Franz26 a dit (25 Décembre 2023 à 09:41)
Metroidvania en pixel art développé par le petit studio The Game Kitchen, Blasphemous emprunte à première vue un chemin déjà surreprésenté sur la scène vidéoludique indépendante. Il se démarque cependant par son univers horrifique empreint d’un culte religieux des plus malaisants.
Une abjecte malédiction connue sous le nom du « Miracle » s’est abattue sur la terre de Custodia, condamnant ainsi ses habitants et ôtant toute joie de vivre à l’humanité. Alors que le monde n’est que ruines et désolation, vous incarnez le « pénitent », un survivant anonyme lancé dans une quête obscure aux tenants et aboutissants tout aussi opaques. Difficile en effet d’éclaircir le mystère entourant ce personnage et l’univers dans lequel il évolue. Les rares PNJs ne dévoilent que des bribes d’information énigmatiques, et il faut davantage se tourner vers le lexique des objets afin d’en apprendre davantage sur le lore de Blasphemous. Un synopsis volontairement alambiqué, contribuant à l’atmosphère glauque et captivante du titre. Car avant d’aborder les mécaniques de jeu, j’insiste encore sur cette ambiance macabre qui prend aux tripes autant qu’elle n’en expose. Teintée de références au christianisme, elle abuse d’un bestiaire malsain et de scènes riches en hémoglobine ! On notera d’ailleurs la possibilité inutile mais jouissive d’effectuer des « Fatality » sur les ennemis agonisants : paix à leurs âmes.
En terme de gameplay, nous voici en présence d’un Metroidvania relativement classique dans sa construction. Mais le titre de The Game Kitchen ne s’encombre pas d’une multitude d'aptitudes à déverrouiller, et même si les allers et retours sont monnaie courante, ces dédales enchevêtrés n’ont rien de labyrinthiques et bénéficient d’un level design sage et efficace. Evidement la traditionnelle mappemonde aiguillera votre parcours, laissant la possibilité bienvenue d’annoter divers points d’intérêts.
En revanche, Blasphemous impose un minium d’exigence au joueur, et une maitrise intrinsèque des capacité du pénitent se révèle vite indispensable. La bonne gestion de l’esquive et de la parade sera souvent la clé du succès, bien davantage que les divers bonus statiques procurés par votre chapelet, aux emplacements limités, ou que les coups spéciaux de votre épée, unique arme du jeu au demeurant. La ténacité des ennemis, couplée à des phases de plates-formes parfois punitives, engendre une progression ardue et ponctuée d’échecs. Revers régulièrement occasionnés par des boss vénères et originaux, qui nécessitent parfois plusieurs essais avant de rendre leur dernier soupir.
Si l’exploration est récompensée avec nombreux collectibles, upgrade de vie, de magie ou fioles de soins pour les plus importants, elle alimente aussi votre inventaire via une multitude d’objets obscurs dont l’utilité ne saute pas aux yeux immédiatement. Certains servent à l'accomplissement d’étranges quêtes annexes, mais il faut porter attention aux détails ou lorgner sur divers « Wiki » afin de ne rien rater ! Transition toute faite vers l’excellente durée de vie du titre, puisqu’il m’a fallu une petite vingtaine d’heures au compteur avant d’afficher un pourcentage de progression quasi complet. Les plus courageux peuvent ensuite se lancer dans un second run au challenge rehaussé, afin de déchiffrer les dernières énigmes et visionner la seconde fin de Blasphemous. Notez que cette « Deluxe Edition » bénéficie de quelques amélioration en terme de contenu et d'équilibrage.
Parti pris technique et volonté de surfer sur la vibe nostalgique des « vieux» joueurs dont je fais désormais parti, les développeurs nous offrent une réalisation en pixel art d’un autre âge mais au charme indéniable. Malgré quelques beaux moments de contemplation, plutôt dus à la direction artistique macabre qu’à la qualité appréciable des décors, on s’extasiera plus facilement sur les cinématiques « old school » et la taille de certains sprites. En effet, plusieurs boss, PNJs et autres abominations apportent un peu de piquant à une esthétique volontairement terne, en parfaite résonnance avec l’atmosphère sordide du titre.
La bande son apporte son mortier à l’édifice et accompagne votre éprouvante pénitence avec justesse. Des thèmes d’ambiance mélancoliques embellissent la majorité de votre parcours, ainsi guitares, pianos et violons reviennent régulièrement dans des styles distincts au rythme varié. Un vrai régal, qui peut aussi se matérialiser par des passages plus « métalleux » aux tons saturés, ou encore des sonorités brutes et primitives lors des affrontements. Un ensemble sonore très travaillé, qui accentue cette ambiance malsaine et corrobore l'influence religieuse des lieux.
Qualifié de « Soulsvania » par certains, il est vrai que Blasphemous reprend quelques éléments chers à la saga de From Software. Ambiance désolée quasi dépourvue d’espoir, scénario énigmatique et difficulté conséquente en sont la preuve. Mais ce petit parallèle mis à part, le titre de The Game Kitchen dégage une identité propre. Sans révolutionner le genre, il se distingue essentiellement par son ambiance et cette pénitence macabre emplie de souffrances. Quelques petits défauts çà et là, entre des phases de plates-formes perfectibles, des quêtes annexes indéchiffrables et un gameplay assez lourd, tous les joueurs n’adhéreront pas et lui préféreront peut-être des « Metroidvania » plus dynamiques. Les autres découvriront une expérience peu commune aux mécaniques efficaces et immersives. Excellente découverte.
Franz26 a dit (10 Décembre 2023 à 09:20)
Suite au succès critique de Nioh en 2017, la Team Ninja capitalise clairement sur les acquis du premier volet et nous propose un second opus dans la stricte continuité de son ainé. A défaut d’une révolution, c’est une confirmation avec un programme équilibré et toujours aussi dense en perspective. Malgré la rude concurrence dans le milieu des « Souls-like », Nioh avait su se distinguer et proposer une expérience plus nerveuse et dynamique. Voyons voir si, trois ans plus tard et après le passage d’un certain Sekiro, la recette prend toujours.
