Evelyn Wang est à bout : elle ne comprend plus sa famille, son travail et croule sous les impôts…
Soudain, elle se retrouve plongée dans le multivers, des mondes parallèles où elle explore toutes les vies qu’elle aurait pu mener. Face à des forces obscures, elle seule peut sauver le monde mais aussi préserver la chose la plus précieuse : sa famille.
(Source : Allociné)
Merci à ririchard qui a créé cette fiche
IN-CRO-YA-BLE
A24 est définitivement la société de production la plus visionnaire de cette dernière décennie. Elle souffle à peine sa dixième bougie et pourtant longue est déjà leur merveilleuse filmographie. Surprenant, renversant, au fil du temps, A24 à su s'imposer comme la référence cinéma indépendant qui réuni exploit visuel et narratif.
J'ai beaucoup pensé à l'univers des Wachowski en découvrant ce dernier film, notamment à Sense8 et Matrix. Mon dieu ce montage tout le long du film, impressionnant le travail derrière ce film qui commence de la façon des plus simples, un salon, une télé et une histoire de taxes. Il serait sorti un peu plus tôt cette année, il aurait tout raflé aux Oscars, qui sait l'année prochaine.
Malheureusement, je ne vais plus voir les hot dogs de la même façon haha. Une imagination sans fin, déculotté et sex toy orienté, le film s'assume entièrement pour faire retentir les rires dans la salle.
Les prestations sont toutes rayonnantes, les acteurs s'amusent et se donnent corps et âmes jusqu'aux personnages secondaires et tertiaires, personne n'est épargnée. Qui l'aurait cru, Michelle Yeoh, une actrice malaisienne de plus de cinquante ans dans le rôle principal d'un film américain ? On a beau dire ce que l'on veut, l'heure du changement fait quand même un grand bien. Mention spéciale à Jamie Lee Curtis qui est à tordre de rire.
Bref, foncez le voir à sa sortie, 2h19 d'un voyage dans l'imaginaire et l'émotionnel fatigant mais bouleversant de bonheur.
Je n'ai jamais rien vu de tel. Jamais. Et que c'est agréable d'être surpris et porté. Magnifique, émouvant et tellement bien amené.
Une claque monumentale pour un film très créatif qui propulse un contexte simple (problème de choix, divorce, difficulté de la vie et dépression) à travers une aventure aussi incroyable que folle !
Les Daniels sont très très bons. La relève des Wachowski ??
Trop d'originalité tue l'originalité ! Film totalement absurde ! Et vu la morale de l'histoire, je ne comprends pas pourquoi ce film est aussi long la moitié du film ne sert à rien à part montrer des scènes étranges, malaisante et bruyante.
J'ai encore du mal a digérer tout ce que je viens de voir .... c'était absolument génial !
Drôle, inventif, touchant, les visuels et le montage sont fous, la musique parfaite, le traitement d'un multivers enfin mis à sa juste valeur, avec des situations complétement absurdes, génialement drôles et très souvent surprenantes.
Le fond du film et les problématiques qu'il traite peuvent parler à tout le monde ayant traversé ce genre de crises, du point de vue d'Evelyn bien sûr mais aussi de Waymond ou de Joy.
D'ailleurs la scène de Waymond où [spoiler] En larmes, il exporte les gens a être gentils, surtout quand ils ne comprennent rien a la situation [/spoiler] m'a énormément touché perso.
D'ailleurs les acteurs sont tous incroyables
C'était une vrai réussite sur toute la ligne et clairement, je vais le revoir car il me laisse l'esprit bouillant, il va trôner longtemps dans mes films préféré !
OMG
Je ne commente jamais, mais pour ce film, je n’hesite pas une seule seconde à le faire! Il est incroyable, il fait passer par toutes les emotions! Des centaines d’idées à la seconde un scenario qui a une base plus que convenue mais qui suit des ramifications inattendues et hyper originales! Je m’attendais a un film bien au vu des critiques que j’ai pu entendre, mais là, c’était au delà de mes espérences!
Je vous en prie, vous qui lisez ce commentaire sans avoir vu le film, je sais qu’il ne sort que le 30 aout en France, allez le voir!! Si vous hesitez, donnez lui une chance! Vous ne serez pas déçu, il mérite l’achat d’un billet!
