Benben a dit (23 Mars 2022 à 10:49)
Prélude : chacun ses goûts, j'en convient.
Par contre Cragger ton commentaire me parait un peu à côté de la réalité, surtout après "juste" 6h de jeu sur un titre qui en demande une bonne centaine pour un premier run relativement complet (j'en suis à 70 et des brouettes et je suis loin d'avoir fait le tour).
C'est Dark Souls 4, on a déjà des milliers d'avis dithyrambiques côté critique et côté public, on est loin de l'hallucination collective.
Faut adhérer au concept posé par FromSoftware, qui ne prend pas les sentiers battus par les autres gros jeux en open world. Tout un concept. Ici l'open world ne grouille pas de PNJ, de villes fécondes etc... non, l'open world est sauvage et tout tourne autour de l'exploration, et The Lands Between invite à la découverte. Tous les deux pas on tombe sur des donjons (certes pas toujours inspirés), les régions sont plutôt variées, et les chateaux, nombreux, regorgent de secrets (entre les murs à briser, les passages secrets, les plates-formes entre les ascenseurs...). Une réussite dans la continuité de ce qui a participé au succès des souls : un level design et même un world design exemplaire.
Certes il y a des centaines de pièges retors, de coups bas... des putains de coffres piégés qui te téléportent dès les premières minutes de jeu dans un endroit où tu es largement trop bas niveau, et des ennemis qui semblent invincibles. Mais rien n'est posé au hasard, tout est déjouable si on observe. Hormis Sekiro qui est vraiment le plus dur de l'univers des Souls-like de FromSoftware, ça reste une série de jeux qui demandent surtout de rester attentifs et d'avoir un peu de skill.
La direction artistique est fabuleuse, tu ne peux pas dire que tu es resté de marbre en sortant de la première crypte et en découvrant cet incroyable tableau !
L'inventaire old-school c'est un peu la marque de fabrique austère de la série, et il est logique d'avoir un tel truc qui semble archaïque dans ce type de jeu. Mais surtout, l'inventaire c'est ton journal de bord, c'est là dedans que tu vas retrouver énormément d'informations sur le lore du jeu qui est encore plus fou que dans les trois premiers Souls.
Le gampeplay peut te paraitre absurde... En fait il faut que la charge de ton équipement fasse moins de la moitié de ta capacité de charge afin que tes mouvements soient fluides. Si tu peux porter une charge de 50, il faut que ton équipement fasse 25 maximum sinon ton personnage va être lourdaud. Tu peux augmenter ta endurance pour pouvoir porter plus de charge et donc des armures et armes plus lourdes tout en restant agile. En plus tu as choisi la classe la plus "classique" mais aussi celle qui demande le plus de skill car tu vas tout faire au corps à corps.
Et pour la musique... laisse juste celle de l'écran titre t'envouter. Les autre musiques sont surtout des musiques d'ambiance, et celles des boss par contre sont absolument dingues.
Alors oui je comprends qu'en ne connaissant pas les Souls, on se sente perdu dans Elden Ring, qui essaie de s'adresser à un public large tout en caressant dans le sens du poil les afficionados des jeux précédents. Moi je trouve que le tour de force est réussi, haut la main, mais ça reste un jeu exigeant.
Mijak a dit (22 Mars 2022 à 23:37)
Un doublage français parfois honteux, pour un jeu qui EST français. Mention à Leni enfant qui a une voix d'adulte (j'avais pas compris que le perso était censé avoir genre 13 ans quand je l'ai entendu, je pensais que c'était une adulte avec retard mental - même graphiquement, elle a l'air toujours plus âgée que Dana), ou à l'alpiniste belge dont l'acteur imite un accent et une façon de parler atroce et malaisante.
Bref.
Encore une petite merveille de Benoit Sokal :) J'apprécie plus celui-ci que le 3e, dans son ambiance, sa beauté visuelle et sa BO magnifique (des variations envoûtantes de Inon Zur sur le theme qu'il a donné à la série). Cependant, le côté aventure est bien moins présent que dans les autres Syberia.