En préambule, il faut désormais passer par la création d’un « protagoniste » assemblé de toutes pièces, et intégré au scénario fictif mais empli de lieux, divinités et personnages historiques du Japon féodal. Enchevêtrement de conflits, quêtes de pouvoirs et complots étalés sur plusieurs lignes temporelles, la trame de Nioh 2 n’est pas simple à suivre et se révèle vite nébuleuse. Mais des résumés de l’histoire, personnages et bestiaire sont disponibles afin d’en apprendre davantage sur le lore. Si l’aspect narratif mixant sans détours faits réels et imaginaires sous fond de folklore traditionnel mystique passe clairement au second plan, cela n’enlève rien à la richesse du background et surtout à l’incroyable atmosphère que dégage l’univers du jeu.
On retrouve donc l’ambiance typique du premier volet, dépeignant un Japon féodal noirci et corrompu, à la limite du satanisme. Archipel dévasté par la guerre et les luttes internes, où l’avidité des hommes et les pierres de pouvoir ont donné naissance aux « Yôkai » ; hybrides humanoïdes et autres monstruosités que nous allons devoir éradiquer grâce au doux contact de notre lame. Le tout dans des décors variés et d’une justesse artistique exemplaire, parsemés de raccourcis et de passages dérobés dans la pure tradition des « Souls-Like ». Un régal de level design, malgré quelques inégalités et des zones souvent trop linéaires. Si les missions principales ont fait l’objet d’un soin remarquable, les secondaires se contentent souvent d’un recyclage au rabais de zones déjà visitées. Petit défaut déjà souligné dans le premier opus. La difficulté des obstacles et la mort punitive, engendrant la perte de votre expérience accumulée, apporte une saveur particulière à l’exploration. Principe bien évidemment pompé sur la saga de From Software, avec la possibilité de récupérer son dû en retournant sur les lieux du trépas sans accros.
En terme de gameplay la donne ne change guère, et on retrouve un système de build - assez permissif - basé sur des points de compétences à répartir selon plusieurs critères : vitalité, force, endurance (anima), magie, etc… Améliorant par causalité l’affinité avec certains types d’armes. A ce niveau le titre nous gâte, et offre un arsenal monstrueusement diversifié allant du double sabre aux tonfas, en passant par le bâton, la lance ou encore le glaive. J’en passe ! Il y en aura pour tous les goûts, et ajoutez le principe de postures (basses, moyenne et haute) pour cimenter l’ensemble et découvrir votre manière fétiche d’occire du monstre.
Les deux grosses nouveautés de gameplay proviennent du contre Yôkai et de l’utilisation des âmes en plein combat. L’une consiste en une parade parfaite selon timing, occasionnant dégâts et baisse de la jauge d’anima adverse tout en procurant un game feel assez jouissif, et l’autre permet de rattacher des orbes à aux compagnons divins afin de booster vos caractéristiques et déclencher des attaques spéciales. Quant aux esprits mystiques justement, ils reviennent en très grand nombre ! Ces divinités fantasmagoriques assurent alors un bonus de stats spécifique, et surtout la possibilité de se transformer en Yôkai afin de déchainer sa fureur l’espace d’un instant. Sans trop s’éterniser, mentionnons rapidement le système de loot, classique mais vite chronophage, ainsi que le sphérier de compétences dédié aux différents domaines (magie Onmyo, Ninjutsu, Samurai, etc...) histoire d’aiguiser sa panoplie mortelle. On passera d’autres points secondaires mais utiles : forge, dojo, salon de thé, etc…, car le gameplay de Nioh 2 se veut aussi complet que passionnant une fois l’ensemble apprivoisé !
Comme son prédécesseur, Nioh 2 n’est pas forcement accessible à tous les joueurs, mais la difficulté m’a semblé largement lissée par rapport au premier opus. Rien d’insurmontable avec un peu de persévérance, et seuls quelques boss retords m’ont demandé un chouia d’acharnement. Mention « très bien » pour ces ennemis uniques et souvent originaux, qui jouent leur rôle de gardiens à merveille dans un déluge de violence et de haine souvent déstabilisant le temps d’assimiler leur patern. Selon votre affinité avec le genre comptez environ 80 heures pour terminer l’histoire principale, une myriade de quêtes secondaires et le premier DLC. Considérant l’expérience comme suffisamment complète, je n’ai pas ressenti le besoin de dépenser mes pépettes pour les deux autres contenus additionnels.
Côté technique, comme nous l’avons vu plus haut, Nioh 2 brille davantage par sa direction artistique que par ses graphismes. Mais si certaines textures laissent à désirer, les effets visuels et l’animation rattrapent le tout et assurent un constat très plaisant malgré quelques baisses de framerate constatées occasionnellement (y compris sur PS5). Sans transition, n’oublions pas l’excellente bande son du titre. Variée, elle alterne les styles et abuse d’instruments caractéristiques du pays pour nous plonger dans l’action et nous happer en plein cœur de ce Japon féodal ravagé. Le doublage Japonais complète cette immersion authentique.
Véritable confirmation pour le studio, Nioh 2 surpasse son aîné avec quelques ajouts de gameplay bien sentis et un contenu dantesque ! L’exploration se veut toujours aussi délectable grâce à un level design travaillé et un monde passionnant pourtant découpé en missions et chapitres. Le titre ne réconciliera probablement pas les quelques détracteurs de franchise, mais comblera amplement les fans. J’en fais partie, et si une pointe de challenge et de technicité ne vous rebutent pas, je ne peux que vous recommander ce petit bijou du genre ! « L’effort » en vaut la peine, et vous découvrirez alors un titre d’exception d’une rare générosité.
Franz26 a dit (11 Novembre 2023 à 09:36)
Exclusivité Gamecube sortie en 2003, Viewtiful Joe, Beat’em all décomplexé signé Clover Studio, débarque un peu plus tard sur Playstation 2 dans une version Director’s cut. Si son style unique en Cell Shading au ton décalé saute aux yeux, c’est avant tout son gameplay audacieux qui le démarque de la concurrence. En repensant largement les mécaniques du genre, Viewtiful Joe se pose comme une véritable bouffée d’oxygène.
Alors qu’il profitait d’une séance de cinéma avec sa petite copine, Joe se retrouve propulsé à travers l’écran en plein cœur d’un film rétro de Sentaï Japonais. Super héros improvisé, il s’accommode bien vite de son nouveau rôle et va tenter de sauver son amie kidnappée, non sans péter la gueule aux hordes d’ennemis bariolés sur son chemin. Un synopsis complètement barré, bourré d’humour, de répliques cocasses et de situations loufoques transcendées par une direction artistique absurde et colorée.
