Franz26 a dit (24 Juillet 2022 à 07:43)
Dragon Quest… un nom chargé d’histoire qui parlera à tous les connaisseurs de jeux vidéo, amateurs ou non de J-RPG. Précurseur et porte étendard du genre aux côtés des Final Fantasy, la saga s’avère pourtant bien moins prisée sur le vieux continent. Car à l’époque où les chefs d’œuvres de Square inondent enfin le marché Européen, ce fameux Draque VII snobe allégrement notre beau pays. Un coup de poignard en plein cœur pour tous les fans du genre, devant attendre le 8e opus afin de découvrir enfin la franchise sur Playstation 2. Une belle revanche donc que ce portage 3DS, intégralement traduit dans la langue de Molière s’il vous plait !
En son temps, le titre phare d’Enix connu un développement houleux. Maintes fois repoussé, il voit le jour en fin de vie de la console et accuse un retard technique évident, souffrant clairement de la comparaison avec la concurrence qui se modernise. Dragon Quest VII a donc tout du J-RPG old school par excellence, auréolé d’une obsolescence charmante. D’autant que la version 3DS apporte son lot d’améliorations, à commencer par un lifting graphique efficace exhibant une 3D chatoyante et affinée. On appréciera notamment les animations et la vue de dos lors des combats, venant trancher avec l’historique vision subjective de la franchise qui sévissait à l’époque. Le plus gros du travail ayant été réalisé sur les sprites des personnages et ennemis, délaissant les vieux pixels 2D pour une modélisation 3D exemplaire. Malgré un framerate à la ramasse, l’ensemble n’en reste pas moins très convaincant pour de la 3DS.
Combats au tour par tour, menus traditionnels, montée en expérience et système de « jobs », les mécaniques de jeu parleront à tous. Un gameplay classique et sans fioritures, prenant son temps avant de dévoiler sa richesse puisque l’Abbaye des vocations, lieu saint où vos personnages peuvent changer de classe, ne devient accessible qu’après vingt heures de jeu environ. Une bagatelle me direz-vous, car Dragon Quest VII se dote d’une durée de vie à toute épreuve ! Comptez au bas mot 70 heures avant d’en voir le bout, tout en gardant à l’esprit que la difficulté de cette version portable a été revue à la baisse. J’avoue avoir à plusieurs reprises consulté une solution afin de m’affranchir de la non linéarité du titre, qui ne distille pas toujours d’indices quant à la marche à suivre. Les plus motivés vagabonderont souvent à la recherche du PNJ ou de l’item clé, tout en subissant l’infernale fréquence des combats aléatoires. Heureusement, cette version 3DS se veut plus digeste et représente enfin les ennemis à l’écran, pour mieux les éviter ! A noter la présence de donjons annexes et fonctionnalités en ligne dispensables afin d’enrichir un contenu dantesque.
Comme à l’accoutumé, ce Dragon Quest nous happe avec simplicité au sein d’un univers Heroic-Fantasy naïf, empreint de la patte artistique de Maître Toriyama. C’est dans ce monde magique que prend place les aventures de notre petite bande, de prime isolée sur la seule île du globe. Du moins en apparence, car très vite notre troupe va découvrir un sanctuaire mystérieux permettant, en reconstituant des tablettes magiques brisées, de voyager vers le passé à la recherche de nouvelles terres. A chaque peuple un problème à résoudre, et un futur à assurer. Une fois la tâche accomplie, l’ile apparaît dans le présent et ne demande qu’une seconde exploration. Je schématise, mais vous avez compris l’idée. Ainsi, une large partie de l’aventure consiste à rechercher des morceaux de tablettes afin de voyager dans le temps et résoudre moult problématiques locales. Petit à petit des liens se forment, le monde présent reprend vie… au même titre que le machiavélique Roi démon ! Un déroulé original bien exploité, au profit d’un scénario ma foi fort intéressant malgré un rythme bancal et une mise en scène sommaire. D’un point de vue musical, Kôichi Sugiyama nous propose des compositions de qualité mais finalement peu marquantes, thème principal de la saga mis à part. Un ensemble cohérent et dense, manquant toutefois d'envergure.
