Franz26 a dit (15 Décembre 2024 à 13:22)
Petit Beat’em all sans grande prétention, 9 Monkeys of Shaolin (que nous nommerons familièrement « 9M » pour faciliter la lecture de cette review) incite à une petite virée dépaysante en chine médiévale. Seul rescapé d’un village ravagé par les pirates d’orient, notre héros est providentiellement initié aux martiaux par des moines guerriers. Devenu une véritable machine à tuer, il peut alors embrasser complètement sa quête de vengeance. C’est ainsi que démarre un périple semé d’embuches, non sans inviter un compère à la fête : parce que c’est toujours mieux à deux qu’en solitaire !
Anecdotique bien qu’intelligemment écrite et distribuée par quelques lignes de dialogues entre chaque mission, l’histoire s’illustre surtout via de très belles cinématiques à la direction artistique chiadée, composée de somptueux artworks crayonnés. D’un autre âge, la réalisation en 3D arbore un style rétro charmant et, à défaut d’impressionner, flatte néanmoins la rétine par ses jeux de lumières très réussis. Si de rares bugs graphiques sans conséquence sont à signaler, l’excellente animation parachève une réalisation aussi originale que convaincante. Mention spéciale au parti pris visuel de certains niveaux ; assez saisissant !
C’est bien beau tout ça, mais qu’en est-t-il du gameplay ? Beat’em all classique en scrolling horizontal dans la lignée d’un Double Dragon, « 9M » se veut un véritable hommage aux arts martiaux traditionnels chinois. Il faut donc composer avec des mécaniques à l’ancienne certes, mais loin d’être inintéressantes. Utilisation d’objets, esquive, parade, coup tranchant, de pied ou de poing, constituent les bases des affrontements. Non sans oublier la possibilité de charger ses frappes, moyennant une parcelle de la jauge de Ki. Ce pouvoir mystique va également permettre de lancer des attaques physiques spéciales et d’invoquer des sceaux magiques, aux effets variables. Toutes les touches du pad sont donc utilisées à bon escient, et si l’on s’emmêle un peu les pinceaux au début, la quantité d’actions permises se révèle fort appréciable. Les impacts des coups manquent toutefois un peu de puissance et pénalisent légèrement le « game feel » général.
Ajoutez la présence d’un arbre de compétences afin d’améliorer l’efficacité de toutes ses charmantes possibilités, ainsi qu’un équipement sommaire offrant différents bonus statiques, pour obtenir un gameplay complet et assez technique. De quoi maintenir l’attention du joueur durant les 4-5 heures nécessaires au bouclage de l’aventure, missions annexes inclues, même si un petit sentiment de répétitivité se manifestera probablement à force d’enchainer les vagues d’ennemis. Car la variété visuelle des niveaux ne se répercute guère dans les situations de jeu, et si quelques boss viendront pimenter la progression, rien de véritablement marquant ne ressortira de votre périple. L’aventure reste néanmoins très agréable, soutenue par une atmosphère typiquement asiatique. Les musiques dans le ton renforcent cette impression, malgré l’absence de doublage chinois.
Loin d’être un incontournable, 9 Monkeys of Shaolin se présente néanmoins comme un excellent représentant du genre. Idéal pour se détendre en coopération et distribuer des mandales à foison ! Porté par un gameplay sympathique et une direction artistique prononcée, les amateurs du genre y trouveront leur compte. A petit prix, qui plus est !
Franz26 a dit (11 Décembre 2024 à 07:43)
Alors que les amateurs du genre gardent encore en mémoire l’incroyable Super Mario Odyssey sorti aux balbutiements de la Switch, le plombier le plus célèbre de l’histoire du jeu vidéo surfe sur la vibe du long métrage d’animation et signe un retour triomphal, pour le plaisir des petits et des grands ! Place à un bon vieil épisode en 2D à défilement horizontal, comme nous n’en avions pas vu depuis Super Mario 3D Land en 2011 sur Nintendo DS.
L’histoire ne s’encombre évidemment pas de fioritures, et passé une petite introduction démontrant une nouvelle fois la perfidie et la persévérance de Bowser, Mario et ses amis se lancent à la recherche des graines prodiges pour contrer l’ambition du vilain. A vous l’exploration fringante du royaume des fleurs, découpé en 6 grandes zones que le petit moustachu va devoir explorer à loisir avant de défier son némésis. Un périple à vivre seul ou en coopération, puisque vous pouvez à tout moment changer de héros au profit de Luigi, Peach, Toad, Yoshi & cie.
L’accessibilité a toujours été le maitre mot de Nintendo, et les mécaniques de gameplay du dernier Mario en date suivent forcément ce mantra. Nous voici en présence d’un jeu de plates-formes dans la plus pure tradition du genre, où il faut avancer vers la sortie du niveau tout en récupérant les collectibles disséminés sur votre chemin. Une recherche centrée sur les graines prodiges, jusqu’à 3 par niveau, mais aussi sur un trio de pièces fleurs tantôt bien cachées, tantôt difficile à atteindre, quand ce n'est pas les deux ! Mais globalement la complétude des stages n’est guère difficile, et se réalise souvent dès votre premier passage.
Mario dispose de sa panoplie d’actions traditionnelles, enrichie des nombreux effets bénéfiques conférés par les badges. Notre plombier va en effet dénicher au cours de son périple différentes insignes, lui octroyant des bonus fort utiles. En vrac : planer avec la para-casquette, effectuer de grands sauts, nager ou courrier plus vite, lancer une liane, etc… De quoi faciliter la traversée de certains stages et récolter les collectibles les plus inaccessibles, sous réserve d’avoir bien choisi son badge au préalable. On relèvera aussi quelques nouvelles transformations fort sympathiques (éléphant, foreuse, fleur à bulle) avant d’évoquer le gros morceau : la fameuse « fleur prodige » ! Cet objet magique présent dans la quasi-totalité des niveaux vient bouleverser les repères du joueur et chambouler toutes les mécaniques du stage ! Ainsi, chaque découverte d’une « fleur prodige » se matérialise par un nouveau défi souvent surprenant d’originalité, et d’ingéniosité ! S’ensuit alors un aspect imprévisible assez jouissif, porteur d’idées de game design franchement excellentes. L’audace et le talent des développeurs pour nous pondre des passages atypiques fait le reste, et difficile de ne pas rester pantois d’admiration devant le level design et les dernières trouvailles de cet opus.