Alors voilà. Ca, c'est du cinéma. Ambitieux, courageux, original, un poil subversif. Et en plus c'est beau.
Vu en vo donc 60% anglais 40 %mandarin... Autant dire que j'ai du passer à côté de beaucoup de choses mais quand même, qu'est ce que c'est beau, inventif , j'ai qu'une hâte c'est de le revoir en vost
Vu au cinéma, Everything Everywhere All at Once : survitaminé et génialissime, mon nouveau film préféré de tout le monde de la Terre qui détrône Cloud Atlas de 2013
Une base d'échanges de connaissances et émotions entre individus reliés comme dans l'excellente série Sens 8, dans le cadre de multivers comme le bof dernier Dr Strange que jamais Marvel n'arrivera à faire d'aussi bonnes blagues sérieuses puisque ce n'est pas leur créneau, vers une direction que je préfère à la philosophie tranquille de la série Longue Terre, avec des moments d'énergie trépidante comme dans le très bon Alerte Rouge ou l'excellent The Mitchells VS the Machine et très bien enchaînés et articulés avec d'autres rythmes dans les émotions et la construction de l'histoire
Sur l'histoire, le développement de l'absurde car absolument tout existe avec le multivers est à mon goût bien géré, surtout grâce à la machine au nom de SF qui m'a fait penser au générateur d'improbabilité de H2G2 : on a des rythmes et des ambiances différentes (même les cadres de cinéma servent le film, comme le fameux cadre de Mummy), entre vie quotidienne, combat de kung-fu, magie show-of, vie de célébrité ou minimalisme de pierres, et même les cas limites comme le raton-laveur ça fonctionne (il y a des choses qui vont trop loin pour moi comme le troisième élément de sexe, et pourtant je n'ai rien contre se mettre des choses dans les fesses juste pas pendant une scène de combat) puisque dans mon ressenti l'absurde est utilisé au service de l'histoire, en mode "Même dans un monde aussi ridicule qu'avec des hots-dogs à la place des doigts, on peut trouver du sens" Trouver du sens dans l'absurde est encore plus réussi que les Rick and Morty, qui place déjà la barre très haut, puisqu'on dépasse l'absurdité plutôt que juste l'accepter en pétant, avec le thème fort et aussi bien traité qu'un Steven Universe de l'amour, et ça se ressent dans les représentations top avec le couple lesbien, en passant par la scène d'acceptation de coming-out qui tire les larmes aux yeux, et surtout le duo femme qui combat / homme dans la douceur
Si vous n'avez pas peur du mind blown littéral, très chaude recommandation
Je n'aurai pas du boire un Redbull avant la séance.
Inception qui rencontre Docteur Strange qui rencontre Ratatouille qui rencontre des saucisses knacki...
Juste, dommage que certains passages tournent en rond. Sans ça, quel pied audiovisuel.
On dirait un mix entre "Into the Spider-verse" et "Kung pow" écrit par Luc Besson ... Totalement indigeste !
On ne sort pas tout à fait indemne de ce genre de film. Si en sortant, on peut trouver que tout est très tiré par les cheveux : en y réfléchissant c’est bien plus que ça. Et pourtant le film passe par des séquences où les personnages sont transformées en cailloux, ont des saucisses à la place des doigts ou se battre avec des zizis géants en guise d’armes. Ce qui est parfaitement maîtrisé c’est la réalisation, le film n’arrête pas de bouger et happe directement son spectateur même si il ne comprend pas tout directement. Le film change d’époque, balaye les styles provoquant presque la nausée mais prend une forme jouissive rapidement. La narration est bien écrite et les références qui sont glissées sont très efficaces. On aime évidemment la fin qui est en fait très moralisatrice. J’ai adoré le rôle de Michelle Yeoh qui montre vraiment son talent en tant que premier rôle face à une Jamie Lee Curtis déchaînée et la révélation Stephanie Hsu
Alors que sa sortie en salle n'était vraiment pas sur et malgré les notes dithyrambiques que le film a pu avoir, j'ai pris mon mal en patience et attendu qu'il sorte 5 mois après sa sortie US.