Ici, on laisse l'ex-URSS et (heureusement) les antagonistes ridicules du 3, et on se plonge dans une ambiance "montée du nazisme", qui ne dit pas son nom ("Ombre Brune"), au sein d'un pays imaginaire d'Europe centrale. La ville de Vaghen, très Art Nouveau - et bien sûr ses automates Voralberg - est un décor incroyablement magnifique, si on aime le style.
Graphiquement, je regrette que le visage de Kate ait encore changé, je ne la reconnais plus déjà depuis le 3, mais là c'est encore pire, elle est juste quelconque, mais heureusement le doublage reste le même. Ce qui n'est pas le cas pour Oscar, qui déjà dans le 3 je crois avait changé.
Certains choix, dont la place d'Oscar d'ailleurs, ne sont pas de mon goût, mais ce jeu se penche un peu plus sur les choses que Kate a laissé de côté, vis-à-vis de son passé, et c'est touchant. Le jeu nous permet aussi d'incarner d'autres personnages, justifié par des témoignages laissés, mais nous sort un truc incohérent au possible à certains moment, avec d'étranges phénomènes inexpliqués de choses découvertes dans le passé qui aident Kate dans le présent.
Dans tous les cas, Syberia fonctionnait mieux en dyptique, autour de la quête pour retrouver Hans Voralberg et... bah Syberia. Le côté étapes dans des villes délaissées par le temps, voir ce que Hans avait laissé, c'était beau. Ici ça tente un peu de retrouver ça, mais bon... on y est pas. On a en revanche plus de drama, plus d'émotions, le jeu ne laisse pas indifférent, mais il exploite des ressorts scénaristiques plus faciles que dans les opus précédents. Ça et l'aspect très narratif, ça le rend très addictif et il est difficile de le lâcher.
Ah oui, et, déjà dans le 3, l'aspect point & clic, plus vraiment à la mode, laisse ici place à une quasi-histoire narrative, en fait, même si le jeu n'est pas exempt d'énigmes. Le côté complexe mais crédible et faisable, moi ça ne me déplaît pas, mais on est clairement loin du jeu qui va vous demander de tester plein de trucs avant de trouver la solution. Ici on est très souvent pris par la main, et les interactions sont parfois juste là pour faire avancer le film, un peu à la manière d'un *kof kof* David Cage *kof*.
Bref voilà. Sinon, toujours autant attaché à cette série qui m'a bouleversé et fait aimer certaines choses en 2002, le goût du voyage, de partir, et du train.
Maintenant que Benoit Sokal n'est plus là, bon, j'espère qu'on laissera Syberia en paix.
Par contre, si Microïds veut faire un remaster de l'Amerzone moi je dis oui !
(edit 2025 : je l'ai eu mon remaster :') )
[spoiler] A la fin j'étais vraiment impliqué, "Putain elle est partie vivre avec les Goruns ! Kate, les Goruns !!!". Le fait que ça se termine comme le premier jeu, avec une Kate qui, sur un coup de tête, décide de repousser son retour, j'ai beaucoup aimé. Mais néanmoins, pour moi ça devrait se passer de suite, pour marquer une fuite éperdue qui, de toute façon, ne pourrait pas avoir de fin satisfaisante. J'aime Kate Walker comme ça : en fuite vers ailleurs, à la recherche d'un sens et d'une destination. [/spoiler]
Cragger a dit (22 Mars 2022 à 22:28)
Je me suis laissé emporter par la hype de ce jeu et le moins que je puisse dire, c’est que je le regrette amèrement.
Je le compare à mes autres expériences de jeu en monde ouvert puisqu’il est qualifié en partie comme tel. Je pose donc mes bases / expériences :
- Les franchises des GTA, Red Dead, The Witcher, Ghost of Tsushima, Horizon dawn zero/forbidden west, Zelda BOW, Assassin's Creed, Saints Row, Amalur (je n'évoquerai pas ceux à la première personne).