Impeccable sur le fond, Super Mario Bros Wonder soigne également la forme et se pare d'une esthétique léchée haute en couleur, confortant une direction artistique aussi loufoque qu’à l’accoutumé. Les allergiques à l’ambiance du royaume champignon ne retourneront pas leur veste, mais la finesse des décors, les incroyables effets visuels et la fluidité de l’ensemble impressionnent. Certes, l’ambition initiale et l’envergure technique du projet n’étaient pas particulièrement élevées. Ce qui n’empêche pas de dresser un constat très solide, et d’apprécier à sa juste valeur les qualités visuelles de cet épisode. Mention spéciale à la mappemonde, au rendu « Kawaii » irrésistible et renvoyant aux bons souvenirs des opus Game Boy ou Super Nintendo.
D’un point de vue sonore ce Mario donne dans les thèmes d’ambiance de qualité, et axe même certains niveaux sur le rythme de la musique afin de proposer une expérience tout en symbiose. Les fameux stages « sauts et rythmes » figurent d’ailleurs à mon sens parmi les plus ardus du jeu. Puisque l’on aborde ce point, on peut considérer ce volet comme assez simple. Hormis 3-4 niveaux très exigeants, notamment ceux du monde bonus, venir à bout de l’aventure et récolter l’ensemble des collectibles ne posera pas de problèmes aux joueurs aguerris. Un challenge en dents de scie donc, de surcroit facilité par la possibilité d’acheter des vies aux stands des Toads. Un compromis assez judicieux, qui permet aux plus jeunes d’aller au bout de l’aventure tout en offrant quelques défis (optionnels) de tailles aux plus anciens.
Sans révolutionner le genre du plateformer 2D, ce Super Mario Bros Wonder parvient néanmoins à surprendre son monde grâce à des idées de game design généreuses, matérialisées par les incroyables « fleurs prodige » ! Un concept génial propre à cette nouvelle aventure, qui s’appuie encore une fois sur un gameplay simple à la prise en main immédiate et aux mécaniques de jeu efficaces. Quasi parfait sur le fond, la forme se veut aussi irréprochable, et malgré une prise de risques minime de la part de Nintendo le verdict semble sans appel : voici un nouveau petit chef d’œuvre du genre, à essayer de toute urgence !
Franz26 a dit (06 Décembre 2024 à 23:18)
A la longue liste des portages de J-RPG cultes des années 90, s’ajoute désormais le fameux Star Ocean 2 : The second Story. Sorti en 1998 sur Playstation, le titre de Tri-Ace est venu enrichir la ludothèque de la console jusque dans notre hexagone, bénéficiant même d’une traduction Française pourtant denrée rare à l’époque ! Fort d’un succès critique et populaire malgré l'aura écrasante de Squaresoft (RIP), je n’avais jamais pris le temps de m’y essayer. Etant également passé à côté du portage PSP, décidément, ce remake à la sauce 2D-HD tombe ainsi à point nommé ! L’occasion de se réconcilier avec une franchise sur le déclin depuis le 3e épisode.
Transition facile pour évoquer le grand, que dis-je, l’immense Star Ocean 3 : Till The End of Time ! L’un des meilleurs J-RPG de la Playstation 2 et mon premier contact avec la saga. Un titre inoubliable ayant entériné le statut culte de la licence. Il n’en sera pas de même pour ses suites, toutes plus oubliables les unes que les autres. The Second Story R se veut donc un retour aux sources rassurant, et loin d'être paresseux !
Car ce remake HD se paye un lifting de luxe avec des décors entièrement remodelés en 3D, mis en valeur par des angles de caméras fixes comme au temps béni de la Playstation. Les sprites, eux, jouissent d’un pixel art mignon et provoquent un contraste plutôt stylé à l’écran. La dualité est encore plus prononcée lors des combats, où se mêle modernité et tradition (effets magiques magnifiques / animation datée). Un gap technique qui se retrouve également dans la refonte complète de la worldmap, des cinématiques et de l’interface du titre, enrichie de somptueux artworks honorant l’incroyable character design de Yukihiro Kajimoto. Un petit régal.
Mais revenons à la spécificité première de Star Ocean 2 : le choix du héros. Claude C. Kenny est une jeune recrue de la fédération Pangalactique, désireux de prouver sa valeur et de suivre les traces de son paternel, commandant respecté de l’organisation. La découverte d’un étrange artefact au cours d’une mission le téléportera malgré lui sur une planète inconnue aux confins de la galaxie. Isolé, il devra cacher ses origines et se fondre dans une civilisation ignorant toute forme de technologie, au point qu’une utilisation malheureuse de son blaster laser lui vaudra immédiatement le statut de « héros de la lumière ». A peine échoué en terre inconnue, il fera la rencontre de Rena Lanford, une fille aux origines mystérieuses usant d’une magie curative unique en son genre. A l’abri dans son petit village de campagne, elle lui explique néanmoins que son monde doit faire face à une recrudescence inexpliquée de monstres agressifs, coïncidant avec le crash d’une météorite sur le continent. Point de départ d’un voyage passionnant, emplis de rencontres et personnages incongrus, mais également de révélations surprenantes quant aux origines de la jeune femme et de la galaxie. Rien que ça ! Le choix du héros n’a finalement guère d'incidence sur l’histoire, outre quelques scénettes et points de vue distincts, ni sur la façon d’aborder les combats. Parlons gameplay.
A l’inverse des affrontements au tour par tour qui prédominent à l’époque, Star Ocean 2 opte pour un système beaucoup plus dynamique. En incarnant activement l’un des héros sur le champ de bataille, le joueur, totalement impliqué, doit ainsi constamment suivre les mouvements ennemis avant de marteler la touche d’attaque avec vigueur. Deux raccourcis permettent via les gâchettes de lancer à la chaine ses attaques spéciales préférées, et une touche de saut sert à atteindre plus facilement les ennemis aériens. Bourrin, c’est le mot, car l’aspect stratégique se limite le plus souvent à focus les magiciens pour empêcher les sorts adverses de ravager votre équipe. Pendant ce temps vos compagnons combattent selon des directives précises paramétrées au préalable : économie de MP, sorts de soins uniquement, attaque totale, etc… Ce qui ne vous empêche pas de mettre l’action en pause afin d’ordonner à un coéquipier de lancer le sort adéquat, puisque ce couillon semble déterminé à enfiler des perles au fond de l’arène ! Dans les faits l’IA se révèle plutôt crédible, et les interventions manuelles restent assez rares grâce au paramétrage en amont des sorts/techniques actives. Une préparation au final beaucoup plus importante que votre habilité directe au combat.
