambition scénaristique frustrante pour les détenteurs d’une console PAL, Shining Force III donne dans le classicisme maitrisé et ne déstabilisera pas les amateurs des deux premiers volets malgré l’apport bancal de la 3D. Comme la plupart des jeux 32 bits essuyant les plâtres de cette nouvelle dimension, le temps n’a pas été tendre avec le rendu visuel du titre. Des sprites 2D se baladent au milieu de textures pixellisées peu flatteuses, et si les décors tiennent la route l’ensemble pique un peu. Impossible de ne pas faire la comparaison avec un certain Final Fantasy Tactics, sorti la même année mais bien plus agréable à l’œil. A la manière d’un Fire Emblem, Shining Force III peut néanmoins s’appuyer sur ses affrontements durant lesquels nos héros croisent le fer et jouissent d’animations de combat en 3D plus détaillées. Les effets visuels restent sympathiques, et on appréciera également les artworks des différents personnages habillant les phases de dialogues. Pas de quoi regretter le charme d’antan des opus Megadrive et l’élégance d’une 2D chiadée.
Dans la pure tradition de la série, on retrouve un système de jeu familier qui se compose de deux phases distinctes entrecoupées de cinématiques faisant avancer le synopsis. Shining Force III laisse ainsi le joueur libre de ses mouvements dans les différentes bourgades parsemant le continent de Parmecia. Fouille des maisons, papotage avec les PNJs et surtout acquisitions des meilleurs équipements font donc partie intégrante de la préparation au combat. Ces derniers s’apparentent toujours à un vaste échiquier où, case par case, vous déplacez minutieusement vos unités afin d’occire les troupes adverses. Le petit stratège en herbe aura vite fait d’utiliser le terrain à son avantage, en prenant en compte la configuration des obstacles et des adversaires. Un classicisme efficace, même si l’on regrettera encore l’absence de personnalisation des unités qui se contentent d’accumuler de l’expérience avant d’évoluer une fois le seuil requis. En contrepartie, la variété des recrues permet de modeler son équipe en fonction de nos préférences. Guerriers, archers, faucons, centaures, magiciens, moines, etc… il y en a pour tous les gouts ! Trois niveaux de zoom et une rotation à 360° de la caméra assurent une lisibilité correcte du terrain, et seule la consultation des statistiques et de la portée des ennemis souffrent d’un temps de latence nuisible. Pas de quoi remettre en cause des mécaniques de jeu intemporelles, et un gameplay habile faisant preuve d’une variété de situations appréciable.
Autre gros atout du titre : sa bande son signée Monsieur Sakuraba. Le maître nous livre un travail de grande qualité, dense et homogène, qui accompagne à merveille ce périple épique. Contraint de fuir avec son roi des négociations de paix sabotées par une étrange secte, Synbios, jeune seigneur de la République d’Aspinia, va tenter de résoudre le complot qui se trame et prouver l’innocence de sa nation. Alors que dans l’ombre une menace bien plus grande pèse sur le continent… S’ensuit une trame intéressante et généreuse, malgré un fort sentiment d’inachevé. En effet, la force de ce Shining Force III - ou sa faiblesse - est d’avoir découpé son histoire en trois scénarios reliés. Si le concept se révèle très intéressant sur le papier, avec des interactions et des points de vue qui s’entrecroisent, en pratique, c’est la baise. Comme évoqué en introduction, seul le premier scénario a vu le jour en Europe et aux USA : il faut donc se tourner vers l’émulation et les patchs de traduction pour connaître le fin mot de l’histoire. Rude.
Un peu érodé sur la forme, solide sur le fond, la première partie de ce Shining Force III s’impose comme une expérience certes convenue mais au charme indiscutable. Son univers médiéval-fantastique offre un cadre de jeu attachant, et découvrir ce titre mythique 25 ans plus tard se révèle assez jouissif tant sur le plan ludique que culturel. Baroud d'honneur d'une franchise au destin tragique… Amateurs du genre, foncez !
Franz26 a dit (28 Janvier 2023 à 08:43)
Souvent considéré comme « LE » chef d’œuvre de Naughty Dog, The Last of Us laissa une trace indélébile dans le cœur des joueurs. Un périple survivaliste hors norme aux côtés de protagonistes marquants, enrobé d’un gameplay efficace et d’une réalisation cinq étoiles. C’est pourtant la qualité de sa narration qui s’est avéré l’aspect le plus mémorable du titre, dont la suite était attendue depuis près de 7 ans ! Il est temps de replonger dans ce monde post-apocalyptique cruel, où l’humanité a dû s’adapter pour subsister… Review garantie sans spoilers.