En effet, Viewtiful Joe se pare d’une réalisation pétillante en Cell Shading semblant sortir d’une planche de Comics fraichement dessinée ! Un filtre graphique du plus bel effet, auquel se mêle un déluge d’effets spéciaux impressionnants et une palette de couleurs détonantes. Si les décors méritent le coup d’œil, la taille et l’animation des sprites à l’écran volent la vedette et laissent pantois d’admiration !
Beat’em all en scrolling horizontal, notre héros bénéficie de la panoplie d’actions traditionnelles : coups de pieds, de poings, double saut, etc… Mais la vraie sève du gameplay découle de la montre V ; dispositif capable de toutes les folies ! Grace à une jauge spéciale, qui se régénère automatiquement et se renforce au fil des bonus ramassés durant le niveau, il est possible de ralentir ou d’accélérer le temps via les gâchettes de la Dualshock. Outre un effet visuel saisissant, ces pouvoirs sont indispensables pour progresser face aux légions de vilains vous barrant la route. En ralentissant l’action, Joe peut esquiver et contre-attaquer à loisir, favorisant ainsi les dégâts occasionnés et annihilant ceux reçus. Attention toutefois à bien relâcher la pression juste avant de tomber à sec, car tout abus vous rendra temporairement très vulnérable. L’accélération du temps, elle, donne la possibilité de se déplacer à toute vitesse et de déclencher des pluies de coups enflammées (au sens propre) ! S’ajoute l’opportunité de zoomer sur l’action, changeant de ce fait la palette d'attaques et boostant son efficacité ! Toujours sous couvert de votre jauge V, finalement aussi précieuse que la barre de vie. Si le système peut paraître un peu confus aux premiers abords, la prise en main impeccable permet d’assimiler très vite les différentes capacités du héros (également exploitées pour résoudre quelques petites énigmes). S’ensuit un dynamisme incroyable, dégageant un « Game Feel » délectable et un sentiment de puissance jouissif ! Les écrans s’enchainent sans temps morts, dévoilant un bestiaire d’exception qui ne se laissera pas abattre les bras croisés.
Car Viewtiful Joe est un jeu exigeant, et si les checkpoints réguliers lissent la difficulté, déceler les bonnes ouvertures contre les boss nécessite souvent plusieurs essais. Heureusement, vous pouvez dépenser les points récoltés plus ou moins gracieusement (selon le grade obtenu en mission) dans une boutique à chaque checkpoint. Ainsi, on s’empressera vite d’augmenter la jauge de vie et d’apprendre de nouveaux coups spéciaux pour rentre Joe encore plus performant, histoire de se frayer un chemin jusqu’au combat final démesuré qui porte à son paroxysme l’aspect caricatural et l’hommage au genre du Sentaï.
Bien évidemment la bande son vient dynamiter l’ensemble, et le doublage, anglais pour l’édition Européenne, reste dans le ton. De quoi embellir ce déluge d’action qui vous tiendra en haleine une petite dizaine d’heures, à minima ! En effet, difficile de résister à l’envie de prolonger l’expérience dans un mode de difficulté plus élevé, ou en compagnie de Dante, « guest-star » de cette édition Playstation 2.
Si Viewtiful Joe ne se prend pas au sérieux avec sa réalisation atypique et son ambiance complètement décalée, il s’assume comme un défouloir parfaitement calibré, à la fois original, technique et accessible ! Une véritable petite pépite, et tout simplement l’un des meilleurs représentant du genre auquel j’ai pu m’essayer ! Il me tarde désormais de jouer à sa suite, en espérant retrouver un jour la licence sur nos consoles modernes.
Franz26 a dit (28 Octobre 2023 à 09:08)
Sorti fin 2016, Final Fantasy XV aura connu une gestation difficile entamée en 2004 sur les vestiges de Final Fantasy Versus XIII. Douze années de développement plus tard, dont un restart majeur en 2013, l’avant dernier opus canonique de la saga en date pointe enfin ses pixels sur Playstation 4 et Xbox One. Vu l’investissement financier ahurissant du projet et l’image dégradée de la série, échec interdit pour Square-Enix ! Voici mon humble avis sur cet épisode controversé, review en complet déphasage avec l’actualité puisque le 16e volet se trouve désormais dans les bacs...
Je vous ferais grâce de mon passif avec la franchise, saga de cœur à laquelle je voue un amour sans faille forgé depuis l’épisode IV et entretenu avec brio jusqu’au XIIe opus. Sans oublier quelques apartés dithyrambiques - FF Tactics pour n’en citer qu’un - avant que la surexploitation de la licence couplée à un manque d’inspiration ne vienne entacher ce glorieux patrimoine.
Final Fantasy XV commence par une magnifique introduction d’1h30… via le long métrage « Kingsglaive » ! En effet, le visionnage du film se révèle quasi indispensable pour mieux comprendre les enjeux et le contexte géopolitique du titre. Pas de doute, le développement chaotique se ressent dès l’introduction et met déjà en évidence l’obscurité du background. En exil suite à l’invasion de sa patrie, le jeune roi Noctis et ses trois compères vont tenter de renverser l’empire - ayant prétexté un faux traité de paix pour s’introduire dans la capitale - et restaurer la souveraineté du royaume du Lucis. S’ensuit un « road trip » dépaysant à bord de la Régalia, votre luxueuse voiture royale, qui ne manquera pas de charme malgré des lacunes scénaristiques inexcusables. Narration découse, synopsis haché, ellipses temporelles mal amenées, antagonistes complètement survolés et j’en passe, la trame de Final Fantasy XV peine à convaincre. Constat heureusement nuancé grâce à l’alchimie et la complicité que dégagent les protagonistes principaux, couplée à quelques bribes scénaristiques laissant entrevoir un sacré potentiel. Ce petit gout d’amertume concerne plusieurs strates du jeu et viendra titiller votre palais à plusieurs reprises durant l’aventure, trahie par une ambition démesurée et la pression des producteurs souhaitant éviter la déroute financière du studio. Au détriment de l’œuvre donc, incomplète…
Contrairement aux derniers volets en date très critiqués pour leur linéarité, Final Fantasy XV met en avant la liberté d’exploration et propose un vaste open-world contemporain comme terrain de jeu. Assez proche de notre univers malgré quelques cicatrices artificielles divines dans le paysage, le monde d’Eos se divise en 3 continents : votre patrie déchue, le Lucis, le royaume d’Accordo, occupé mais plutôt neutre, et l’Empire, les méchants. Le périple se concentre essentiellement sur l’exploration de votre nation, que vous allez arpenter le plus souvent en voiture ou à dos de Chocobos. Stations-services, petites bourgades et quelques villes majeures baliseront le voyage, faisant la part belle aux grands espaces désertiques ou verdoyants. Quelques panoramas somptueux viendront pimenter l’excursion, accentuant alors un sentiment de liberté absent des derniers épisodes. Un incroyable cycle jour-nuit embelli de surcroit la progression, amenant à des haltes régulières au détour d’un feu de camp ou d’un hôtel afin de passer la nuit tranquillement et ne pas se faire harceler par les mobs nocturnes assez retords ! Outre quelques textures passables la réalisation du titre excelle, tant en terme d’animation et de modélisation qu’au niveau des effets visuels : un vrai régal.