Soyez prévenu : Star Ocean 2 : The Second Story R n’est pas un J-RPG grand public et la quantité de paramètres à personnaliser peut donner le vertige ! Outre le traditionnel gain d’expérience, deux types de points de compétences régissent l’apprentissage. Les AP servent à améliorer techniques et magies, et les CP permettent d’apprendre différentes compétences passives utiles en combat mais aussi en dehors. Cuisine, alchimie, biologie, pèche, etc… voici un bref échantillon des nombreuses d’habilités à maitriser. En sus des spécificités qu’elles offrent, ce développement parallèle permet de gonfler les statistiques de vos personnages. Et ça ne s’arrête pas là, puisqu’à force de monter le niveau de ces aptitudes, vous pouvez ensuite déverrouiller des talents cachés encore plus intéressants ! Mention spéciale au don avancé permettant d’écraser instantanément, et sans déclencher d'affrontement, les ennemis dont l’écart de niveau est trop faible avec le nôtre. Bien que dense, la gestion de tous ces paramètres reste cohérente et judicieusement intégrée aux mécaniques de gameplay, enrichies d’autres subtilités mineures que je tais volontairement (par flemme).
Compositeur attitré de Tri-Ace, les musiques de Star Ocean 2 sont évidemment signées Motoi Sakuraba. Un gage de qualité rarement pris en défaut, et s’il ne s’agit pas de son meilleur travail le monsieur nous livre des compositions remarquables, et remasterisées pour l’occasion. Des voix digitales japonaises ou anglaises viennent désormais embellir l’ambiance sonore, décidément très convaincante.
Avec des options modernisées et un confort de jeu optimal, l’aventure n’est pas très longue. Comptez environ 30 heures de jeu en accordant du temps aux missions annexes et aux dialogues secondaires, qui se déclenchent généreusement au gré de vos balades dans les villes. Toutefois, l’investissement peut se révéler beaucoup plus conséquent si vous désirez recommencer l’aventure avec le second héros. Vous aurez alors le plaisir de découvrir un nouvel éventail de compagnons à recruter (10 en sus des 2 principaux, l’équipe ne pouvant excéder 8 personnages par partie). Mais surtout, Star Ocean 2 propose des monstres optionnels complètement cheatés et un donjon de l’enfer excessivement long ! A réserver aux plus acharnés (la flemme bis). Ayant ressenti un brin de redondance sur la fin de l’aventure, je me suis contenté d’une seule partie bien remplie afin de ne pas altérer la conclusion de cette épopée, aussi immersive que jouissive.
Star Ocean 2 : The Second Story R s’impose comme un remake très soigné, dépoussiérant l’expérience de jeu originelle sans rien sacrifier de son authenticité. Déjà porté par une réalisation au cachet rétro irrésistible, une histoire captivante et un univers charmant, son gameplay dynamique complète le tableau et parachève de hisser ce Star Ocean 2 parmi les meilleurs RPG de ces dernières années. Un classique remis au gout du jour avec soin, prétexte idéal pour découvrir cette saga méritante. En attendant désormais une refonte du 3e opus…
Franz26 a dit (24 Novembre 2024 à 09:04)
BIOSHOCK 2 + DLC (17/20)
Bioshock 2 se déroule 8 ans après les évènements relatés dans le premier opus, et les développeurs proposent un changement de point de vue radical : nous voici cette fois dans la peau d’un protecteur ! Dès l’introduction, le sujet Delta tente de défendre sa petite sœur, Eleanor Lamb, face à des hordes de chrosômes. Sofia Lamb, mère de la fillette et obscure psychologue au demeurant, intervient et nous invite au suicide. Conditionné, notre avatar s’exécute sans rechigner, clôturant ainsi ce préambule de manière brutale.
Nouvelle ellipse temporelle ; Delta se réveille miraculeusement en vie 10 ans plus tard, toujours dans la citée sous-marine de Rapture qui sombre lentement mais surement. Notre bourreau contrôle désormais la ville déchue et séquestre l’enfant chéri, devenue adolescente. Débute alors une rédemption sanglante aux airs d’opération de sauvetage désespérée.
Rassurez-vous, cette review ne sera pas aussi complète que la précédente. Non pas que Bioshock 2 ne mérite pas son quota de caractères élogieux, mais simplement parce qu’il se repose largement sur les acquis de son prédécesseur. En soit les titres restent donc fondamentalement similaires, à commencer par le terrain de jeu : l’intrigante ville de Rapture. C’est avec délice que l’on poursuit l’exploration de la citée sous-marine, malfamée et emplie de chrosômes peu enclins au dialogue. L’ambiance et l’immersion se révèlent fidèles à elles-mêmes, malgré un level design un poil plus brouillon, et jouissent d’une direction artistique grandiloquente. Si l’on troque les baptistères par un Tramway antique, le schéma consiste toujours à vous engouffrer dans l’antre du mal tout en perçant de nouveaux mystères.
Malgré votre statut de protecteur la finalité reste identique : réduire à néant les menaces vous barrant la route en utilisant à bon escient armes et plasmides. La gestion de ces derniers se voit légèrement simplifiée afin de ne pas alourdir inutilement l’aspect gestion du jeu, encore une fois prédominant. Car dans Bioshock 2 votre habilité seule ne suffit pas, et il faut veiller à upgrader ses armes, gérer ses munitions, ses objets de soins, s’équiper des fortifiants adaptés à son style de jeu, etc… Rien de bien nouveau, le système a fait ses preuves dans la première itération de la saga.