The Last of Us - Part II, que nous renommerons ici « TLOU 2 », prend place quelques années après les évènements du premier opus. Dicté par une quête vengeresse aveugle et cruelle, le récit use d’une approche temporelle audacieuse avec de nombreux flash-backs venant combler l’ellipse temporelle entre les deux volets. Bien que l’on retrouve bon nombre d’acteurs du premier opus, Joel et Elie en tête, le titre se concentre sur de nouvelles relations en introduisant une foule de protagonistes intéressants au destin peu commun. Un renouveau agréable, car encore une fois la grande force de l’histoire repose sur sa formidable écriture, à la mise en scène parfaite et aux ressorts narratifs puissants rendus crédibles grâce à la richesse de ses interprètes. S’ensuit un périple immersif et passionnant à l’équilibre quasi-parfait, qui tient en haleine jusqu’au dénouement final après un virage abrupt à mi-chemin. Bluffant ! Mais j’en ai déjà trop dit…
Ayant profité de la Playstation 5 pour faire tourner le jeu, la réalisation de TLOU 2 m’a laissé bouche bée. Textures magnifiques, animation incroyable, fluidité exemplaire, effets et jeux de lumières divins, etc… les superlatifs me manquent pour décrire la perfection technique du titre qui offre sans cesse des panoramas contemplatifs somptueux ! Mais le rendu visuel doit également beaucoup à la vision artistique de l’œuvre. Pour rappel ; l’histoire se déroule dans un univers post-apocalyptique où un virus mortel mena la civilisation à sa perte, en transformant les hommes en entités décharnées dites « les infectés ». Dans ce monde impitoyable, les rares survivants se regroupent en communautés et doivent composer avec le danger du virus et les ressources encore disponibles, à l’origine de conflits mortels. Villes et rues abandonnées, appartements et magasins en ruines, végétation en friche, cadavres et camps de fortune, notes de rescapés, etc… c’est bien la crédibilité de cet univers urbain dévasté mais empli de détails qui immerge et implique autant le joueur dans l’aventure ! Un contexte loin d’être révolutionnaire mais vecteur d’une ambiance authentique. Balayant un spectre d’émotions variées allant de l’horreur la plus totale à des phases contemplatives quasi surréelles, l’atmosphère de TLOU 2 prend aux tripes.
Un ressenti qui doit beaucoup à la bande son du titre, mise en avant avec des thèmes d’ambiance discrets mais omniprésents, tant pour souligner des petits moments de quiétude que pour faire monter la pression. Des musiques plus posées, souvent matérialisées par des notes de guitare minimalistes, confortent avec brio la résonnance mélancolique de l'aventure. Tout en sachant aussi s’effacer au profit des bruitages environnants et du doublage VO, irréprochables.
Pas de révolution autour des mécaniques de jeu, TLOU 2 reprend à la virgule près la recette de son ainé. Je ne m’éterniserais donc pas sur ce point, d'autant que mon compère Benben s'en est donné à cœur joie ci-dessus. Un gameplay bien rôdé à base d’infiltration, d’exploration, de crafting sommaire et de phases de shoot. Le tout secondé par un level design fichtrement bien pensé afin d’offrir un terrain de jeu très plaisant, bien qu’un peu redondant. En effet, malgré la variété des environnements le gameplay fini par montrer quelques limites passé un certain temps de jeu. En cause une grande linéarité et des mécaniques archi-connues qui se répètent trente heures durant. Une pointe de lassitude et quelques défauts de rythme peuvent donc ternir très légèrement le constat, avant que les immenses qualités du titre ne reprennent le dessus.
Difficile de ne pas ressortir, encore une fois, chamboulé par l’expérience de jeu proposée par Naughty Dog. TLOU 2 nous place au cœur d’une histoire poignante, déstabilisant le joueur avec des choix narratifs osés où les notions de bien et de mal sont souvent remises en perspective. Un périple éreintant magistralement mis en scène, qui se contente d’un gameplay familier afin de développer sans contraintes son incroyable récit. Malgré des ficelles scénaristiques finalement assez classiques, rarement une intrigue ne m’aura autant absorbé devant l’écran ! Bouleversé par la cruauté de ses propos, sa violence sans filtre, le destin tragique de ses protagonistes, mais aussi par ses moments de tendresses inoubliables, TLOU 2 s’impose à mes yeux comme une suite digne et magistrale. Un jeu d’exception, tout simplement.
Franz26 a dit (31 Décembre 2022 à 09:12)
Exclusivité Playstation 3 sortie en 2009, c’est sur le tard que je découvris Demon’s Souls, motivé par les critiques dithyrambiques de mon entourage. Nous sommes donc en 2015, et je m’apprête à vivre l’une des expériences les plus mémorables de ma vie de joueur. Complètement happé par cet univers hors-norme et ses mécaniques de jeu, mon dévolu se porta ensuite tout naturellement sur Dark Souls. Plus qu’une confirmation, un véritable aboutissement venant conforter l’aura de cette nouvelle franchise. A mes yeux la plus marquante des deux dernières décennies ! Les pixels ont depuis coulé sur les écrans, engendrant des œuvres toutes aussi grandioses les unes que les autres et hissant From Software parmi les grands. Fort de cette renommée mondiale, les développeurs ont cédé à l’appel de la communauté avec une refonte luxueuse de Demon’s Souls sur Playstation 5. Là où tout a commencé…
Soyons franc, Demon’s Souls n’avait pas forcément besoin d’un remake tant la copie de base était solide. Si cette pratique se justifie avec les titres pré-PS360, elle s’avère selon moi dénuée de sens pour une large majorité des productions plus récentes. Pourtant, difficile de bouder son plaisir devant le lifting opéré sur le royaume de Bolétaria ! Les gars de Bluepoint Games, mandatés par From Software, ont réalisé un travail impeccable tant sur la fluidité que sur les textures, au point de dépasser le rendu d’un Dark Souls 3. Cette réalisation de haute voltige, en sus de gommer quelques soucis techniques de l’époque (framerate aux fraises, temps de chargement pesants, etc…) rend honneur à l’incroyable direction artistique du titre tout en respectant à la lettre l’œuvre originelle.