Si l’univers d’Eos s’impose comme une incontestable réussite visuelle et artistique, le bât blesse en terme de contenu. Au cœur d’environnements aussi beaux que vides, on retrouve une recette bon marché abusant largement des « quêtes Fedex » sans intérêts, de l’accumulation de collectibles ou encore des éternelles « chasses aux monstres » pour glaner quelques récompenses inutiles. Pas de quoi déchainer les passions, même si les plus pointilleux d’entre nous s’acharneront à ramener inlassablement des légumes au pécore du coin ou à pécher de la carpe dans un étant moisi, en faisant fi de ce remplissage artificiel limite insultant… Un constat qui se ressent au niveau de la durée de l’œuvre, découpée en une quinzaine de chapitres et pouvant s’achever en ligne droite très rapidement. Heureusement l’univers et l’atmosphère du titre restent suffisamment immersifs pour inciter au vagabondage.
Le système de combat de Final Fantasy XV se veut très dynamique et priorise l’action en temps réel. Dans la peau de Noctis, les 3 autres personnages étant gérés par l’IA, il faudra alterner judicieusement entre attaque, parade et esquive, tout en veillant sur vos raccourcis d’armes afin de maximiser l’efficacité de l’arsenal en fonction du type d’ennemi. Le gameplay exploite les lames magiques, spécificité de la Nation du Lucis bénie des dieux. Concrètement, cela permet à Noctis de lancer son épée sur un ennemi ou un point d’accroche afin de se téléporter instantanément, tout en portant un coup fulgurant et dévastateur ! En contrepartie, cette action vide une portion significative de la barre de PM et il faut donc jouer entre temps forts et pauses stratégiques histoire de s’en sortir sans bobos. Un ensemble relativement bourrin mais efficace malgré une caméra parfois aux fraises, complété par une jauge de coups spéciaux servant à déclencher les attaques de vos compagnons préalablement paramétrées. Ces derniers ne vous seront néanmoins pas d’une grande aide et partent au combat la fleur au fusil, vous contraignant à les soigner en permanence. D’autant que les monstres auront du répondant ! A noter que, si la magie et les invocations sont toujours présentes dans cet opus, les premières se révèlent relativement inutiles, et les secondes très bien intégrées au scénario mais complètement anecdotiques dans la pratique. Enfin, un système d’évolution à base d’expérience et de point de compétences vient compléter un gameplay solide, toutefois entaché de petits défauts. Au rayon des plus marquants, on constate des donjons sans grande imagination et un système de déplacement en voiture assez laborieux ! Une tare à peine compensée par les « déplacements rapides » compte-tenu des temps de chargements incommodants les accompagnants, même sur Playstation 5...
Sans transition, la bande son de Final Fantasy XV prêche en sa faveur. Des thèmes magnifiques et variés accompagneront votre périple, où la crédibilité des acteurs sera renforcée par un excellent doublage Japonais. Cerise sur le yaourt : la possibilité d’écouter les musiques des opus précédents lors de vos égarements en voiture ou en Chocobo !
On ne pourra pas reprocher à ce Final Fantasy un manque de prise de risque, et si l’initiative ne paye guère, l’expérience mérite à mon sens le détour. Sentiment d’exploration parfois grisant malgré un open-world perfectible, thématiques intéressantes, mise en scène spectaculaire, réalisation accomplie, gameplay agréable et bande son de qualité, Final Fantasy XV propose de très belles choses qui en font à mes yeux un excellent RPG, mais un mauvais Final Fantasy ! Car le titre pèche par sa structure complètement éclatée, donnant une impression de jouer à un jeu incomplet sorti en catastrophe. Et pourtant, de nombreuses mises à jour sont passées par là entre temps, c’est dire ! A défaut de renouer avec le génie caractéristique des épisodes d’antan, Final Fantasy XV se pose comme une expérience audacieuse qui divise autant qu’elle ne séduit. Mon appréciation finale se situant probablement à mi-chemin.
Franz26 a dit (14 Octobre 2023 à 08:20)
Fin des années 2000, les aventures du Professeur Layton débarquent sur Nintendo DS et s’inscrivent immédiatement parmi les nombreuses licences marquantes de la console. Level-5 se découvre alors une petite poule aux œufs d’or et, même si elle se fait plus discrète depuis quelques années, la série va proliférer ensuite sur 3DS et Nintendo Switch. Des épisodes souvent encensés par la critique, comblant ainsi les amateurs d’énigmes et de mystères. En quête d’un petit jeu portable sans prétention à transporter pendant mes vacances d’été, voici l’occasion de ressortir cette cartouche poussiéreuse d’outre-tombe ! Près de 15 ans après ma première expérience avec la franchise ; mieux vaut tard que jamais…
A peine remis de leur précédente aventure, Layton et Luke reçoivent une lettre d'Andrew Schrader, savant et ami du professeur, contenant des informations sur le coffret céleste. Plus communément appelé : la Boîte de Pandore. Il n’en faut pas plus pour réveiller la curiosité de nos compagnons, embarqués dans une nouvelle intrigue passionnante à l’écriture un peu naïve mais très habile.