- Graphismes : c’est correct mais ça casse pas des briques même à côté de GTA V datant de 2013. L'animation de la monture n'est pas terrible non plus comparée à un Red dead, Ghost of T, Shadow of Colossus, The Witcher ou encore Assassin et même Zelda...
Un monde ouvert certes mais il paraît pauvre, vide, c'est bien de mettre des animaux, des arbres et d'essayer de le rendre vivant, mais ça sonne faux ici. Quand je vois la gestion des paysages et de la nature dans Horizon ou Red dead, on est à des années lumières.
- Gameplay : N’ayant testé que le Vagabond à l’heure actuelle, c’est lourd et fastidieux. On a l’impression de conduire un tank. Pour l'anecdote, en parcourant le net, on vous dit qu'il est mieux de le déséquipper de son armure pour être plus rapide...C'est vachement intéressant de vous proposer de choisir une classe comme celle-ci pour finalement jouer en slip.. Quel intérêt ?
Histoire de pinailler : Au niveau des touches, appuyer sur Y et la croix directionnelle en guise de raccourci n’est pas pratique du tout.
La gestion de l'inventaire est assez laborieuse également.
Bref, je trouve l'ensemble du gameplay archaïque ou rétro pour être poli.
- Soundtrack : je ne la remarque pas vraiment. Donc on ne peut pas dire que je sois épris ou pris aux tripes. Mais j'attends d'avancer davantage dans le jeu pour peut être découvrir de belles symphonies.
- Difficulté : Alors, là on est servi. Là, pas de surprise, vous en aurez pour votre argent si vous payez pour ça. Ici, vous ne serez pas pris par la main pour les quêtes, pas de vrai tuto, débrouillez vous. C'est bien et pas bien en même temps.
Mais, je me demande toujours quel public on cherche à toucher avec ce type de difficulté imposée sans choix possible mais si vous avez un travail et des enfants dans votre vie, passez votre chemin à moins d'y consacrer les 6 prochains mois de votre vie.
Car, le début du jeu est particulier : 1er ennemi : on meurt (ouf, c'était prévu). Puis, premier ennemi en monde ouvert, on se dit, allé c'est parti...ben non, ce n'est pas parti, on meurt aussi ! (Et oui ! il fallait l'éviter !).
Vous avez pris la classe Vagabond, l'espèce de chevalier, ok ben vous jouerez à poil et non en armure...Au final, on n'ose même plus rentrer dans une grotte. En réalité, ce jeu aime vous persécuter.
Bref, ce jeu me semble "un peu" surcoté. J'ai la sensation que c'est comme lorsqu'un nouveau Mario ou Zelda sort, il y a une sorte d'aveuglement total dans les critiques. Non pas que ces jeux n'aient pas de qualités et je ne dis pas que Elden Ring est un mauvais jeu mais faut tout de même relativiser...
Pour résumer : sur tous les aspects du jeux que l'on peut évaluer (graphisme, bande son, animation, gameplay, etc) Elden Ring est-il dans le haut du panier ? La réponse est NON. Mais les gens l'aiment ! Pourquoi ? Elden Ring est difficile ! En fait, si vous aimez la difficulté et surtout la souffrance, vous aimerez ce jeu.
Elden Ring est la maîtresse SM que vous n'avez jamais eu. Peu importe si ce n'est pas la plus belle ou la plus intelligente, mais elle sait ce que vous aimez et en général, ce n'est pas la tendresse. Ou bien dans une relation amoureuse toxique, plus on vous fait souffrir et plus vous vous attachez.
Je rappelle que la définition d'un jeu est : Activité physique ou mentale dont le but essentiel est le plaisir qu'elle procure.
Je vais persévérer pour voir si je peux faire partie de ceux et celles qui aiment être malmenés physiquement et/ou psychologiquement. A suivre.