Car c’est le grand tour de force de ce remake : nous faire replonger dans ces environnements tourmentés au level design savant avec une familiarité naturelle, quasi déconcertante tant les marques et les repères se révèlent similaires. C’est pourquoi je ne vous infligerai pas un grand monologue, les sensations et les mécaniques de jeu étant sensiblement les mêmes. Ma review de l’époque fera amplement le taff. Voir ci-dessus.
On notera des petites améliorations bienvenues, tel que les objets ramassés en surplus envoyés directement dans la réserve, une interface plus fluide ou encore la téléportation d’un monde à l’autre désormais possible sans transition par le Nexus. Bref, des détails ci et là au service d’un gameplay d’exception, toujours aussi exigeant et gratifiant. Dans les faits, ma connaissance du terrain m’a permis de rouler sur les dangers sans réel pic de difficulté. En a résulté un premier run, pourtant soigné, en à peine 25 heures, et un NG+ bouclé en moitié moins de temps. Avis aux amateurs : je vous confirme la viabilité d’un build foi avec une arme bénie+5 (marteau Miridan à deux mains de préférence) et un bouclier du Juge+5, engendrant ainsi une insolente régénération automatique des PV. Juste assez de MP pour lancer le miracle « seconde chance », et le reste de vos âmes à répartir entre vitalité et endurance. Efficacité garantie.
Prémices d’une œuvre mythique de la Dark Fantasy, Demon’s Souls Remake nous convie à un périple torturé, orchestré par une direction artistique divine et une bande son immersive. Un chef d’œuvre au gameplay dépoussiéré, occasion idéale pour revisiter ou découvrir l’opus géniteur des SoulsBorne dans une version current-gen. Et si l’initiative était dispensable, elle n’en reste pas moins enivrante de nostalgie et o combien délectable.
Franz26 a dit (30 Décembre 2022 à 08:49)
Sorti en 2012 sur les plateformes dématérialisées de l’époque, Sine Mora s’est fait une petite réputation dans le milieu. Ainsi, ce Shoot’em up en scrolling horizontal avait déjà attiré mon attention, mais il fallut attendre l’arrivée d’un portage Switch et de quelques jours de vacances pour que je tente enfin l’expérience.
« Version EX, c’est quoi ? » Noble question qui trouve sa réponse sur Google. En synthétique : ajout de contenu, réalisation rehaussée, mode 19:9, etc... Plutôt cool non ? Pas de quoi repasser à la caisse pour les vieux de la vieille, mais une excellente opportunité pour les autres !
Techniquement Sine Mora EX impressionne et se pare d’une 3D fine, pleine de couleurs, aux textures propres et à la fluidité remarquable. Des changements de perspectives, zooms et autres jeux de caméra du plus bel effet viennent enrichir l’expérience visuelle sans nuire à l’action frénétique. Car oui, « Shmeup » oblige, le concept du titre se résume à annihiler vos ennemis tout en évitant les projectiles et obstacles à l’écran.
Outre une esthétique particulièrement soignée, Sine Mora se distingue aussi par quelques mécaniques de gameplay originales. Tout d’abord, c’est une minuterie qui représente la barre de vie de notre vaisseau. On gagne du temps en tuant des ennemis, on en perd en se faisant toucher, et une fois à 0 c’est l’explosion. De nombreux bonus sont à ramasser en chemin : upgrades arme principale, munitions arme secondaire, bouclier, gain de temps, de points, etc… On notera surtout la capacité de figer le temps, bien utile pour éviter les salves de missiles envahissant l’écran et surmonter l’adversité imposée par les immenses boss du jeu. Malgré des arrière-plans fourmillants de détails, la lisibilité globale se veut excellente et vient pérenniser un gameplay à l’efficacité redoutable.
Cerise sur le gâteau, en sus du mode arcade, coopération, boss training, défis, etc…, Sine Mora EX propose une campagne scénarisée aux commandes de différents pilotes. Quelques cinématiques et pavés de textes entrecoupent les missions et accentuent l’immersion dans cet univers SF aux airs rétro post-industriel. Plusieurs vaisseaux dégagent un petit air vintage amusant. L’ambiance sonore n’est pas en reste, avec des musiques sympathiques et un sound design aiguisé au service d’un « game feel » bienveillant.