Une idée de gameplay bien précise apporte toutefois un vrai plus à l’expérience. Comme dans le premier volet, des protecteurs pacifiques (du moins tant que l’on n’ouvre pas le feu sur eux) escortent les petites sœurs dans les couloirs de Rapture. Nous l’avions déjà évoqué, l’intérêt pour le joueur réside dans la dose d’Adam à récupérer malgré le déclenchement d’un affrontement âpre. Un fluide toujours aussi précieux, nécessaire à l’amélioration/acquisition de vos pouvoirs psychiques. La victoire en poche, le choix de sauver la gamine ou d’exploiter son Adam jusqu’à la lie se pose à nouveau. Si vous chérissez la voie du bienfaiteur, la petite vous accompagnera afin récolter davantage d’Adam sur des cadavres atypiques. Durant ce laps de temps, il faut la protéger des vagues de chrosômes attirés par l’opération : le stress monte ainsi crescendo ! Il atteint son paroxysme lorsque, une fois toutes les fillettes du niveau déposées indemnes dans les conduits d’aération, la « grande sœur » arrive en trombe tel un Némésis de l’enfer ! Encore plus menaçantes, ces versions féminines de « Big Daddy », outre le rôle qu’elles jouent dans l’histoire, apportent un vrai sursaut de challenge et d’immersion. A ce propos, je ne comprends toujours pas l’équilibrage des dernières heures de jeu, bien trop riches en munitions et en items curatifs. Je chipote, mais la tension jusqu’alors parfaitement maitrisée en prend un coup.
On passera rapidement sur la technique de ce remaster, qui profite d’un lifting sans grande ambition pour retranscrire au mieux l’incroyable direction artistique de Rapture. Bioshock 2 peut aussi, comme son prédécesseur, s’appuyer sur une ambiance sonore exceptionnelle. A noter un abus de sonorité angoissantes parfois très intrusives, et un doublage VF un ton moins juste. Pas de quoi remettre en question le constat d’ensemble très qualitatif.
Quant à la durée de vie du titre, il faut compter sur le DLC « l’antre de Minerve » pour égaler le contenu de son prédécesseur. Cette quête additionnelle comprise dans la compilation PS4 mérite largement le détour, tant pour son apport scénaristique que pour quelques phases de jeu vraiment marquantes ! Un régal venant prolonger une expérience amendée de plusieurs fins en fonction de votre bienveillance envers les petites filles, mais aussi avec certains PNJs majeurs qui vous l’ont pourtant mise profond.
A travers le scaphandre d’un emblématique protecteur, cette seconde virée sous-marine dans les tréfonds de Rapture prend aux tripes ! Evidemment l’effet de surprise n’y est plus, mais les petits ajouts de gameplay et l’univers vicié du titre justifient amplement l’investissement. Plus orienté action, cette suite s’offre un DLC d’envergure afin de former un tout cohérent ne trahissant point l’œuvre initiale. Véritable confirmation pour 2K Games et sa licence Bioshock, désormais enrichie d’un nouveau chef d’œuvre.
Franz26 a dit (08 Novembre 2024 à 08:22)
BIOSHOCK (17/20)
Voilà des années que je n’avais pas touché à un FPS, et encore moins sur console de salon. Mais cette compilation Bioshock me faisait de l’œil depuis longtemps, enthousiasmé par l’incroyable expérience vécue en 2007 avec le premier violet et désireux de découvrir, enfin, la suite de la saga. 15 ans après avoir survécu aux évènements de Rapture sur mon vieux PC, je me lance dans une nouvelle plongée macabre au fond de l’Océan. Un périple unique et remasterisé pour l’occasion.
Autant évacuer ce point de suite : cette mouture PS4 se contente d’affiner les textures et de proposer un rendu HD convaincant, mais qui ne révolutionne en rien l’expérience visuelle. L’évolution se révèle quand même fort appréciable pour ceux qui, comme moi, ont découvert le premier Bioshock sur leur bon vieil écran cathodique ! L’horreur de Rapture nous apparaît désormais dans toute sa maestria, offrant un spectacle à la fois envoutant et malaisant.
Revenons à l’origine de notre aventure, qui débute dans les années 60 par le crash d’un avion en plein océan. Seul rescapé émergeant des débris, cerné par les flammes, notre avatar se dirige tant bien que mal vers l’unique repère à l’horizon : un phare, point d’entrée de la citée sous-marine. Le joueur entrevoit ainsi très vite l’architecture unique de Rapture, métropole clandestine construire au lendemain de la seconde guerre mondiale et ayant évoluée en complète autarcie, dans un contexte de guerre froide anxiogène. Ce rêve de société utopique a pris fin lorsque la science, débridée de toute censure, s’est tournée librement vers la psyché et les modifications génétiques. Une orientation malsaine qui finit par conduire la population à la guerre civile. En cause : la prolifération des plasmides (pouvoirs psychiques), ayant rendus les survivants complément fous et accrocs à une drogue mentale : l’Adam. Dès les premières minutes l’absurdité (et l’insécurité !) des lieux saute aux yeux, mais un dénommé Atlas vous prend sous son aile et sollicite votre aide afin de sortir sa famille de cet enfer sordide dominé par les « chrosômes ». Pour cela, il faut mettre fin à la folie autodestructrice du fondateur des lieux : le mégalomane milliardaire Andrew Rayan, retranché en plein cœur de la citée.
Voilà pour le contexte, peu banal vous en conviendrez ! Mais il est nécessaire de s’attarder encore un peu sur la ville de Rapture tant la cité imaginée par les games designers de 2K Games occupe une place centrale dans l’aventure. Métropole industrielle à forte consonance Dieselpunk, Rapture captive, hypnotise même, et peut se définir à bien des égards comme l’actrice principale. Véritable tour de force artistique, Bioshock nous laisse découvrir son histoire par le biais d’une narration environnementale très prononcée et en avance sur son temps. Journaux audio et éléments de décors permettent ainsi d’imaginer la ville « rétro-futuriste » à son apogée, tout en tirant de nombreuses conclusions quant au régime totalitaire et aux dérives ayant conduit à la déchéance des lieux.
L’ambiance incroyable de la métropole, digne des plus grands survival-horror, parachève l’immersion. Car la folie ambiante devient vite contagieuse et le danger peut survenir à tout moment ! Heureusement, nous ne sommes pas démunis face à la menace. FPS oblige, Jack se procurera tout un petit arsenal mortel : de la clé à molette en passant par le traditionnel fusil à pompe, de la mitraillette au lance-grenades, sans oublier l’arbalète ou le Colt, ce ne sont pas les possibilités de se défendre qui manquent ! D’autant que chaque arme bénéficie de deux améliorations potentielles ainsi que de différents types de munitions, plus ou moins efficaces selon l’ennemi.