Et vraiment qu'elle claque !
Il me semble que je n'ai jamais autant eu un tel kiff au ciné depuis la crise COVID.
Tout est maîtrisé.
L'image, le scénar, la bo (de Son Lux).
Et surtout ils vont vraiment aller au bout de leur délire.
On passe des rires aux larmes tout en étant émerveillé, c'est vraiment tout un panel d'émotion qui nous traverse durant ses 2h20 qui n'en parraissent qu'une grosse heure.
C'est rythmé, énergétique
Michelle Yeoh est touchante, demi lune également ainsi que Joy.
Pour un 1er films des frères Daniels je tire mon chapeau.
Difficile de ne pas rejoindre l'enthousiasme général face à cette oeuvre incroyable, un tour de force visuel, une originalité qui fait tellement plaisir face à la fadeur générale des sorties grand public. Un film à voir en salle, absolument pour la folie visuelle générale, jusqu'au boutiste. Le thème du multivers est bien expliqué, bien approprié par les Daniels , de quoi faire blêmir Marvel (la comparaison revient souvent). Drôle et touchant, où chacun se retrouvera dans la galerie de personnage loufoques, des références de partout et des thématiques intéressantes (identité, passage à l'âge adulte, la relation filiale...) tout en proposant du pur diveertissement, bref : une réussite totale. Un duo de réalisateurs à suivre au plus près.
(Matez Swiss Army Man, c'est loufoque aussi).
sur la forme c'est cool;, le jeu des ratios, la mise en scène, le jeux des actrices. par contre j'ai un peu plus de mal avec le rythme de film, les thématiques qu'il veut aborder, la fin donne l'impression qu'ils veulent le beurre , l'argent du beurre et le cul de la crémière, on ne cesse de changer de choix pour un final presque trop long. Et au final des actes 2 et 3 bien moins amusants que le premier qui promettait toute sorte d'exploitation du concept du manyverse.
Lostounet, ça félicite A24 mais tu as vu le film en Avril, ? tes aux Etats-Unis ? *wink
Film a moitié fini, 10 / 20 c'est gentil
Il y a un point commun entre ce film et l'épisode du Joueur du Grenier avec Marcus en caméo. Celles et ceux qui ont vu les deux savent :)
Sinon, très chouette expérience, je ne savais pas où le film voulait m'emmener mais je l'ai suivi avec plaisir ^^
@Magemo Hashashin vu au Canada yes quand il est sorti outre Atlantique! La distribution européenne a été assez chaotique mais l'attente en mérite largement le coup et au moins le film a tout de même trouver quelques salles en France!
Complètement mitigée.
Cette expérience était extrêmement étrange.
Je pense que je vais le regarder une nouvelle fois bientôt car je n'arrive pas à me faire un réel avis sur ce film ^^
Première partie du film : 12/20
Un peu perdu au début mais on s'y fait au fur et à mesure.
On se demande quand même qui a pu imaginer un tel scénario...
Deuxième partie du film : 4/20
En un mot : INUTILE
Des leçons de morale sans aucun sens, des bons sentiments à perte de vue, etc. Deuxième partie digne d'un téléfilm au rabais.
En conclusion, vous pouvez vous contenter de regarder la première partie du film si vous souhaitez vous confronter à quelque chose d'assez surprenant, voir pour certains, malaisant.
Pour le reste du film, économisez du temps et faites autre chose...
Aussi fun que de remplir une déclaration d'impôts.
Pas trop ma tasse de thé, mais je suis content que ça soit un film original qui remporte tout, plutôt qu'une enième biopic
Première fois depuis bien longtemps que je ne m'ennuie pas devant un film, chaque passage est travaillé de manière à nous captiver et les messages passés sont beaux. Un film dans l'air du temps dont la morale trauma intergenerationnel est dans l'air du temps.
Un film à voir au moins une fois dans sa vie pour se faire son avis.
Il était pas mal, très créatif dans son concept, il est vraiment allé au bout, jusqu'aux idées les plus déjantées. Après, l'humour n'est pas fin et l'absurde peu subtil, mais le cadre du personnage, son histoire et le message, est plutôt cool.