Avec sa réalisation de haute voltige, son gameplay énergique et sa direction artistique colorée, Sine Mora EX a tout des grands Shoot’em up. Les amateurs y trouveront largement leur compte en profitant de la myriade de modes différents et des joies du scoring. Paradoxalement, ma notation n’atteindra pas les sommets. Ni voyez rien d’autre qu’un manque d’affinités avec un genre que j’apprécie, mais pour lequel je reste relativement imperméable. J’ai tout de même passé un excellent moment, typé arcade, loin de mes carcans habituels.
Franz26 a dit (14 Décembre 2022 à 07:46)
Petit jeu d’action-réflexion sorti en 2017, Little Nightmares nous plonge dans un univers macabre en défilement horizontal, à la manière d’Inside histoire de citer la référence du genre. Mais si le titre de Tarsier Studio peut se targuer d’une ambiance horrifique exceptionnelle, il pèche par des approximations de gameplay dommageables.
D’un point de vue réalisation, Little Nightmares brille davantage par sa direction artistique que sa technique pure. La 3D s’avère de qualité moyenne, et le filtre granuleux qui accompagne les teintes grisâtres ne flatte guère nos rétines. Néanmoins, cela ne nuit en rien à l’atmosphère délicieusement lugubre du périple. Des cales aux cuisines, en passant par la soute ou les cabines, ce sont les environnements peu reluisants d’un sinistre paquebot qui officient comme terrain de chasse, au rythme de la houle. Timidement guidé par la flamme vacillante de son briquet, notre chétif avatar au ciré jaune va tenter d’échapper à ses geôliers. Entités humaines décharnées et belliqueuses.
La bande son vient conforter cette ambiance pesante, en s’appuyant grandement sur des bruitages angoissants. Bruits de portes, craquement de planchers, cris stridents, résonnances métalliques, etc… c’est tout l’attirail de l’horreur qui se met au service de la peur. Un régal. En résulte une escapade réussie sur la forme, qui prend aux tripes et installe une réelle sensation d’empathie pour ce petit être martyrisé. Sur le fond en revanche, Little Nightmares souffre de quelques imperfections.
Nous voici en face d’un jeu d'action-réflexion au gameplay volontairement minimaliste. Six, notre héroïne malgré elle, peut courir, s’accroupir, sauter, attraper des objets et activer des mécanismes avec la vivacité d’un mollusque. Une lourdeur accentuant la vulnérabilité de la petite fille, mais qui finit par peser sur le confort de jeu… notamment lors des phases de plate-forme, déjà pénalisées par une perspective souvent difficile à appréhender ! Heureusement, les checkpoints sont légion et la progression, très linéaire, accorde une place prépondérante à la résolution d’énigmes. Salles après salles, il faudra faire preuve d’observation et de logique afin de surmonter les défis. Un ensemble équilibré qui, malgré quelques bonnes idées, manque toutefois d’audace et d’originalité.
Les 3 niveaux du DLC « Secrets de l’antre » corrigent un peu le tir en proposant des casse-têtes plus diversifiés, et notamment tout un pan de coopération avec les petits êtres au chapeau pointu que vous avez le loisir de croiser durant votre périple. Mention spéciale au dénouement de cette aventure additionnelle, tout aussi brillant que dérangeant, portant de ce fait la durée de vie à une petite dizaine d’heures de jeu, récolte des collectibles inclus.
Bien qu’imparfaite, l’expérience proposée par Little Nightmares reste largement positive. Une croisière de l’étrange à vivre dans le noir total, sauf âmes sensibles, histoire de profiter à fond de l’atmosphère lugubre des lieux et de la poignante narration muette qui l'accompagne. Il me tarde désormais de m’essayer à la suite, planifiée dans mon agenda pour l’année prochaine.
Franz26 a dit (07 Décembre 2022 à 07:48)
Jeu indépendant développé par l’anonyme Tom Happ, Axiom verge est le fruit d’un travail de longue haleine. Des graphismes au game design, en passant par la bande son où le scénario, le monsieur a bâti son projet seul 5 ans durant ! Sorti en 2015 et acclamé par la presse et les joueurs, le succès du titre lui vaut une sortie physique sur tous les supports de la génération. Voyons-voir ce que nous réserve ce Metroidvania old-school.
Car d’emblée Axiom Verge surprend par son esthétique en pixel art, véritable hommage à l’ère 8 bits et à la saga Metroid, le rendu HD en plus. Un style rétro épuré porté par une direction artistique aux petits oignons, nous propulsant dans un monde biomécanique coloré des plus étranges. Notre héros, Trace, se réveille guidé par une voix mystérieuse à la suite d’une expérience scientifique ratée et va devoir percer les mystères de cette planète atypique. Entre cauchemars et réalité, à vous d’échapper à ce bourbier labyrinthique empli d’entités hostiles de chair et de métal.