Goralden a dit (22 Mars 2022 à 00:01)
Court, et clairement moins poussé que ses successeurs, mais la flamme est déjà là. Une fois passées les 2 premières heures de jeu, on ne s'arrête plus jusqu'à la fin.
asmduty a dit (21 Mars 2022 à 20:49)
Le concept est cool, la mise en oeuvre est gerbante, pourquoi faire de ce jeu un TPS, c'est insupportable, on passe son temps à se battre avec la caméra, et l'absence de HUD plutôt que de profiter du jeu.
Pourquoi ne pas au moins laisser le choix au joueur, je trouve ça incompréhensible.
Mijak a dit (19 Mars 2022 à 14:55)
J'ai été surpris par le changement d'avec Bioshock 1 & 2. Là où ses derniers se concentraient sur Rapture, la cité sous-marine, et son ambiance, ici on change du tout au tout. On change même d'époque ! Début 20e (contre 2e moitié 20e pour les premiers jeux).
Nous revoilà donc dans la peau d'un humain, dans ce qu'on découvre vite être une ville impossible, pour le coup, comme l'était Rapture : Columbia. Cependant, ici, pas d'ambiance oppressante, pas d'isolement : Columbia est certes une ville coupée du monde, mais elle y a ses habitants, et son ciel bleu constant. Du coup l'ambiance est très différente des premiers jeux, d'ailleurs durant Bioshock Infinite on ne tue plus des chrosômes à moitié humains ravagés par l'adam, mais des... humains en bonne santé, en fait.
Dans l'ambiance donc, on est plus proche d'un Far Cry que d'un Bioshock 1 ou 2.
Le gameplay, strictement parlant, diffère peu des deux premiers, on retrouve armes et toniques (les plasmides).
Là où le jeu change du tout au tout, hormis l'ambiance, c'est la mise en scène. Dès le début, la narration nous emporte complètement, notre personnage y est partie prenante, et le fait que Columbia ait sa vie à elle (contrairement à Rapture qui était une ville morte), donne un côté très immersif à Bioshock Infinite. Les PNJ parlent entre eux, et écouter, lire, prendre son temps quand on peut, nous fait vraiment nous imprégner de son ambiance.
Même si je regrette un peu Rapture, que j'aimais mieux, je dois avouer que Bioshock Infinite fait tout en mieux à mon goût, car son histoire est de loin plus recherchée et tortueuse que dans les 2 premiers jeux, tout en gardant cette critique de l'American Way of Life, comme les deux premiers jeux où Andrew Ryan représentait le libéralisme américain et la démesure capitaliste, ici Comstock (et Fitzjones) représente le puritanisme d'une société blanche raciste, très religieuse, etc. Bref toujours très malaisant, mais on a l'impression de vivre dans le moment du cauchemar (là où dans Rapture le temps glorieux était déjà passé). S'ajoute à ça la question sociale des révoltes et des révolutionnaires, et d'autres choses plus fantastiques et complexes...
Bref, j'aime beaucoup.
kev013m a dit (18 Mars 2022 à 18:12)
L'apogée de From Software, l'un des meilleurs Souls. La principale qualité de ce titre est le nombre astronomique de contenus (nombre d'environnements différents, nombre de boss, nombre de quêtes, nombre de zones à explorer. 100h sont nécessaires pour finir le jeu en ayant exploré l'entièreté des zones et donjons optionnelles.
Il est leur premier Open world et il écrase la grande majorité des OW des concurrents libérant le joueurs de quêtes fedex inintéressante, de "?" sur la carte etc. A la manière d'un BOTW la topographie et le level design des zones est juste excellent poussant le joueur à se questionner sur ce qu'il l'entoure, où aller, chaque lieu apporte son lot de lore toujours aussi mystérieux dans les Souls.
Les meilleurs boss arrivent en end game. Au moins 8 boss uniques sont mémorables !
Après comme tout jeu il a quelques défauts. Les pires selon moi :
- La réutilisation intempestive des "mini boss" qu'ils ont réutilisaient pour combler chaque fin de donjon.