De là à lui donner tant d'oscars, je sais pas. Ça reste une comédie divertissante assez légère.
C'était long et chiant, pourtant j'aime l'absurde mais là pas du tout
Le mal de crâne pendant le visionnage, trop d'absurde ça va dans tout les sens c'est indigeste
Je comprends que ce film alimente le débat et que soit on l'adore soit on adhère absolument pas. Personnellement j'ai adoré le coté complètement décalé tout en étant beau et le jeu d'acteur incroyable aussi.
Soit tu aimes, soit tu n'aimes pas.
Clairement, c'est un film original mais beaucoup trop !!! Trop d''originalité tue l'originalité.
Vers la moitié du film je voulais déjà que ça se termine, j'ai dû m'accrocher pour le finir. C'est sympa mais too much pour moi.
Nous avouons bien volontiers notre incompréhension face à ce déluge inepte d'images recyclées venues de tous les horizons. Et tout ça pour finir sur un hommage appuyé à la famille....!
Ceux qui ont pas aimé le film vous avez juste pas compris le film, mais c'est pas grave hein vous passer juste à côté d'une dinguerie
Alors le début du film est vraiment excellent. Du jamais vu, ça part dans tous les sens. Par contre ça commence à retomber vers les 3/4 du film. Quand on a les raisons de tout ça. Un peu déçu. On se dit « mouai »
Mais ça reste quand même un sacré film. Les acteurs sont top et les idées sont délirantes !
A trop vouloir en faire, on se noit dans du n'importe quoi.
Incontestablement le plus déjanté des films oscarisés. Dans la lignée du grand Buñuel, mais en modernisant le genre grâce à une utilisation ingénieuse du multivers, les Daniel transcrivent directement sur l'écran et sans filtre les idées qui jaillissent de leurs cerveaux. Tout cela donne une œuvre d'une inventivité folle et un sommet de l'absurde, les élèves dépassant peut-être le maître dans cette forme réinvention du surréalisme (le dialogue entre les deux pierres, pour ne mentionner que ce passage, est absolument génial) mâtinée de science fiction à la Matrix. Néanmoins le rythme effréné de ce kaléidoscope vertigineux laisse une impression de confusion durable, comme si l'ambition de la forme avait fini par éclipser le sens du message. Par ailleurs, la 2e partie, où le chaos amène progressivement à la lumière de la résolution finale, est malheureusement un peu trop larmoyante et - pour le coup - convenue. Dommage, car la portée éminemment symbolique du film autorisait une fin un peu plus subtile. Après, on ne peut que s'incliner devant l'immense travail d'acteur que représente un tel film. Tout le casting est à la hauteur du défi, à commencer par Jamie Lee Curtis dont la reconnaissance n'est décidément pas au niveau de son formidable talent, mais Michelle Yeoh est tout simplement exceptionnelle.
Multivers-matrix x).
Par contre le pro v.f que je suis, j'ai toujours du mal avec la doubleuse de Stephanie Hsu (qui double aussi Woodley).
J'ai beaucoup plus aimé lors du deuxième visionnage, allez savoir pourquoi ^^
Complètement WTF! Ce film n'a ni queue ni tête!
Les Daniels ont clairement abusé du mélange LSD/Mescal!
Wow. Juste wow.
Les 2 Daniel qui ont bossé sur ce film étaient sous coke. C'est pas possible de nous pondre un truc pareil. C'est tellement décalé, absurde, imprévisible, psychédélique... Et en même temps, tellement juste, tellement beau et tellement vrai ?
Je saurais pas en parler correctement de ce film. C'est une vibe à part entière. Je pense aussi que moins on en sait, mieux c'est. Mais c'est un film qui m'a fait du bien à regarder.
Le jour où vous vous sentez comme la pire des bouses, pensez à Evelyn svp.
Pensez aux bagels, aux cailloux, aux taxes, à Ratontouille.
C'est le genre de films qui, lorsqu'on le termine, fait réfléchir au sens de la vie, à son absurdité, au fait que même quand on a l'impression de tout rater, l'entièreté de l'existence n'est pas foirée. Il y a toujours des choses qui en valent la peine dans chaque univers.