Comme tout Metroidvania qui se respecte, Axiom verge apporte un soin particulier à son level design afin de justifier en douceur les allers et retours inhérents au genre. A ce niveau, le titre de Tom Happ impressionne de par la cohérence de ses maps, interconnectées avec intelligence et dévoilant leurs secrets au rythme des capacités acquises. Outre la quantité astronomiques d’armes disponibles, on retiendra surtout des outils incroyables comme la foreuse, le familier téléguidé ou encore le « dash-téléporteur » qui exploitent des mécaniques de jeu originales et portent l’aspect exploration à son paroxysme. Parcourir les dédales tortueux de cette mystérieuse planète se révèle donc un pur régal, conforté par une palette de possibilité dense indispensable à l’accumulation d’upgrades et bonus optionnels. La montée en puissance se ressent et offre quelques sensations grisantes.
Le gameplay peut également s’appuyer sur une maniabilité au poil, Trace se mouvant avec célérité et précision. Petit bémol au niveau des raccourcis directs d’armes, assez brouillons avec la DualSense, sans pour autant remettre cause une prise en main quasi parfaite. Et ce ne sera pas du luxe pour venir à bout des dangers en présence tant les niveaux regorgent de mobs retords ! Les boss ne sont pas en reste et, en sus d’impressionner de par leur taille, apportent une bonne dose de challenge (heureusement compensée par des salles de repos bien placées). On appréciera d’ailleurs le principe de sauvegarde automatique qui suit un trépas, vous renvoyant alors dans la dernière « safe-zone » visitée tout en conservant la progression intacte. Ce qui ne vous empêchera pas de vagabonder une quinzaine d’heures dans ces enchevêtrements de salles labyrinthiques avant de visionner les crédits de fin avec un pourcentage d’achèvement décent. Quant à en découvrir l’ensemble des secrets, c’est une autre paire de manches ! D’autant que certains sont abusivement bien camouflés… Flemme oblige, je me suis contenté d’un satisfaisant 81% d’items collectés pour une mappemonde explorée à 97%.
A l’image de la réalisation, le sound design d’Axiom Verge se veut très rétro, tant au niveau de ses musiques, typées « synthwave » mais néanmoins variées, que ses bruitages, volontairement criards. Un ensemble éclectique détonnant parfaitement adapté à l’univers SF-Fantastique décalé du titre, confortant ainsi une ambiance quasi hypnotisante !
Hommage solennel au genre et à la saga de Nintendo, maitrisé sur le fond comme sur la forme, Axiom Verge propose un périple généreux, jouissif et parfois innovant. Les rares imperfections susmentionnées (dont un boss final décevant) ne tarissent aucunement le plaisir de jeu, et malgré un marché saturé par l’offre il se hisse sans mal parmi les meilleurs Metroidvania de ces dernières années. Performance d’autant plus remarquable pour une œuvre indépendante. Amateur du genre : foncez !
Franz26 a dit (30 Novembre 2022 à 07:50)
Après un dernier opus canonique controversé, Square-Enix lance sa plus grosse cartouche afin de redorer son blason et celui d’une franchise mythique en perdition. Nous voici donc en présence du fameux Final Fantasy VII Remake, version Intergrade qui plus est, fantasmé depuis des lustres. L’erreur n’est pas permise : interdiction de salir l’aura unique qui entoure le matériau de base ! Verdict ? Lisez la suite mes chers fidèles Serieboxiens.
Attendu comme le messie par la masse populaire, je me suis positionné à contre-courant au fur et à mesure du développement, sceptique devant l’orientation très « action » du titre et son format épisodique douteux. Il faut avouer que les dernières tentatives de Square-Enix n'ont pas joué en leur faveur, et ne parlons pas de l’arrière-gout mitigé laissé par Crisis Core ou Dirge of Cerberus à l’époque. Une refonte HD soignée avec un vrai travail de fond sur la définition des décors en 2D m’aurait amplement comblé. A défaut, je me suis contenté du portage Switch pour boucler une énième partie de Final Fantasy VII l’année dernière. Histoire de me rafraichir la mémoire avant d’attaquer ce remake ambitieux, dont les excellentes critiques ont piqué ma curiosité.
Bref, avant de débuter l’aventure il est indispensable de prendre un peu de recul : nous sommes en présence d’un REMAKE. Comprenez que les développeurs ont pris la liberté de revisiter complètement l’expérience de jeu, tant en terme de gameplay que de narration. Nous y reviendrons. C’est donc bel et bien un titre inédit que nous tenons entre les mains, qui s’émancipe de son modèle malgré des fondements communs suffisamment denses afin de ne pas (trop) rebuter les fans. Je vais donc m’efforcer de conserver une ligne objective tout au long de cette review. Final Fantasy VII étant probablement mon jeu culte, la tâche s’avère délicate… Car il y a tant de choses à dire, en positif comme en négatif.