Nous voici donc en présence d’un « Point & Clic » composé d’une multitude d’écrans fixes où, grâce au pavé tactile de la DS, toutes les interactions s’effectuent le plus naturellement du monde par l’intermédiaire du stylet. Toutefois, la formule de Level-5 puise son originalité dans l’enchainement et la résolution de petites énigmes qui conditionnent la bonne avancée de l’histoire. Ainsi, que ce soit en discutant avec des PNJs ou en fouillant dans les décors, vous aller dénicher des dizaines de problèmes à résoudre toujours en lien avec la situation à l’écran. Il y en a pour tous les gouts : logique, mathématique, sens de l’observation ou de la déduction, etc... Les devinettes suivent une courbe de progression assez linéaire même si chacun appréhendera la difficulté à sa manière. Certains problèmes ne vous résisteront guère plus de 30 secondes, tandis que d’autres vont nécessiter de longues minutes de réflexion, voir « l’achat » assez culpabilisant d’indices. Le travail de vulgarisation et l'intérêt des différentes énigmes force le respect, même si l'on pestera parfois devant quelques énoncés un peu bancals (#mauvaise.foi). Le gameplay n’évolue donc pas d’un iota et se contente d’apporter quelques mini-jeux dispensables, tel que la reconstitution de l’appareil photo, le régime du hamster obèse ou le service à thé. L’ensemble trouve un subtil équilibre entre phases d’exploration et de réflexion, facteur clé du succès.
Le titre de Level-5 peut également s’appuyer sur le savoir-faire du studio en matière d’animation. Les décors sont fins, fourmillement de détails et bénéficient d’une direction artistique haute en couleur. Les nombreuses cinématiques, malgré une faible résolution due à la compression des fichiers, s’apparentent à de véritables petits dessins animés et impressionnent compte-tenu de la puissance limitée du support. Une réalisation impeccable, directement liée au plaisir d’explorer ce monde aussi mystérieux que charmant, empli de protagonistes loufoques et de situations non moins saugrenues.
La bande son apporte également un plus non négligeable en matière d’immersion, avec des thèmes d’ambiance agréables soutenus par un doublage VF étrangement qualitatif ! Comptez bien une quinzaine d’heures de jeu pour boucler l’aventure et découvrir tranquillement la plupart des énigmes cachées. Les plus motivés peuvent de surcroit prolonger l’expérience avec de nombreux bonus « post-game », qui confèrent à ce Professeur Layton une durée de vie exemplaire.
Campé sur des acquis solides, ce second volet des Aventures Layton conviendra à tous les joueurs avides d’un « Point & Clic » rafraichissant et un tantinet cérébral. Ma note ne reflète donc pas les qualités du jeu, et se révèle complètement biaisée par mon appétence limitée avec le genre. J’ai pourtant passé un bon moment à explorer ces lieux énigmatiques, du légendaire Molentary Express au petit village de Campagne de Dropstone, en passant par la ville fantôme de Folsense et son château ténébreux, le voyage fut aussi complet que dépaysant ! Et si cet épisode n’aura pas changé le statut de la licence à mes yeux, l’envie rattraper de mon retard sur la série reste prégnante. A petite dose… Rendez-vous dans 10 ans pour le « Professeur Layton et le Destin Perdu » !
Franz26 a dit (02 Septembre 2023 à 08:01)
Catégorie assez peu représentée sur console, le « Tower Defense » doit avant tout sa démocratisation à internet et aux mobiles, supports parfaitement adaptés à ce concept addictif. L’arrivée de Lock’s Quest en 2008 sur Nintendo DS reste encore aujourd’hui l’une des rares incursion du genre sur console.
Audacieux mélange d’action et de stratégie, Lock’s Quest ne se contente pas de reprendre l’habituelle mécanique de fortification face à des hordes d’ennemis. Bien qu’au cœur du jeu, cet aspect est complété par une dimension active où le joueur va manier son propre avatar sur le champ de bataille. Lock, « Archi-tech » de son état, va ainsi prendre part au combat et casser de l’envahisseur tout en réparant les bâtiments endommagés. Mais attention à l’excès de confiance, car il faut sans cesse veiller à la barre de vie de notre jeune héros et doser la prise de risque, tout en usant à bon escient des es pouvoirs magiques. Très utiles, ils se déclenchent en fonction de petites manipulations au stylet, accessoire qui va d’ailleurs régir la plupart de vos interactions. Seule la gestion de la caméra s’effectue avec le pavé directionnel, occasionnant ainsi une prise en main déstabilisante mais vite apprivoisée.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, place à la phase de préparation traditionnelle où, dans un laps de temps limité et moyennant finances, remparts et tours de défense variées constitueront votre bastion. Une étape stratégique cruciale tant l’emplacement, le type et les effets de soutien que vous allouerez à vos fortifications détermineront en grande partie le succès la mission. Veillez à garder l’aspect monétaire en tête : la gestion des ressources nécessite en effet un peu de retenue, sous peine de vite se retrouver en galère pour les prochaines missions. En gros, pas besoin de déployer la grande muraille de Chine couplée aux champs de mines Ukrainiens à chaque bataille !
Mais Lock’s Quest n’est pas qu’une succession d’affrontements sauvages, et le titre de 5th Cell propose un scénario plutôt soigné mettant en scène un conflit entre humains et automates pour s’approprier les précieux puits d’hydrocarbure du pays. L’histoire se dévoile tranquillement entre chaque mission par l’intermédiaire de cinématiques et dialogues avec les PNJs, de quoi temporiser un peu et équilibrer le rythme global. En résulte un gameplay complet et efficace, bien qu’un peu répétitif sur la longue. Heureusement, les 15 heures de campagne principale passent très vite et m’ont semblé un investissement bien calibré. A noter la présence d’un mode versus pour défier vos amis, en local ou en ligne.
Techniquement, Lock’s Quest renvoi aux plus belles heures… de la GBA ! De jolis décors 2D et des sprites mignons tout plein garantissent une réalisation sympathique mais peu ambitieuse, à l'image de la DA et du character design. La bande son ne marquera pas davantage son monde, assez générique elle se contente d’accompagner l’action sans réelle plus-value.