Le seul bémol ? Un peu trop de running gags qui ne font pas toujours mouche. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.
Un beau message, quoiqu'un peu simpliste, mais la réalisation m'a paru très faible et pleine de petits défauts qui, mis bout à bout, m'ont rendu le visionnage assez pénible. Pas une mauvaise expérience en soi, mais pas non plus un film que j'ai pris un réel plaisir à voir.
J'ai un peu eu l'impression d'être face à une œuvre qui avait énormément d'idées plus absurdes les unes que les autres et qui, plutôt que de réfléchir à quelles seraient les plus pertinentes, s'est juste dit "Boah j'mets tout, de toute façon notre film parle du fait que le monde n'a aucun sens alors vous allez pas me reprocher des doigts en saucisse*, une parodie de Ratatouille et des sex toys de combat, ça fait partie du ⭐message⭐".
J'ai vraiment trouvé que ça frôlait parfois le mauvais goût, pour ne pas dire que ça plongeait la tête la première dedans (je ne dis pas ça de façon pédante, c'est juste... des sex toys de combat, quoi).
*En ce qui concerne ces fameuses saucisses, ça ne m'a pas empêchée d'être touchée par cette partie de l'histoire ce qui prouve que ce n'est pas un échec, mais j'ai vraiment vu une sorte d'entre-deux entre un message sincère et beau et de l'absurde parce que c'est rigolo.
Mais ce n'est pas uniquement en ce qui concerne ces choix... douteux, que j'ai été dérangée, mais aussi parce que dans l'ensemble, l'image m'a parue étrangement... laide ? C'est bien filmé pourtant, et la photographie n'est pas désagréable à proprement parler quoique parfois très saturée, mais ce mélange de gros plans, de lumières vives, d'accélérations cartoonesques sans raison, d'effets spéciaux grotesques... C'est rapidement devenu un trop-plein qui m'a fait partiellement rejeter le film de façon presque instinctive malgré mon intérêt pour l'histoire.
Pourtant, j'ai essayé d'analyser un peu les plans, de comprendre les choix, d'essayer de voir une symbolique ou quelque chose qui pourrait rendre ça plus beau... Mais à moins que je sois complètement passée à côté (dans ce cas honte à moi), je n'ai trouvé aucune profondeur de ce côté-là, au-delà de la surface évidente (comme le donut trou noir), j'ai trouvé ça presque vide, peu réfléchi en fin de compte, presque un peu brouillon. Niveau composition, l'analyse tombe à plat.
Ce qui finalement correspond à mon sentiment général : ce n'est pas mauvais en soi, mais c'est très fouillis, sans aucune limite mais aussi sans aucun raisonnement profond au-delà du message énoncé très explicitement durant toute la dernière partie.
Sans exagérer, j'en suis ressortie avec un début de migraine. Pourtant j'ai vu un certain nombre de films "absurdes" et baroques (Lynch, Kon, ou même Jeunet...), et j'ai tendance à adorer ça, mais là ça n'a pas pris du tout, je n'y ai vu aucun charme et j'en suis très frustrée.
Et je comprends bien que le but soit de nous faire ressentir la saturation mentale liée au monde moderne, mais déjà, pas besoin d'un film pour en avoir conscience (justement, un bon film permet de sortir un peu de ce chaos), et ensuite, ce n'est pas parce que c'est le but que ça rend le visionnage plus agréable. Ce serait comme faire un film sur l'épuisement lié aux bouchons sur les autoroutes en faisant 2h20 remplies de klaxons et de pollution, on comprend l'idée, mais ça ressemble un peu à une séance de torture (j'exagère, mais vous voyez ce que je veux dire).
Du côté de l'histoire, elle aurait pu être vraiment bien et elle a d'ailleurs bien commencé avec cette femme en pleine perte de repères qui se retrouve plongée dans un multivers apocalyptique et doit concilier ça avec ses problèmes actuels.
Et sur le papier, la tournure que prend l'intrigue au fil du récit est toute aussi intéressante.
Mais le problème, c'est que c'est précisément là que les lacunes de la forme créent des défauts chez le fond.