Premier point noir de ce remake, et non des moindres : son contenu. Les développeurs ont choisi de condenser le périple de nos héros aux évènements survenant à Midgard seulement. Le jeu n’a pas commencé qu’il se tire déjà une balle dans le pied ! En effet, comment retranscrire la substantifique moelle de Final Fantasy VII si l’on ne se cantonne qu’à une parcelle de son aventure originale, quand bien même retravaillée. Et qu’on ne vienne pas me titiller en invoquant des « contraintes techniques-mon-cul », la firme ne cherche qu’à capitaliser un maximum sur l’aura de la franchise en vendant une épopée morcelée dans un format épisodique rentable ! Salaaaauds ! Pour preuve : les « open world triple A » développés ces dernières années démontrent bien la faisabilité d’un remake complet. Bref, si ce choix n’a pas que des incontinents, il se révèle déjà un non-sens à mes yeux.
Maintenant que j’ai posé le contexte et craché un peu de venin, rentrons dans le vif du sujet. FFVII Remake débute par une introduction remaniée toute aussi magnifique que l’originale, où se dévoile l’immense cité industrielle de Midgard. Le train arrive en gare et l’opération de sabotage du réacteur à Mako n°1 peut commencer. Comme prévu, la refonte technique impressionne et apporte un aspect réaliste assez bluffant pour qui se remémore les sprites SD d’origine. C’est aux commandes d’un Cloud Strife plus classe que jamais et d’un Barret imposant que l’on se familiarise avec un tout nouveau système de combat.
Histoire de coller à l’ère du temps, les développeurs ont intégralement revu la copie et nous proposent des affrontements nerveux et dynamiques en semi temps réel. Si la barre ATB a été conservé, c’est bien l’action qui prédomine : déplacements, esquives, parades, attaques classiques, raccourcis directs, etc…, il faudra maitriser cette nouvelle liberté de mouvement et s’adapter au terrain de jeu. Les capacités avancées en revanche (magies, compétences, objets, etc…), s’utilisent sous la contrainte d’une jauge qui se charge plus rapidement au fur à mesure des coups assénés. De ce fait, la tentation de bourriner prime aux premiers abords. Mais cette stratégie se révélera souvent insuffisante pour venir à bout des ennemis retords. A vous de comprendre les compétences de chacun, d’abuser du menu traditionnel afin d’orienter les tâches de l’IA gérant vos coéquipiers (l’action passe alors en pause), et de switcher entre ces derniers en fonction de la situation. L’objectif étant généralement de déceler le patern du boss et son point faible, ce qui peut l’amener en état de « choc » durant lequel les dégâts sont démultipliés. Attention, vos attaques ne feront pas toujours mouches : l’ennemi aussi sait esquiver, parer, ou même vous interrompre pendant le temps de chargement d’un sort.
En amont des combats, la préparation de votre équipe reste une étape importante. Les fameuses matérias font leur retour afin d’octroyer, une fois associées aux équipements, différentes capacités et magies qui s’amélioreront avec l’expérience. Les armes bénéficient désormais d’un arbre de compétences sommaire où vous pouvez, en échange de PA durement gagnés, accumuler divers bonus statiques. A noter le retour des invocations, prenant place avec vous dans l’arène de combat, et des « Limit Breaks » aux effets souvent salvateurs. Après un petit temps d'adaptation l’ensemble se révèle finalement assez technique, et permet même de réaliser des combos très efficaces avec un peu de pratique. Cette orientation, audacieuse il faut l’admettre, est pourtant loin de me ravir. L’action devient parfois brouillonne et les mécanismes ont été largement édulcoré afin de maximiser l’accessibilité. Mon affinité pour le tour à tour traditionnel biaise forcement mon avis, mais malgré des qualités indéniables je n’ai pas adhéré à 100% au gameplay. C’est con vu qu’on partait d’un système quasiment parfait... Oups, objectivité revient parmi nous !
Comme déjà évoqué plus haut, la plastique impressionne d’abord à travers la modélisation et l’animation des personnages, alliés comme ennemis, que nous découvrons sous un jour nouveau. Mais la réalisation peut également s’appuyer sur de superbes effets visuels et des décors réussis. Ces derniers ont été dans l’ensemble largement adaptés pour convenir à l’expérience de jeu, bien que l’on retrouve encore quelques lieux iconiques fidèlement retranscris. Mention spéciale au bidonville du secteur 7 et au Wall Market, deux zones centrales très bien retraitées. Malheureusement l’esthétique globale souffre d’une certaine redondance, limitée par l’aspect Steampunk de Midgard très loin de refléter la richesse artistique globale de Final Fantasy VII. A noter que cette version Integrade a bénéficié de quelques améliorations dans le rendu des textures et de la profondeur de champ.
D’un point de vue sonore le travail se révèle assez remarquable et respecte les formidables compositions d’Uematsu. Quelques réinterprétations et nouveaux thèmes peuvent prêter à polémique, mais dans l’ensemble la réorchestration des morceaux et l’apport du doublage Japonais garantissent une bande son d’exception. Un atout de taille.