Profitant du pavé tactile de la DS, Lock’s Quest s’impose comme un « Tower Defense » complet aux contours soignés. Si tout n’est pas parfait en terme d’ergonomie et de lisibilité à l'écran, on lui pardonne vite ses petites approximations au profit de ses mécaniques addictives et de son scénario accrocheur. Une expérience rafraichissante et fort sympathique.
Franz26 a dit (29 Août 2023 à 07:42)
Petit Ovni développé par le studio Unfold Games, DarQ surfe sur la « vibe » des titres indépendants horrifiques. S’il s’inspire allégrement d’un Little Nightmares dans son déroulé ou d’un Limbo pour l’aspect visuel, il se démarque néanmoins de la concurrence via des mécaniques de gameplay singulières. Préparez-vous à un périple obscur aussi déstabilisant que dérangeant !
D’entrée, DarQ pose une ambiance visuelle et sonore cauchemardesque. Artistiquement, le titre se positionne comme une œuvre très sombre au style « Burtonien », défilé de décors soignés en scrolling-horizontal, tantôt angoissants, tantôt macabres à souhait. Car le périple de notre avatar longiligne n’a rien d’une promenade champêtre, et si distinguer le vrai du faux ne sera pas toujours évident, le cauchemar vous semblera, lui, bien tangible ! Les différentes monstruosités en présence n’aidant pas à l’hospitalité des lieux… S’ensuit une atmosphère lugubre du plus bel effet, orchestrée par une direction artistique sinistre aux teintes grisâtres et une ambiance sonore de qualité portée par un ensemble de bruitages efficaces.
DarQ est un jeu de réflexion au gameplay minimaliste, pouvant se résumer à une succession de niveaux emplis d’énigmes et d’items à utiliser sur le bon mécanisme. Seulement voilà, deux idées lumineuses vont considérablement éclairer l’expérience ! Tout d’abord, notre avatar peut marcher à la verticale sur les murs et les plafonds, qui pivotent alors en fonction, afin d’explorer toutes les strates de l’environnement. A ce principe peu banal s’ajoute un jeu permanent avec les axes et les perspectives. Ainsi, chaque niveau présente une mécanique originale venant pimenter l’exploration : changement de plan, rotation d’une salle mécanisée, etc… D'où la jaquette ! En résulte un level design de qualité venant cimenter une recette intelligente, qui nécessite un peu d’observation et une bonne dose de logique avant de dévoiler sa conclusion.
Prévoyez 5 à 6 heures de jeu afin de compléter les puzzles de cette « Ultimate Edition », qui rajoute pourtant deux grands niveaux au contenu de base. Un apport non négligeable compte tenu des nouvelles idées développées dans l’extension, pour un ratio durée de vie/prix finalement très honnête malgré un manque de rejouabilité évident.
Brillant de par son univers cauchemardesque et l’intelligence de son level design au service d’un gameplay consciencieux, DarQ cache une profondeur de jeu plus vaste qu’il n’y parait aux premiers abords. Si sa narration visuelle et l’émotion qu’elle véhicule s'avère assez limitée, bien loin de l’empathie véhiculée par un Little Nightmares histoire de le citer à nouveau, le titre d’Unfold Games n’en reste pas moins une œuvre unique très immersive. A savourer dans l’inquiétante obscurité de la nuit.
Franz26 a dit (24 Août 2023 à 07:59)
Curiosité visuelle baignant dans un Pixel Art somptueux, Hyper Light Drifter attise déjà le regard de par son esthétique unique. Au programme : un jeu d’action à mi-chemin entre le « Hack & Slash » et le « Soulslike », orienté « die & retry » tout conservant une bonne dose d’exploration et de plateformes. Envie de vivre une aventure mémorable et éreintante ? Prenez place.
Hyper Light Drifter attire d’abord le chaland nostalgique grâce à son visuel léché, usant d’un Pixel Art d’une rare finesse et d’une palette de couleurs non moins audacieuse. Associé à une direction artistique exceptionnelle et une animation des sprites impeccable, la réalisation du titre mérite à elle seule le détour et dévoile de superbes décors afin de nous immerger dans cet univers atypique.
Car l’aura mystérieuse qui entoure le monde d’Hyper Light Drifter égale sa beauté. Notre avatar, apparemment atteint d’une étrange maladie, se réveille dans un village de fortune peuplé par les quelques rescapés du mal environnant. Difficile de retracer avec certitude le background du titre, HLD se voulant un jeu dénué de dialogues ! Les rares interactions avec les PNJs se font au moyen d’écrans fixes retraçant brièvement leur passé. A vous d’en tirer les interprétations adéquates, qui trouveront aussi matière dans le bestiaire du jeu et les gardiens des quatre grandes zones entourant votre petit hub central.
Un monde dévasté à l’ambiance onirique, dominé par les vestiges d’une civilisation avancée. Magie et technologie coexistent, bien que la nature ait repris ses droits, et votre périple sera guidé par la recherche de différentes runes. Au nombre de quatre pour autant de zones, à multiplier par deux en tenant compte des glyphes optionnels, ces sceaux savamment dissimulés permettent de se frayer un chemin jusqu’au boss local et d’activer le portail où vous attend l’épilogue de cette épopée passionnante.
L’exploration se veut totalement libre, chaque région pouvant être appréhendé indépendamment, mais reste contrainte par la découverte de mécanismes précis induisant au final une certaine linéarité. HLD regorge ainsi de secrets : trousses de soins, monolithes et puces informatiques jaunes, qui servent de monnaie dans les différents magasins du bourg central. La curiosité est donc récompensée par des upgrades diverses et variées : nouveaux coups, capacité de soin augmenté, armes de jets supplémentaires, etc… De quoi faciliter une progression ardue et sans pitié, malgré une abondance de checkpoints bienveillants.