Outre les armes dites « classiques », impossible de faire l’impasse sur la spécialité maison : les fameuses plasmides ! Votre avatar va ainsi s’injecter un maximum de fortifiants dans les veines afin de profiter de différents pouvoirs psychiques. Ceux-ci peuvent se matérialiser sous la forme d’un bonus statique (résistance améliorée, soins boostés, furtivité accrue, etc…) ou de pouvoirs offensifs. Arc électrique, incinération, ou télékinésie pour les moins originaux (je vous laisse le plaisir de la découverte), vont booster votre force de frappe et s’utiliser en complément de votre arme, tenue elle dans la main droite. Concrètement, les quatre gâchettes du pad vont gérer simultanément vos plasmides offensives et vos armes conventionnelles. De quoi expérimenter à loisir et varier votre façon de tuer les chrosômes.
L’abondance de plasmides et les nombreuses ressources du jeu nécessitent toutefois une micro-gestion peu commune. Moyennant dollars ou Adam, les différents types de distributeurs permettent de faire le plein en objets curatifs, minutions ou plasmides, mais aussi d’augmenter le nombre vos emplacements à fortifiants, ainsi que la taille de votre jauge de soin et de psyché par exemple. L’exploration se veut ici récompensée, et le level design de la cité pousse le joueur à vagabonder dans ses rues malfamées en quête d’objets utiles. Ajoutez un principe de piratage manuel via un mini-jeu de rapidité/réflexion, histoire de venir à bout de portes et coffres-forts mais également de détourner la fonction principale des automates/tourelles de défense, pour obtenir un gameplay étonnement profond empruntant de nombreux éléments au RPG. Si de nos jours cet aspect est devenu monnaie courante, les petits gars de chez 2K Games ont certainement contribué à la démocratisation du procédé.
Maintenant que nous avons amplement exposé l’univers et le gameplay du titre, je me dois de revenir sur le bestiaire si particulier de Bioshock. Les chrosômes se matérialisent sous la forme d’humains plus ou moins fous, et plus ou moins décharnés ! Mais la vraie star du casting se présente sous les trais d’un mastodonte de métal appelé « le protecteur ». Ces colosses errent dans les dédalles de Rapture, souvent accompagnés d’une fillette à la recherche, elle, d’Adam à prélever sur les cadavres. « Big Daddy » et la « petite sœur », des figures devenues iconiques et qui apportent un sel particulier à l’univers de Bioshock. D’un point de vue ludique déjà, le joueur a le choix d’ouvrir ou non les hostilités face à un ennemi retord, qui coute généralement cher en munitions et en trousses de soins ! Ensuite, une décision morale s’impose : sauver la petite sœur et se contenter d’une faible dose d’Adam, ou absorber son fluide jusqu’à la lie. Un acte loin d‘être anodin, influant sur les dialogues et la fin du jeu.
Sans transition, la bande son use abondamment de sonorités des années 60 via des musiques rétro typées jazz/rock aux airs enjoués, contrastant complètement avec l’ambiance lugubre de Rapture et accentuant ainsi le malaise général. Des thèmes mélancoliques, sombres voir angoissants savent aussi prendre le relai pour mieux véhiculer l’émotion souhaitée, qui transite également par des bruitages et des voix françaises de grande qualité. En effet, le doublage reste parfaitement dans le ton et les râles d’agressivité ou d’agonie des chrosômes se révèlent carrément délectables ! Un rendu sonore exceptionnel sublimant l’atmosphère du titre, et par causalité l’immersion globale.
Bien que le FPS solo ne soit pas du tout mon genre de prédilection, d’où cette note encore perfectible malgré un florilège d’éloges, l’univers et la direction artistique de Bioshock m’ont littéralement envouté. Une œuvre magistrale, soutenue par une histoire prenante et un gameplay complet. Les 15 à 20 heures nécessaires pour boucler le périple passent à une vitesse folle, et c’est éreinté que l’on retrouve la lumière du jour. Laissant derrière nous le mystère et les horreurs de Rapture.
Franz26 a dit (02 Novembre 2024 à 08:21)
A l’aube de la 3D sur Playstation, la mascotte en devenir d’Ubisoft nous avait régalés avec son aventure loufoque et riche en couleurs. Quelques années plus tard Super Mario 64 allait chambouler tout un pan du medium, en démontrant avec brio les nouvelles possibilités offertes par la 3D. Ce second opus de Rayman arrive ainsi à la croisée des générations, développé plus ou moins simultanément sur PC, Playstation, Nintendo 64 et Dreamcast. Cette dernière version, survitaminée, reste encore aujourd’hui la meilleure façon de découvrir ce petit monument de la plateforme 3D. Sortons ma Dreamcast PAL de sa torpeur, et tâchons de comprendre l’engouement qui entoure cette grande escapade.
En 1995 Rayman premier du nom n’avait pas encore osé le virage abrupt de la 3D et se présentait comme un plateformer 2D traditionnel. Sa suite se veut ainsi beaucoup plus ambitieuse, s’engouffrant dans le sillage des Super Mario 64, Spyro, Banjo et consorts. Notre petit être désarticulé, aux prises avec une horde de robots pirates dans un scénario sans queue ni tête convenant parfaitement à l’humour bon enfant de la série, est désormais libre de ses déplacements, paré à arpenter des arènes 3D dans lesquelles il faudra récolter un maximum de Lums et délivrer ses amis.
Rayman fait preuve d'une agilité certaine et met à profit sa palette de mouvements : il peut ainsi sauter, grimper, s’accroupir, lancer/charger ses poings et faire l’hélicoptère (avec ses cheveux, pour planer, bande de sales). Des capacités à utiliser à bon escient pour progresser dans des zones ouvertes, bien que très linéaires, proposant sans cesse de nouvelles phases de gameplay. En effet, la profusion de petites idées renouvèle régulièrement l’expérience de jeu et avait su charmer les joueurs de l’époque. Emploi du passé, vous me voyez venir ? Un quart de siècle plus tard, les chamailleries des angles de vue et de la caméra viennent malheureusement ternir le constat ! S’ajoute des approximations rageantes, quelques concepts mal maitrisés, des boss aussi rares qu’oubliables et une difficulté relativement plate pour que le joueur moderne grince des dents !
Si le temps n’a pas été clément avec le gameplay du titre, la qualité technique de cette version Dreamcast impressionne encore. Textures fines, animation du bonhomme impeccable, profondeur de champ honnête, effets visuels au poil, ralentissements quasi inexistants, etc… Clairement l’un des plus beaux jeux de son époque, et sur une TV cathodique le rendu se révèle impeccable ! Impossible alors de ne pas apprécier l’originalité des environnements traversés et l’ambiance loufoque de la franchise.