Revenons un peu sur l’univers et les choix de construction de ce remake. Le fait de condenser l’histoire à une fraction du jeu d’origine permet, à sa décharge, d’approfondir les relations entre certains personnages avec notamment un focus intéressant sur Biggs, Wedge et Jessie. En contrepartie, la refonte de Midgard n’a rien de révolutionnaire et on se tape un remplissage grossier de quêtes secondaires, scènes inédites et autres passages à rallonge guère reluisants. Constat venant confirmer ma première impression quant à la justification foireuse de Square-Enix sur le découpage de l’œuvre... Les évènements tirent en longueur, et si la mise en scène entretient un certain rythme il ne se passe fondamentalement pas grand-chose durant les 30 à 35 heures nécessaires pour boucler l’aventure, quêtes optionnelles incluses. D’autant que le titre se veut d’une linéarité affligeante en abusant de couloirs et d’aires très limités, anéantissant alors tout sentiment d’exploration. Difficile dès lors d’apprécier le level design, assez quelconque malgré un final un peu plus travaillé. A ce propos, la liberté prise pour conclure le premier acte de façon magistrale fera probablement grincer des dents… mais difficile de leur en vouloir tant le rendu se révèle épique !
En supplément Bacon, le DLC Integrade nous propose d’incarner la pimpante Youfie dans une quête d’infiltration plaisante, bien que largement dispensable. Quelques heures de jeu supplémentaires afin d’apprécier le gameplay de la petite shinobi, des plus dynamiques, et le mini-jeu de plateau « Fort Condor » : hyper prenant ! Scénaristiquement ? C'est plat, contrairement au magnifique décolleté de Scarlet, qui officie comme adversaire principal et nous laisse admirer ses formes tout du long.
Nous arrivons au bout de cette review, et la longueur de mon texte a dû faire fuir les rares membres de passage. Final Fantasy VII Remake s’impose-t-il comme le digne héritier du RPG mythique de la Playstation ? Clairement, non. En est-il pour autant raté ? Non plus. On s’oriente donc vers un verdict aux airs de déjà-vu, et Square-Enix nous livre un excellent RPG, intelligent et immersif, mais bien loin du standing espéré. Un patrimoine vidéoludique décidément difficile à assumer… En résulte une épopée incomplète qui déstabilisera nombre de fans de par son gameplay modernisé et son choix d’étirer l’aventure jusqu’à la moelle, en limitant l’histoire aux évènements de Midgard. Conséquence directe : un univers largement amputé ne faisant pas honneur à la richesse de Final Fantasy VII. Passé ce point critique, le titre n’est pas dénué de qualités et propose une aventure remaniée efficace, enrobée d’une plastique soignée et d’une bande son monumentale. Il faudra désormais attendre la suite afin de juger et mesurer l’envergure globale du projet, qui a encore un long chemin à parcourir avant de mériter sa place au panthéon des RPGs.
Franz26 a dit (03 Novembre 2022 à 07:53)
Exclusivité Sony développée par Guerilla Games, Horizon Zero Dawn ne cache pas son statut de triple A et vient enrichir la gamme des « open world » sur le marché. Il est grand temps de me plonger dans cet univers post-apo aussi original que magnifique en compagnie de la belle Aloy, épris d’attentes considérables à la vue des critiques unanimement positives.
Si Horizon Zero Dawn a déjà fait l’unanimité auprès des joueurs et de la presse, sachez que je ne suis pas un grand amateur des mondes ouverts. En effet, mon expérience récente se limite essentiellement aux Xenoblade, God of War (PS4) ou encore à l’inévitable Breath of the Wild. Ainsi, c’est avec une confiance relative mais mesurée que je me suis lancé dans l’aventure… Une once d’appréhension très vite effacée !
Commençons par l’aspect du titre qui ne laissait aucun doute quant à sa qualité : la réalisation. Horizon Zero Dawn impressionne et propose une 3D fine aux textures propres, détaillées, donnant vie à un monde d’une beauté enivrante et empli de panoramas contemplatifs d’exception à la profondeur de champ impressionnante. Les cycles météorologiques et temporels en temps réel viennent renforcer le réalisme de ces terres sauvages, peuplées par un bestiaire mécanique incroyablement animé. L’impact visuel est immédiat, sublimé par une direction artistique hors-norme.
Les évènements d’Horizon se déroulent dans un futur lointain où la civilisation telle que nous la connaissons a disparu. L’humanité semble avoir régressé à l’âge moyenâgeux et subsiste par le biais de petites communautés retranchées dans des villages de fortune et quelques citées médiévales. Car la faune locale se révèle aussi dangereuse que peu commune. Ainsi, rodent librement dans les terres des robots primitifs et agressifs directement inspirés des prédateurs d’antan (de nombreux mobs renvoient à nos chers reptiles du crétacé). Parfois gigantesques, ils vivent en meute et attaqueront à vue ! Les humains, réfugiés dans leurs croyances limitées et dénuées de bon sens pour tout athée qui se respecte, ont appris à vivre avec cette menace permanente. Chassant même les bestiaux afin d’accumuler de précieux composants mécaniques tout en maudissant la technologie du passé, taboue et source des maux actuels.