C'est principalement le cas à partir de la seconde partie ("Everywhere"), alors que l'on se retrouve à devoir gérer plusieurs univers en même temps et que le film, concrètement... abandonne sa linéarité et sa cohérence. Comme ça, pouf, d'un claquement de doigts. Ce qui fait que les personnages que l'on pense suivre depuis le début ne sont soudainement plus dans la situation et le contexte dans lesquels on les avait laissés dans la partie "Everything", mais en fait si, mais en fait non, et oui et non à la fois Schrödinger serait ravi... Sans que le film ne parvienne à rendre ça un tant soit peu lisible. Quand je dis qu'il a abandonné, c'est qu'il a vraiment abandonné, il nous a laissés avec son schmilblik et s'est enfui en mobylette magique. J'exagère ? Pas tant que ça pour le coup.
[spoiler] La dernière fois qu'on a vu "notre" Evelyn avant "Everywhere", elle était toujours dans les bureaux des impôts dans laquelle elle est recherchée pour agression et s'est retrouvée à faire du kung-fu. De ce que l'on sait, elle n'a encore jamais eu la possibilité de réparer cet univers de manière concrète (et de toute façon, on comprend bien que ça ne va pas se régler avec un simple reset). Alors pourquoi, quand on retrouve la Evelyn de cet univers dans la seconde partie, elle est tranquillement dans sa laverie avec son mari, et pourquoi ces deux versions d'Evelyn et Waymond sont aussi, toujours, sur les lieux de l'agression en train de risquer leur vie, et pourquoi soudainement, ce n'est plus cette version-là, celle où ce pauvre Waymond se fait presque tuer, qui est la centrale ? Le film ne parvient jamais à rendre ça cohérent. [/spoiler]
Et encore une fois, le film semble vouloir répondre à toutes ces questions avec encore et toujours le même concept : rien n'a de sens, tout se vaut. Sauf que ça ne marche pas comme ça.
Le problème est que tout le film repose sur un nihilisme entièrement assumé et même central, et sans même s'en rendre compte, finit par tomber précisément dans les travers de cette philosophie quand elle est poussée à l'extrême.... Tout ça pour essayer de revenir sur ses pas sur la fin, sauf que ce n'est pas suffisant quand on a passé près de 2h à essayer tant bien que mal de suivre un film qui refuse toute cohérence.
Ce qui rend d'ailleurs ça assez ironique : l'antagoniste du film devient le seul personnage vraiment cohérent, et le plus sympathique paradoxalement au vu de tout ce que l'on se reçoit dans la figure pendant le visionnage.
Ce qui m'amène au message qui, comme je l'ai dit, est simple mais beau. Du moins... sur le papier, une fois de plus.
Dans le fond, je respecte le film pour avoir autant assumé des valeurs qui, dans le paysage cinématographique actuel (du moins américain) ayant une fâcheuse tendance au cynisme absolu, prônent au contraire un humanisme radical et une mise en avant de la force dans l'acte d'aimer et de tendre la main.
Le problème est qu'aussi sain ce message soit-il, le film tombe une fois de plus dans ses travers : c'est poussé à l'extrême, et ça en devient incohérent et grotesque. On ne peut pas me faire passer 2h dans un univers de pur nihilisme pour ensuite me dire "La clé c'est d'être gentil et de se faire des câlins".
Ça amène des scènes qui semblent plus ridicules qu'autre chose et qui, prises avec le sérieux qu'elles mériteraient, deviennent excessivement naïves sans la candeur qui rendrait ça touchant (j'en viens à être agacée par ce qui est censé être ma propre philosophie, c'est fou).
[spoiler] Je pense par exemple au combat final entre Evelyn et "Jobu Tupaki" : j'ai honte, mais j'ai rigolé comme une patate quand Evelyn, en réponse à "Jobu", nous fait des pauses de kung-fu (Je crois ? Désolée si je me trompe, je ne m'y connais pas vraiment), qu'elle termine en ouvrant grand les bras avec un sourire façon Vierge de la Miséricorde. Je sais bien qu'on parle d'un film avec des doigts-saucisses et un raton-laveur qui contrôle un cuisinier mais un minimum de subtilité ne fait jamais de mal. [/spoiler]
Le film oublie également le fait qu'être "gentil" ne signifie pas "être une serpillère", et, étant incapable de se défaire de son nihilisme extrême, il finit par relativiser la notion même de gentillesse en l'appliquant à tout et tout le monde, refusant de voir que si on éprouve le même amour et la même volonté de tendre la main envers tout le monde (d'un membre de sa famille à son pire ennemi), cet amour finit par perdre toute sa valeur.