HLD est un jeu d’action en vue de ¾, où vous allez devoir appréhender les dangers du level design via des phases de plates-formes plus ou moins exigeantes tout en survivant aux mobs retords qui se dressent sur votre chemin. Et croyez-moi, le bestiaire vous en fera voir de toutes les couleurs ! Heureusement la prise en main est immédiate, centrée sur trois actions primaires : dash, coup d’épée et à attaque à distance. Nerveux et parfaitement calibrés, les affrontements renvoient un « Game Feel » positif dès les premières minutes avant même de saisir toute la portée du système. L’assimilation par l'échec du patern des ennemis et les améliorations glanées permettent ensuite de monter tranquillement en maitrise. Et ce malgré des boss exténuants, nécessitant parfois des dizaines d’essais avant de succomber dans un râle d’agonie jouissif ! L’exploration ne sera pas non plus une promenade champêtre et mettra vite votre sens de l’observation à l’épreuve. Un peu trop d’ailleurs, tellement certains secrets ne se dévoilent qu’au petit bonheur la chance, derrière un mur ou une plateforme invisible. Ne comptez pas sur la mappemonde, peu lisible, ni sur les points de téléportation, trop rares, pour vous faciliter la tâche. Impossible alors d’éviter de nombreux allers retours en cherchant le petit détail qui nous aurait échappé.
Côté bande son, HLD propose des thèmes d’ambiance réussis mais vite oubliés. Les effets sonores viennent consolider l’ensemble afin de former un tout cohérent et immersif, sans pour autant transcender le rendu global. On relèvera malheureusement une durée de vie un peu faiblarde, oscillant entre 10 et 15 heures selon votre appétence à fouiller le moindre pixel à l’écran. Un point vraiment frustrant tant j’aurais aimé prolonger l’expérience et le plaisir de jeu.
Titre exigeant au gameplay millimétré, Hyper Light Drifter plaira à tous les amateurs de challenge. Mais outre son aspect ludique, il présente également une ambition artistique peu commune assez délectable. Si tout n’est pas parfait, en terme de contenu notamment puisqu’aucun élément ne permettra de réellement déjouer l’opacité de ce monde intriguant, le périple proposé mérite amplement le détour. Un vrai petit coup de cœur.
Franz26 a dit (11 Août 2023 à 07:48)
Cinq ans d’attente pour connaître le dénouement des aventures de Kat, on peut dire que Gravity Rush 2 se sera fait désirer ! Quelques mois seulement après le remaster PS4 du premier volet, histoire de rafraîchir les esprits, Sony nous présente enfin la suite du programme. Nauséeux s’abstenir, car la maitrise de la gravité va vous estomaquer ! Dans le bon sens du terme.
L’histoire reprend donc peu de temps après les évènements narrés dans le premier opus, où Kat, notre petite reine de la gravité, finissait aspirée par une tempête gravitationnelle. Ainsi propulsée dans une autre dimension avec son ami Syd, elle se familiarise désormais aux spécificités de Jirga Para Lhao : une immense citée volante au climat chaleureux, typée Amérique du Sud. Désireuse d’aider les habitants, frappés de plein fouet par l’injustice des classes sociales et la menace continue des Nevis, elle va en parallèle tenter de retrouver le chemin d’Heksville.
Premier aspect frappant : l’immensité et la beauté du terrain de jeu qui s’offre à nous. La cité de Jirga Para Lhao, composée d’une multitude d’îlots en lévitation, grouille de vie et de couleurs. Appuyée par une solide réalisation, toutefois loin de pousser la Playstation 4 dans ses retranchements, la direction artistique régale et les lieux dégagent une atmosphère aussi enivrante qu’originale ! Les cinématiques sous forme de bande-dessinée ajoutent un certain cachet visuel, et l’excellent character-design parachève cette esthétique léchée. Un premier niveau de motivation pour voguer d’une île à l’autre, en faisant fi des lois de la gravité tout en admirant le paysage !
Gravity Rush 2 peut également s’appuyer sur une superbe bande son. Chaque quartier de la ville joui de son propre thème musical, et les compositions variées font mouche en toute situation. La langue fictive aux sonorités lyriques apporte encore plus de charme et de cohérence à l’univers, duquel se dégage une ambiance atypique propre à la série, vectrice d'une large palette d'émotion et sachant alterner avec brio moments dramatiques, sessions du quotidien, scènes d'actions ou encore passages désopilants bourrés d'humours et de comiques de situations.
Niveau gameplay, la recette n’a guère évolué : Gravity Rush 2 tire son originalité des capacités surhumaines de son héroïne, qui peut se mouvoir et voler à 360° dans l’espace. Atterrir à la verticale d’un gratte-ciel ou sur le toit d’une citerne ? Aucun problème ! Les axes s’inversent, pour vous laisser la grisante sensation de marcher sur les murs tandis que vous observez la vie suivre son cours à 90 ou 180°, jusqu’à épuisement de la jauge régissant la gravité. Le rétablissement incontrôlé de l'apesanteur se traduit alors par une chute vertigineuse, mais non létale.
Grâce à son familier mystique, Poussière, Kat peut s’élever dans les airs le plus simplement du monde via une petite pression sur R1. Une seconde impulsion de la touche va l’envoyer valser dans la direction choisie, et une troisième stoppera le mouvement, vous permettant alors de réorienter la caméra avant de poursuivre votre chemin dans le sens souhaité. Mais ce n’est pas tout ! La jeune fille peut coupler ses galipettes avec des coups de pieds en apesanteur dévastateurs, ou générer des champs de lévitation et ainsi capter divers objets en suspens avant de s’en servir comme projectiles. A noter également la possibilité de « rider » sur n’importe quelle paroi, d’esquiver au sol comme dans les airs, etc… Au rayon des nouveautés, on peut désormais naviguer en temps réel entre trois formes gravitationnelles : la classique que vous connaissez déjà, le style lunaire, moins puissant mais d’une vélocité redoutable, et le mode Jupiter où kat gagne en force de frappe au détriment de sa maniabilité. Chaque transformation s’accompagne de capacités spécifiques que vous aurez l’occasion de mettre à profit en pleine action. Enfin, Kat peut s’équiper de talismans octroyant différents bonus statiques. Ils se ramassent au fils des missions secondaires, des défis remportés ou en explorant les failles temporelles prétextes au farm laborieux de minéraux.