La longueur de la quête va dépendre de votre persévérance à récolter les 999 Lums éparpillés dans l’univers magique de Rayman. Sans quoi, l’aventure en ligne droite ne dépassera guère la dizaine d’heures malgré quelques secrets et passages dérobés. On passera rapidement sur la bande son, emplie de thèmes d’ambiance sympathiques mais vites oubliés. A cette époque les voix digitales étaient encore denrée rare, et leur absence se fait ici bien ressentir.
Rompu aux contraintes du rétrogaming, il m’est pourtant difficile de passer outre les tares inhérentes à son âge. Nul doute qu’à l’époque mon exigence n’était pas la même, et que le charme de Rayman 2 : The Great Escape aurait opéré sur moi sans aucun filtre. Il n’en reste pas moins encore tout à fait viable aujourd’hui, et ses immenses qualités contrebalancent clairement ses défauts. Un titre vieillissant mais qui ne démérite pas, et si les nostalgiques lui voueront encore un amour sans faille, les fans du genre et de la licence peuvent aussi s’y essayer sans crainte. Un verdict final en demi-teinte, n’entachant toutefois en rien mon envie de découvrir le 3e opus canonique de la franchise. Rendez-vous donc l’année prochaine pour Rayman 3 Hoodlum Havoc !
Franz26 a dit (19 Octobre 2024 à 08:30)
Beat’em all phare de la génération PS360, Bayonetta s’était avant tout démarqué grâce à son héroïne atypique et un univers complétement décalé. Fort d’une réalisation et d’une mise en scène aux petits oignons, son gameplay riche et nerveux avait fini de conquérir le cœur des amateurs du genre. Cinq ans plus tard Platinum Games ressort sa licence des placards, et nous propose de retrouver la belle sorcière sur Wii U. Un choix de hardware étonnant…
…mais passons sur le destin tragique de la console de Nintendo et profitons de cette suite miraculeuse que personne n’attendait plus ! Bayonetta premier du nom nous permettait de lever le voile sur les origines de la sorcière, de son vrai nom Cereza. Femme fatale aussi séduisante que terrifiante, elle combattra sans relâche les hordes d’anges envoyées pour lui dérober son joyau, « l’œil gauche » à l’origine de pouvoirs magiques héréditaires. Alors que Bayonetta et Jeanne, consœur sorcière du premier volet, profitent désormais d’une vie mondaine au milieu des mortels, les anges réapparaissent en pleine ville ! Après un combat dantesque Jeanne perd la vie, et Bayonetta entreprend alors une opération de sauvetage démesurée pour sauver l’âme de son amie.
Voilà pour le synopsis de base, servant de prétexte à toutes les folies ! Car la structure de ce second opus, découpée en chapitres et malgré quelques zones un peu plus ouvertes, ne vous laisse aucun répit ! En résulte un enchainement de combats épiques dans des lieux aussi incongrus que variés. Le bestiaire biblique n’est pas en reste ; anges et démons impressionnent tant par leur design atypique que par leur immensité commune. Cet incroyable défilé de monstruosités dérangeantes apporte un cachet particulier à l’aventure, et les quelques alliés connus parachèvent le casting avec brio. Le tout bénéficie d’une réalisation soignée, et si la Wii U montre vite ses limites avec un framerate parfois aux fraises couplé à un aliasing omniprésent, l’ensemble fait honneur à l’ambition démesurée du studio. Mention spéciale à l’animation de la demoiselle, toujours aussi hallucinante de grâce et de fluidité.
Le gameplay ne change guère et se contente d’apporter quelques nouveautés à la formule éprouvée par son aîné. Munie de ses quatre pistolets et les maniant aussi bien avec les mains qu’accrochés aux bottines, Bayonetta fait preuve d’une dextérité enivrante et d’une palette de mouvements détonante pour renvoyer ses ennemis au paradis ! La belle s’encombre également de plusieurs armes létales. A déverrouiller progressivement, elles permettent de trouver son style préféré puis de switcher entre ses configurations favorites afin de mieux s’adapter à la situation.
Les nombreuses upgrades de vie et de magie confèrent un aspect micro-gestion plaisant, renforcé par des détours réguliers au bar/magasin. L’étrange établissement, toujours géré par le charismatique Rodin, permet de se procurer divers consommables, accessoires secondaires, mouvements inédits, etc… Un passage indispensable entre les chapitres afin de lisser une difficulté somme toute bien calibrée. L’échec est rarement punitif, et venir à bout de l’aventure ne vous prendra qu’une petite quinzaine d’heures en ayant soin de dénicher les quelques secrets du jeu. Bien évidemment, les plus acharnés d’entre vous ne manqueront pas de relever le challenge dans un niveau de difficulté avancé et de se rabattre sur les chapitres perdus, pourtant sans grand intérêt (enchainement des mobs et boss de chaque zone).
L’aspect déjanté de Bayonetta trouve aussi écho dans sa bande son, qui prolonge le délire avec maestria. De la J-POP bien rythmée côtoie des thèmes épiques plus classiques, usant de chœurs pour renvoyer à la majesté du bestiaire. Un contraste en parfaite symbiose offrant un rendu dithyrambique ! Le doublage Japonais, une fois n’est pas coutume, se révèle d’excellente qualité et contribue à l’ambiance sonore générale.
Platinum Games nous livre une suite d’envergure aux fondations solides, reposant avant tout sur un gameplay calibré, technique mais accessible. Enrobé de la folie propre à l’univers de Bayonetta, l’expérience ne peut qu’emballer et les amateurs du genre se délecteront devant cette chorégraphie sanglante ! On lui reprochera quelques fausses notes, telle que la zoomorphie complètement dispensable ou la gestion de la caméra perfectible et moins excusable en 2014 qu’en 2009, mais l’aventure n’en reste pas moins intense et jouissive ! Juste un peu courte. Un Beat’em all de qualité, hissant avec brio les projecteurs sur la sorcière de l’Umbra, depuis gratifiée d’un 3e opus canon et d’une aventure annexe sur Nintendo Switch. Un rattrapage à parfaire dont je me languis par avance ! Rendez-vous l’année prochaine, à minima…
Franz26 a dit (30 Septembre 2024 à 07:36)
Après un remaster sur PSP en 2011, affublé du titre « Let Us Cling Together », la légende du Tactical-RPG s’offre une nouvelle jeunesse sur Nintendo Switch ! Enfin traduit en Français, mieux vaut tard que jamais, voici l’occasion de découvrir un titre mythique ayant très largement inspiré l’anthologique Final Fantasy Tactics. Une version « Reborn » officiant comme porte d’entrée idéale afin de mieux appréhender l’histoire du genre.