- Du loot souvent inintéressant (énormément de sorts dans le jeu) merci quand on joue au corps à corps...
- Un sentiment de longueur arrivé vers les 80% du jeu, malheureusement cela arrive à tous les jeux au bout d'un moment.
Mais dans l'ensemble c'est un excellent jeu à faire absolument pour celui qui aime le jeu vidéo. Heureusement que From Software sort du lot, il faudrait que les autres éditeurs prennent l'exemple et que l'industrie suive.
Il rejoint le haut du panier des Souls qui sont pour moi Dark Souls 1 et Bloodborne !
Mijak a dit (16 Mars 2022 à 21:08)
Pendant un bon moment, je l'ai considéré un peu comme le premier ; effectivement, plasmides, armes, chrosomes, petites sœurs, on n'est pas dépaysé.
Ici on a un changement de protagoniste, puisqu'on incarne un Protecteur, "Delta", et on a donc une relation privilégiée avec les petites sœurs, et plus particulièrement Eleanor, qui va être le coeur du scénario.
Je l'ai donc trouvé aussi bien que le premier, et la fin apporte plus d'intérêt, j'ai trouvé, ainsi qu'un éclairage sur les petites sœurs, et une réponse à la question qu'on peut se poser de leur nature et de WTF ELLES SE BALADENT DANS UN IMMENSE CIMETIERE PLEIN DE MONSTRES !
Bref il m'a autant sinon plus plu que le premier Bioshock, donc rien à redire :) Il n'est pas plus long, bien que je ne puisse pas dire avec précision, et n'amène rien de plus dans le gameplay, sinon un changement d'arsenal.
Ah, si, puisqu'on est un "Monsieur P.", on peut se trimballer avec des petites soeurs et récolter de l'Adam pour nos achats.
z0rr0 a dit (14 Mars 2022 à 18:20)
Tres tres rare que je finisse pas un jeu , mais la .......
Perte de temps total pour un jeu ou il ne se passe rien !
Bloqué au chapitre 8 (bug sauvegarde Epic ?) pour un passage reglé à la milliseconde.
Point positif le jeu etait graituit sur Epic ....... normal vu la bouse ^^
Franz26 a dit (13 Mars 2022 à 08:45)
Licence mythique de Sega, c’est en 2004 via le remake du premier opus sur… Game Boy Advance que je découvris tardivement la série ! On ne va pas refaire l’histoire du jeu vidéo… Si avant de sombrer dans l’oubli et la médiocrité la franchise des Shining s’est essayée à différents registres, elle doit avant tout sa renommée au Tactical-RPG. Ça tombe bien, il s’agit d’un de mes genres de prédilection ! Le voyant rouge de la Megadrive s’allume, celui de la TV cathodique également, et comme à chaque fois la vérification du matériel s’accompagne d’un petit soupir de soulagement. Paré pour une expérience 16 bits dans les conditions originelles.
Fire Emblem, Ogre Battle ou encore Final Fantasy Tactics, des noms bien associés à l’histoire du T-RPG et incontestablement cultes à mes yeux. La saga qui nous intéresse a également contribué à la noblesse du genre, et l’aura sacrée qui entoure Shining Force II laisse admiratif. Un constat que j’aurais sans aucun doute partagé les yeux fermés en 1994, mais j’avoue afficher une pointe de scepticisme aujourd’hui. Pourtant rompu à l’exercice du rétro-gaming, j’appréhende toujours un résultat hasardeux car rigoureusement soumis aux aléas du temps et de nos exigences, même inconscientes, de joueur moderne. Le cépage « RPG 16 bits » jouit toutefois d’un vieillissement plutôt clément, et la cuvée en question mérite largement la prise de risque.