En résulte un univers passionnant empli d’anachronismes, où les hommes ont bricolé des armes efficaces contre les machines en s’appropriant à leur façon la technologie des anciens. Les amoureux de la nature se délecteront des vastes forêts verdoyantes, rivières limpides et autres montagnes majestueuses, tandis que les amateurs de SF ne seront pas lésés avec un bestiaire atypique et les vestiges d’une civilisation disparue (la nôtre !) à déchiffrer. En résulte une immersion sans faille, même si l’exploration reste balisée par des PNJs en détresse et des collectibles à ramasser. Votre voyage sera ainsi ponctué d’innombrables détours, aiguillés par une mappemonde explicite, au service d’un dépaysement total.
Au milieu de ce background charmant, vous incarnez Aloy, une paria exclue de son village qui va s’efforcer de remporter l’épreuve de l’éclosion afin d’être réhabilitée. Quelques rebonds dramatiques plus tard causés par une communauté hostile, et vous voici libre comme l’air, paré pour une aventure épique avec en toile de fond la survie de l’humanité. Rien que ça. Si l’histoire tient la route et réserve quelques révélations sympathiques, l’envie de dénouer les évènements passés se suffit à elle-même. Ceux désirant approfondir le lore peuvent également s’appuyer sur d’innombrables enregistrements audio et pavés de textes, malheureusement bien trop redondants. A côté, on retrouve évidemment une myriade de quêtes annexes plus ou moins intéressantes (plutôt moins en fait), mais que l’on s’efforcera d’accomplir afin de profiter de l’incroyable univers du titre et de ses mécaniques de jeu efficaces. Car les qualités d’Horizon Zero Dawn s’étendent jusqu’à son gameplay.
Notre chasseuse manie toutes sortes d’armes afin d’occire les saloperies mécaniques en présence, mais devra aussi s'appuyer sur un minimum de stratégie et de furtivité pour s'en sortir sans casse. En effet, les entités robotiques n’hésitent pas à appeler des renforts, et réussir à isoler les plus grosses s'imposera comme une nécessité. Si l’expérience aide à appréhender les batailles, notamment en abusant du point faible adverse (souvent élémentaire), chaque nouvel ennemi représente une menace potentielle à déjouer. Aloy peut ainsi user de son arc, mais aussi d’une fronde, d’un lance-câbles, de pièges divers ou encore de sa lance, précieuse au corps à corps. Des versions plus puissantes se débloquent auprès des marchands et peuvent s'améliorer via des gemmes à disposer dans des emplacements définis (type matérias). Sans surprise, le crafting occupe une place prépondérante et nécessite de récupérer un maximum de matériaux sur son chemin : bois, plantes, métaux divers, etc… afin de pouvoir répondre à un besoin croissant de munitions. L’agilité d’Aloy fera le reste, et la belle rousse n’hésitera pas à crapahuter sur des parois abruptes histoire d'amuser la galerie. Un petit aspect plate-forme limité sans grand intérêt, bien loin des possibilités et de l’interactivité offertes par un BOTW. Enfin, un arbre de compétence permettra de développer les capacités de l’héroïne, et la montée en expérience consolidera sa vitalité. Du grand classique.
Côté bande son le titre de Guerilla Game assure et propose des thèmes soignés, sachant appuyer avec brio la situation. Aspect dramatique, passages contemplatifs ou action pure, les musiques et bruitages accompagnent votre périple avec soin. S’ajoute un doublage VO réussi, au profit d'un ensemble sonore de qualité.
Petit aparté sur le DLC « The Frozen Wilds » intégré à cette « Complete Edition », venant prolonger l’expérience de jeu à défaut de l’enrichir réellement. Au programme : des terres enneigées et glaciales fréquentées par un bestiaire des plus coriace. Mention spéciale aux « Griffes de feu et de glace », véritables tueurs sur pates ! La trame principale de l’extension apporte des éléments forts intéressants au lore général, et l’on prendra toujours grand plaisir à vagabonder en quête de collectibles et d’équipements puissants.
Comptez une bonne soixantaine d’heures de jeu pour faire le tour d’Horizon Zero Dawn et de son DLC. Un contenu dense pouvant néanmoins se parcourir deux fois moins vite pour qui se contentera, à tort, de la trame principale. Le titre de Guerilla Game n’est pourtant pas exempt de défaut, et l’on pourrait citer quelques bugs d’affichage, une certaine facilité d’écriture ou encore un contenu plutôt générique peinant à surprendre passé les premières heures de jeu.
Mais l’univers d’Horizon Zero Dawn fait preuve d’une telle justesse artistique que le voyage reste plaisant de bout en bout. Confortée par un fil scénaristique travaillé, un background passionnant et un gameplay généreux, l’aventure d’Aloy mérite clairement l’investissement. Une épopée dépaysante et sauvage démesurée, exceptionnelle sur la forme, convaincante sur le fond. Amateurs d’aventure et d’exploration ; foncez !