Mais Gravity Rush 2 n’est pas exempt de reproches en terme de maniabilité, et la caméra souvent aux fraises ne facilite ni la visée, déjà perfectible en soit, ni la gestion sauts, trop hasardeuse. En résulte quelques affrontements brouillons et phases de plates-formes maladroites, qu’on pardonne néanmoins volontiers à la vue des ambitions du titre. Car Gravity Rush 2 se veut beaucoup plus complet que son prédécesseur en terme de contenu, avec un nouvel environnement plus vaste et généreux en quêtes annexes. La durée de vie s’en trouve donc rehaussée : comptez-bien 35 à 40 heures de jeu avant d’en voir le bout, DLC de Raven inclus. Mais en contrepartie l’ensemble manque parfois de rythme et l’intérêt des missions secondaires varie du tout au tout. La quête n’en vaut pas moins le détour et apporte, après plusieurs chapitres finaux dantesques riches en affrontements épiques, un dénouement satisfaisant sur les origines de Kat et des « Gravitéens ».
Destiné avant tout aux fans du premier opus, l’histoire réservant quelques belles surprises que je me suis bien gardé de spoiler, Gravity Rush 2 bonifie le concept de son ainé et s’impose comme une suite savamment maitrisée. Si les phases d’actions parfois confuses et des longueurs nuisent au plaisir de jeu, l’exploration de ce nouveau monde, à la direction artistique divine et au level design ingénieux, offre une expérience grisante ! Difficile de cacher son émotion devant cette conclusion soignée, rideau de fin d’une licence aussi rafraichissante qu’attachante.
Franz26 a dit (31 Juillet 2023 à 22:50)
Heureuse habitude calibrée avec la précision d'un métronome, la Nintendo Switch accueille encore une fois l'adaptation d’un titre Squaresoft de renom. Loin d’être la saga la plus prestigieuse du studio, les « Front Mission » bénéficient néanmoins d’une aura bienveillante dans le monde concurrentiel du Tactical-RPG, proposant une alternative « Mecha » réaliste à l’Heroic-Fantasy, largement prédominante à l’époque (1995). La licence n’ayant fait qu’un bref détour en Europe, par le biais du troisième opus, ce remake confié à Forever Entertainment va permettre à bon nombre d’entre nous de découvrir cette franchise culte. En français et avec un soupçon de modernité s’il vous plait.
Comme son nom l'indique, Remake et non remaster pour ce Front Mission sur Switch, puisque les développeurs nous proposent une refonte visuelle complète et une réinterprétation des mécaniques de jeu. Complètement étranger à la licence, je me garderais ici de tout jugement vis-à-vis du titre d’origine afin de considérer l’œuvre du jour sans à priori.
Techniquement, ce remaster maitrise son sujet : adieu pixel art 16 bits, bonjour 3D fine, textures propres et effets visuels chiadés, toujours dans le style froid et austère caractéristique des Front Mission. Quelques écrans fixes et cinématiques viennent enrichir l’aspect visuel, qui s’appuie également sur les Artworks des personnages signés Yoshitaka Amano. Un ensemble satisfaisant et sans fioritures, taillé pour le mode nomade de la console, même si les nostalgiques regretteront l’impossibilité d’alterner entre le visuel moderne et d’origine.
Constat identique côté bande son, qui a bénéficié d’une refonte qualitative. Musiques d’ambiance, à suspens, dramatiques ou mélancoliques, les thèmes de Front Mission influencent positivement l’expérience. D’autant que, histoire d’appuyer cet excellent travail et moyennant un petit tour par les options du jeu, il est possible de comparer les pistes avec leur version midi.
Dans un futur proche, l’OCU et l’UCS se disputent la mainmise sur un archipel stratégique, les îles de Huffman. Héros et récits diffèrent donc d’une campagne à l’autre, pourtant liées par une machinerie politique douteuse et des évènements qui s’entrecroisent. Aux commandes de Wanzers, bipèdes mécaniques géants, il va falloir faire pencher la balance du conflit en reniant l’autorité militaire sans considération aucune pour la vie humaine. Un synopsis efficace porté par un casting convaincant, qui maintien en haleine durant la trentaine d’heures nécessaire à l’achèvement des deux scénarios. Difficile en revanche d’échapper à une pointe de redondance tant les missions peinent à renouveler leurs objectifs ; sommairement limités à la destruction des unités adverses.
Maintenant que le contexte est posé, parlons gameplay. A la vue des heures passées sur le terrain à mitrailler de la tôle, ou dans les menus à personnaliser vos Wanzers, il est grand temps d'aborder ce point central ! Tactical-RPG au tour par tour articulé autour de zones régies par un quadrillage délimitant portées d’attaque et déplacements, les amateurs du genre ne seront pas dépaysés sur la forme. Sur le fond en revanche, on constate un point étrange dès les premières minutes de jeu : l’impossibilité de viser avec précision le Mecha adverse. Frustrant au début, surtout quand votre unité décharge ses munitions sur les jambes de l’ennemi en évitant soigneusement ses points vitaux ! Cette approximation s’oublie très vite avec l’apparition d’une compétence de visée… mais aussi et surtout par la relative facilitée du jeu ! On observe d’ailleurs un équilibrage assez foireux de la difficulté, élevée au départ, pour finir en promenade de santé une fois notre escouade solidement constituée. Et ce même dans la seconde compagne, réputée plus complexe.
Front Mission : 1st Remake se distingue également par un développement des unités bien plus avancée qu'à l'accoutumé. Chacun de vos personnages est doté d’un Mecha, chaque Mecha se décompose en 5 parties et 4 emplacements d’armes, et l’ensemble doit d’être mis à jour régulièrement afin de rester compétitif ! Traduction : Front Mission vous impose de longues sessions de customisation, heureusement facilitées par une lecture des statistiques impeccables. Amateur du tir à courte portée, à distance ou d’affrontement au corps à corps, la spécialisation de vos appareils sera gage de succès. L’arène permettant de monter en expérience et d’accumuler facilement de l’argent, seule la surcharge d’équipement vous bridera dans votre quête de puissance. Terminons avec un aparté négatif sur les angles de caméra, partiellement modulables mais trop souvent dépassés par la situation.
Avec un gameplay perfectible - les partis pris sur le système de jeu ayant fait débat - mais néanmoins addictif, Front Mission : 1st Remake s’impose comme un excellent représentant du genre. Mature dans ses propos, il dénonce habilement les atrocités de la guerre et les enjeux politiques et technologiques qui en découlent. Contrat globalement rempli pour Square Enix et Forever Entertainment, en espérant que les quelques approximations de ce remake soient gommées avec l’arrivée du second opus.