Car oui, lorsque l’on parle de T-RPG, la saga de Quest revient souvent citée en référence. Débarquant sur une Super Nes en fin de vie puis porté sans attendre sur Playstation, Tactics Ogre a ainsi amplement contribué à la démocratisation du genre sur console. Mais je ne vais pas vous infliger un historique de la franchise, d’autant qu’elle m’est assez méconnue. Concentrons-nous donc sur le conflit qui oppose les différentes nations peuplant les îles de Valeria, théâtre de disputes incessantes pour la domination des rivages et du commerce naval. Un synopsis mature à base de complots et de vengeance, avec son lot de rebondissements et de scènes poignantes. La richesse du background et le nombre conséquent de fils narratifs complexifient vite l’histoire, et il faut un peu de temps pour se familiariser avec le contexte et les protagonistes. S'ensuit néanmoins une épopée passionnante et imprévisible.
En tant que pilier fondateur du genre et malgré un petit dépoussiérage pour l’occasion, on ne s’attardera pas outre mesure sur le gameplay du titre : fondamentalement traditionnel. Les batailles se déroulent sur des arènes fermées et quadrillées, où votre troupe se démène au tour par tour pour sortir victorieuse et, si possible, sans casse. En effet, bien que moins punitif qu’un Fire Emblem par exemple, il faut veiller à la santé de vos hommes qui, une fois au tapis et passé 3 tours, rendent définitivement l’âme. A vous de respecter les fondements de la stratégie en composant une escouade équilibrée en fonction des nombreuses classes disponibles. Chevalier, magicien, prêtre, ninja, lancier, etc… tout le gratin de l’Heroic Fantasy sera de la partie ! Les métiers sont accessibles au fur et à mesure de la progression et, en échange d’un « titre », n’importe qu’elle unité peut être promue. Les classes déterminent donc les attributs du combattant, son type d’équipement et de coups spéciaux. De plus, chaque personnage bénéficie de quatre emplacements d’objets, de parchemins et de capacités, nécessitant dès lors une micro-gestion bien personnalisée. D’autant que d’autres paramètres sont à prendre ne compte : système de faiblesses élémentaires, initiative en fonction du poids de l’équipement, etc… J’en passe, et ajoutez une intendance de l’inventaire minutieuse, avec notamment la présence de magasins et de forgerons, afin d’obtenir un système dense, pertinent et ultra complet ! Dommage que l’interface des menus, assez austère et vite surchargée en informations, n’ai pas été revue en profondeur.
On appréciera les différents zooms de caméra disponibles dans ce remaster, parade bienvenue contre les angles-morts, et la possibilité d’accélérer la vitesse de jeu pour rendre le temps d’action ennemi plus digeste. L’ajout d’une « roue de la fortune », permettant de revenir en arrière à sa guise, lisse une difficulté plutôt corsée. En effet, les ennemis ne vous feront pas de cadeaux et la configuration des arènes n’est que trop rarement votre avantage. Malgré des objectifs récurrents, limités le plus souvent à occire le chef de l’escadron ennemi, les batailles se révèlent passionnantes.
Tactics Ogre : Reborn vous tiendras ainsi en haleine des dizaines d’heures. Non seulement le périple s’avère long et difficile (avec un boss de fin totalement insane, préparez les serviettes hygiéniques : vous allez saigner du cul !), mais en sus la « replay value » est réelle compte-tenu des différents embranchements qui s’offrent à vous. Certaines décisions majeures orientent drastiquement la direction de votre quête et la suite des évènements. Un principe non sans rappeler le récent Triangle Strategy. De nombreuses zones facultatives enrichissent également le contenu et assurent tout un panel de personnages optionnels à recruter. De quoi combler les plus exigeants d’entre vous !
Ce remaster en profite bien évidemment pour revoir les textures du jeu et lisser l’ensemble, dans un rendu HD du plus bel effet mais néanmoins assez proche de la version PSP. Décors et sprites conservent leur charme old-school, pour un rendu impeccable en mode nomade. Une configuration à privilégier plutôt que projeter le tout sur l’écran plat. Des effets chiadés et de rarissimes cinématiques parachèvent cette refonte visuelle de qualité, respectueuse du matériau d’origine. Mention spéciale aux travaux des designers, Akihiko Yoshida en tête, mis en valeur par de magnifiques artworks ponctuant dialogues et menus.
La bande son a elle aussi bénéficié d’une réinterprétation moderne, entièrement réorchestrée pour l’occasion. Si la qualité des thèmes d’origines bonifiait déjà grandement l’expérience de jeu, on frôle désormais l’excellence ! Un récital maitrisé et diversifié revu par maître Sakimoto, dont l’écoute peut se prolonger via un lecteur audio intégré dans les options. Enfin, les dialogues bénéficient désormais d’un doublage japonais soigné, histoire de parachever ce constat auditif grandiose.
Tactics Ogre : Reborn nous plonge avec maestria dans une épopée sombre à l’issue incertaine, qui brille par son écriture et la richesse de ses protagonistes. Une fresque épique rondement menée, affublée de sa plus belle robe et modernisée pour l’occasion. Un Tactical-RPG d’exception qui mérite toute votre attention, même si son exigence et son extrême classicisme peuvent aussi jouer en sa défaveur. A recommander aux fans du genre avant tout.
Franz26 a dit (28 Septembre 2024 à 08:07)
Développé par Capcom avec Shu Takumi à la baguette, le papa des Phoenix Wright, Ghost Trick : détective fantôme se présente comme un jeu de réflexion novateur. Empruntant aux Point’n Click traditionnels, il se démarque par un postulat de base peu commun : la mort.