L’histoire débute dans un obscur sanctuaire où un voleur brise involontairement le pouvoir du sceau magique retenant le roi démon Zeon. La boulette ! Car bien évidemment l’entité maléfique n’attendait que ça pour retrouver des forces et menacer à nouveau l’humanité. Heureusement sir Astral, votre mentor, conseiller du roi et puissant magicien au demeurant, découvre vite l’embrouille et vous confie le sort du royaume. Il est grand temps de partir en quête d’alliés et de constituer une « Shining Force » capable de contrer les forces du mal ! Un synopsis sans grande ambition, qui donne dans le traditionnel et assure un fil conducteur suffisamment immersif et rythmé.
A la manière d’un J-RPG rétro classique, Shining Force II laisse le joueur libre de ses mouvements sur une mappemonde vaste mais un peu trop vide, contraint de parcourir les longs kilomètres reliant les étapes où l’attendent les batailles programmées. L’exploration se veut ainsi plus poussée que les standards du genre, et incite à dialoguer avec les PNJs tout en fouillant minutieusement les villes en présence. Car Shining Force II n’est pas avare en secrets et en personnages jouables, pour beaucoup complètement optionnels. Et si la motivation de recruter un maximum d’alliés porte ses fruits, l’intérêt du titre réside bien évidemment dans son système de combat au tour par tour mêlant sens du placement et de la stratégie. Guerriers, sorciers, pégases, archers, etc… tout le bestiaire d’un bon univers d’Heroic-Fantasy qui se respecte. Après avoir composé judicieusement votre troupe d'élite limitée à 12 combattants, on applique alors les codes traditionnels de la guerre : soldats robustes en première ligne, archers et magiciens en retrait, utilisation des bonus de terrain, etc… pour progresser sans encombres. L’expérience et la montée en niveau permettent de gonfler les statistiques de vos unités, qui ne devront pour autant pas négliger leur équipement via les magasins à disposition. Une gestion de l’inventaire assez laborieuse d’ailleurs, nécessitant des allers-retours réguliers avec la réserve afin de délester vos hommes du surplus ramassé. Arrivé à un certain stade il devient possible de promouvoir un personnage, et même de se forger des armes ultimes via les précieux mythrils collectionnés.
L’ensemble n’échappe toutefois pas aux affres de temps et la rigidité du gameplay ne conviendra pas à tout le monde. On regrettera notamment l’impossibilité d’examiner la portée des ennemis, à la manière d’un Fire Emblem, causant ainsi des déplacements exagérément prudents au détriment d’avancées téméraires. Malgré une relative simplicité les bases du Tactical-RPG sont pourtant exploitées avec brio, assurant de surcroit un challenge appuyé devant l’adversité de certaines mobs ! Heureusement seule la mort du héros s’avère punitive, les autres unités pouvant être ressuscitées à l’église du bled. Moyennant finance évidemment, question de réalisme.
Cet univers Heroic-Fantasy cohérent compose avec une ambiance plutôt générique mais non dénuée de charme, largement renforcée par une bande son de bonne facture. En effet, des thèmes sympathiques accompagnent avec soin ce périple mémorable, qui nécessite une quarantaine d’heures d’investissement avant de dévoiler sa conclusion au terme d’une bataille épique et difficile ! Techniquement Shining Force 2 accuse un peu le coup et exhibe une 2D vieillotte, loin de pousser la 16 bits de Sega dans ses retranchements. Néanmoins, les sprites et les arrières plans lors des animations de combat se révèlent vraiment magnifiques, et rehaussent une réalisation sommaire sans fioritures. On appréciera aussi les petits artworks illustrant nos héros, mettant en valeur un character design parfaitement maitrisé.
A l’heure d’apposer un verdict je me retrouve sans surprise tiraillé dans les couloirs du temps. Charmé par un titre légendaire aux qualités indéniables, désormais logiquement nuancées. La balance penche néanmoins du côté lumineux de la force, et l’expérience offerte par Shining Force II se veut encore viable de nos jours. Un T-RPG mythique érodé par le poids des ans, mais à l’allure digne et au contenu solide. A faire, tant pour les amateurs du genre que pour la culture du médium.