Encore une fois, ce n'est pas fondamentalement un mauvais message, mais adapté à un contexte où tout est mis sur un même pied d'égalité, on en perd toute la beauté.
Et tout cela fait que le coeur du film, c'est-à-dire la relation entre Evelyn et sa fille, est touchante... Mais en réalité très artificielle, et rend même Evelyn presque antipathique alors même que le film cherche à provoquer l'inverse [spoiler] Oui, c'est émouvant de voir Evelyn se battre pour sauver Joy de son propre désespoir. Mais l'amour absolu qu'elle décide de lui montrer ne prend forme qu'à partir du moment où elle décide de donner de l'amour au monde entier. Joy se transforme malgré elle en statistique qui, dans un autre univers, serait remplacée par quelqu'un d'autre (comme Deidre). C'est à se demander à quel point Joy est "spéciale" pour sa mère, et à quel point elle n'est qu'une donnée interchangeable dans ce monde où tout se vaut. Même plus : Evelyn, au fond d'elle-même, agit-elle réellement pour Joy... Ou parce qu'elle a constaté que cet acte d'amour universel permettait une forme de salut et une disparition de la culpabilité ? Je sais, c'est cynique comme raisonnement, mais la logique même du film n'aide pas. [/spoiler]
Du côté du jeu d'acteur... C'est étrangement le problème inverse que j'ai remarqué, c'est-à-dire que j'ai eu un sentiment de "pas assez". Pas assez habité, principalement.
C'est notamment le cas chez Michelle Yeoh, qui ne m'a jamais permis de réellement m'attacher à Evelyn. Je pourrais en parler en détail, mais un point très parlant serait qu'elle nous sort pratiquement la même expression faciale dans une scène où elle censée être en proie à un nihilisme suicidaire, et une scène où elle décide au contraire de s'ouvrir au monde. Vraiment, la même tête, au millimètre près. À croire qu'elle-même ne croyait pas en son propre personnage.
Mais aucun des autres acteurs n'est parvenu à être transcendant d'une quelconque manière. Je ne dirais pas qu'ils sont mauvais, mais ils ont fait le minimum.
Jonathan Ke Quang, par exemple, manque cruellement de crédibilité quand il s'agit de jouer une autre version, plus charismatique, de son personnage de base. C'est peut-être voulu, je ne nie pas la possibilité que tout vienne d'une direction d'acteur qui veut le beurre et l'argent du beurre, mais ça a aussi beaucoup joué sur le manque de cohérence tonale du film.
À la limite, Stephanie Hsu parvient à faire ressentir les émotions de son personnage avec une certaine sincérité qui la rend touchante, et Jamie Lee Curtis, sans être exceptionnelle, est peut-être celle qui colle le mieux à son rôle (et aux différentes versions de celui-ci) avec un jeu plus assumé et nuancé.
Pour conclure, je ne dis pas que c'est un mauvais film ou qu'il est raté, il a de bonnes idées au milieu du chaos (la fameuse scène des cailloux par exemple), l'humour à petite dose marche plutôt bien, et encore, une fois, sur le papier, l'intention est louable. Je ne dis pas que je ne comprends pas qu'il ait trouvé son public, mais je l'ai vraiment trouvé frustrant et beaucoup trop stimulant pour son propre bien.
Avec un peu de recul, même si j'ai apprécié la fin, je ne peux malheureusement pas dire que c'est un film que je garderai dans mon cœur.
(C'est d'ailleurs assez ironique, car le film est apparemment censé être une métaphore de la neuroatypie (ici plus spécifiquement du TDAH), mais, parole de concernée, il me semble en fait totalement inadapté aux personnes neuroatypiques et hypersensibles, justement pour ce côté "surcharge sensorielle".)