L’aventure débute donc par votre assassinat. Dans la peau d’un fantôme amnésique et en quête d’identité, il va falloir user d’étranges pouvoirs pour démêler une intrigue haletante. Car notre énigmatique héros se découvre la capacité de remonter le temps 4 minutes avant le décès d’une personne, excepté lui-même, et va mettre à profit cette faculté d’entrée de jeu. Tout le concept consiste à revenir dans le passé pour sauver tel ou tel protagoniste d’un meurtre atroce, et ainsi remodeler les évènements ubuesques qui vont se dérouler durant la nuit. De révélations en rebondissements les morceaux du puzzle se recoupent petit à petit jusqu’au dénouement final, formant un synopsis passionnant ! La richesse du casting, la qualité de l’écriture et le sens de la mise en scène n’étant pas étrangers à ce constat.
Sissel, notre fantôme au corps physique récemment refroidi, peut se déplacer d’objets en objets sur une distance limitée. Il faut donc sans cesse interagir avec le décor et tenter différentes combinaisons d’actions, souvent dans un ordre logique, pour arriver à ses fins et changer les événements du monde des vivants. Bien évidement vos tentatives échoueront plus d’une fois : pas de panique, vous pouvez remonter le temps à loisir pour tenter de résoudre la problématique d’une autre manière. Logique et observation sont ainsi nécessaires pour mener à bien cette enquête nocturne, et si quelques énigmes se révèlent un peu tordues, l’ensemble reste très accessible.
Toutes les actions se réalisent avec le stylet de la Nintendo DS, accessoire qui sied parfaitement à ce type de gameplay. Chaque lieu exploite avec brio les mécaniques de jeu, et si ces dernières semblent limitées aux premiers abords, elles conservent pourtant leur intérêt tout au long de la douzaine d’heures nécessaire à la conclusion de l’intrigue.
Visuellement, Ghost Trick : Détective Fantôme charme nos rétines avec des décors fixes fins et colorés, emplis de détails. Outre un character design atypique bourré d’humour, les nombreux protagonistes bénéficient d’une animation impeccable et d’artworks soignés. Sans transition, la bande son mérite aussi nos félicitations et accompagne brillement l’aventure avec des thèmes d’ambiance peu ambitieux mais néanmoins agréables.
Vous l'avez compris, Capcom nous livre ici un excellent jeu de réflexion ! Bien qu’assez hermétique au genre, j’ai adhéré à cette proposition ludique surprenante et me suis retrouvé happé en plein cœur d’une histoire captivante. Une expérience rafraichissante, condensée sur quelques heures de jeu bien remplies. Je recommande.
Franz26 a dit (23 Août 2024 à 07:35)
Jeu ain-D développé par Maddy Thomson, Céleste bénéfice d’une visibilité accrue sur cette scène hyper concurrentielle grâce au précédent succès de son auteur : Towerfall Ascension. Depuis, une petite équipe s’est formée et a donné naissance au studio « Extremely OK Game ». Mais c’est bien au monsieur que l’on doit le plus gros du travail réalisé. Un tour de force spectaculaire, pour l’un des meilleurs plateformers de ces dernières années ! Prenez vos crampons et suivez-moi dans cette ascension vertigineuse du mont Céleste.
Après une introduction minimaliste nous présentant brièvement la quête spirituelle de la petite Madeline, on rentre directement dans le vif du sujet. Plateformer pur et dur mêlant habilement réflexes, sens du timing et réflexion, il ne faut que quelques minutes pour comprendre les mécaniques principales du gameplay… et le dur labeur qui nous attends ! Si la prise en main est immédiate, basée sur une palette d’actions volontairement épurée : saut, dash et escalade, les premiers revers sont tout aussi précoces. « Die & retry » dans sa forme la plus traditionnelle, Céleste place l’apprentissage par l’échec au cœur de son gameplay. La mort fait donc partie intégrante du jeu, et les tableaux s’enchaînent plus ou moins difficilement en fonction de votre dextérité et sens de l’observation. Heureusement, aucun temps de chargement ne se mettra en travers de votre périple et Madeline répond au doigt et à l’œil, conditions indispensables pour progresser vers le sommet. Et si achever l’ascension se révèle assez abordable, collecter les fraises bonus s’avère une toute autre histoire ! Souvent bien cachées, leur cueillette impose souvent des contraintes supplémentaires parfois écœurantes ! Un pan du jeu optionnel mais très gratifiant. Et je ne vous parle même pas des « face B » faisant passer la première traversée du niveau pour une randonnée champêtre, ni du dernier chapitre optionnel où le degré d’exigence atteint son paroxysme. De quoi refroidir les plus fervents amateurs de challenge, et établir une durée extrêmement variable selon votre investissement.
Dit comme ça et malgré une jouabilité millimétrée, même si le stick de la Switch en mode « nomade » génère quelques imprécisions rageantes, rien ne distingue pour l’instant Céleste des autres plateformers qualis du medium. C’est pourtant bien dans ses idées de level et de game design que le titre de Maddy Thomson va se démarquer. Le jeu se découpe en niveaux, chacun composés d’une multitude de petits tableaux entremêlés à la manière d’un Metroid. Outre une thématique visuelle forte, ils introduisent à chaque fois quelques éléments de gameplay spécifiques afin de renouveler adroitement l’expérience. Le joueur doit donc composer avec des mécaniques nouvelles venant sans cesse complexifier son cheminement. Pourtant, les défis insurmontables aux premiers abords s’appréhendent à terme comme de simples formalités : preuve d’une courbe de progression et d’apprentissage très bien maitrisée.
En terme de réalisation on retrouve un pixel-art épuré dans la lignée d’un Towerfall. Passé le cachet visuel et nostalgique, cette simplicité permet aussi de ne pas surcharger les écrans et d’apprécier au mieux les obstacles. La variété des décors se matérialise à travers une palette de couleur propre à chaque chapitre, et on saluera également les magnifiques artworks ponctuant les rares dialogues et cinématiques. En résulte une ambiance mélancolique et mystérieuse, soutenue par une bande son parfaitement réussie. Des thèmes variés, adaptés à la situation et à l’état d’esprit de notre héroïne. Ils accompagnent avec brio le voyage, même si la difficulté de ce dernier aura souvent tendance à les éclipser.
Modèle de level et de game design, doté d’une prise en main grisante, Céleste emmène le genre du plateformer 2D à très haute altitude ! Une ascension démesurée, maitrisée mais éreintante, complètement addictive. Vos pouces vont souffrir, oui, mais l’accomplissement vaut bien quelques ampoules ! Habillé d’une esthétique rétro agréable, son ambiance atypique et son intrigante histoire - sujette à interprétation - ne vous laisseront pas indifférent. A condition d’accepter cette proposition ludique hardcore. Soyez prévenu.