C’est un petit chapitre à l’ordre de mes frustrations vidéoludiques personnelles que je boucle aujourd’hui. Dragon Quest VII, où l’arlésienne éternelle, galette Playstation US sous blister protégée de la poussière dans une vitrine de collection. A croire qu’elle y restera encore un bon bout de temps, mais désormais son épopée ne me sera plus inconnue. Se plonger dans Draque VII aujourd’hui par l’intermédiaire de cette version 3DS, c’est l’assurance de retrouver un J-RPG old school de qualité, généreux en contenu et fidèle aux codes de la série. Pénalisé par des carences de rythme dans sa progression et quelques rigidités inhérentes à son âge, le jeu s’appuie sur un univers plaisant, un gameplay efficace et un scénario travaillé pour tenir en haleine les joueurs avertis. Et si à l’image de sa thématique sur les vestiges du temps le titre culte d’Enix accuse bien le poids des ans, il n’en reste pas moins un joyau brut aussi imparfait qu’inoxydable.
Franz26 a dit (20 Juillet 2022 à 07:44)
Un nouveau Ratchet & Clank afin de promouvoir le lancement de la Playstation 5, ça ne se refuse pas ! Au programme : un opus inspiré et maitrisé de bout en bout, concentré de plaisir de jeu et vitrine technique Next Gen. Paré pour une épopée passionnante au cœur d’une galaxie en péril ?
Le dernier né d’Insomniac Games démontre fièrement les capacités de la Playstation 5 en s’appuyant sur une réalisation aux petits oignons. Outre une 3D magnifique venant matérialiser un monde fourmillant de détails et animé à la perfection, on relèvera aussi des temps de chargement quasi inexistants. Constat visuel probant parachevé par une direction artistique exceptionnelle riche en couleur. Car l’univers de Ratchet & Clank n’a jamais été aussi agréable à parcourir, débordant de vie, d’humour, d’originalité et d’ingéniosité ! S’ensuit une immersion incroyable, dépaysante, et soutenue par un gameplay parfaitement calibré.
A ce niveau, pas de quoi perturber l’habitué de la saga, et notamment ceux ayant déjà touché au reboot de 2016. Action-Plateformer 3D classique, vous incarnez Ratchet et… Clank ! - dit j’te jure - dans une nouvelle aventure, ou plutôt mésaventure ! En effet, concours de circonstance oblige, alors que les rangers Galactiques coulent des jours (trop) paisibles, un « dimensionateur » défectueux projette nos amis dans une autre dimension, fusionnant ainsi plusieurs mondes désormais soumis à des failles temporelles instables. En gros : c’est le bordel ! Mais en terme d’intérêt ludique, quel pied ! D’une ville futuriste à une jungle préhistorique, en passant par une zone désertique ou un champ d’astéroïdes, le voyage sera inoubliable et d’une fluidité déconcertante. Sans transition, la bande son complète l’expérience avec des musiques efficaces, un doublage VO parfait et des effets sonores irrésistibles.
Dans les faits la recette n’a pas beaucoup changé : on retrouve ainsi une grosse dose d’action, de plates-formes, d’exploration et de réflexion au cœur d’un gameplay très complet. Les gunfights, si on peut les appeler ainsi, garantissent toujours le spectacle par le biais d’un arsenal aussi loufoque que dévastateur qu’on prendra malin plaisir à upgrader via des arbres de compétences. Une montée en puissance nécessaire afin d’occire sans transpirer les hordes de vilains, mécaniques ou biologiques, en présence. Ce cocktail parfaitement équilibré assure une variété de situations impressionnante, au profit d’un gameplay accessible frisant l’excellence.
Si l’on ne reviendra pas sur le contenu scénaristique de ce Rift Apart, complètement anecdotique, l’arrivée de nouveaux protagonistes apporte un petit vent de fraicheur appréciable. La fougueuse Rivet et la timide Kit, respectivement alter-ego dimensionnels du Lombax et de notre petit robot, se partagent ainsi la vedette afin de déjouer à nouveau les plan d’un Dr Nefarious plus machiavélique que jamais. Un périple jouissif malheureusement bouclé un peu vite, puisqu’une quinzaine d’heures suffisent à faire le tour du jeu, collectibles optionnels inclus.
Embrassant de plein fouet son héritage, Rift Apart excelle dans tous les domaines et s’impose sans doute comme le meilleur opus de la franchise ! Ces nouvelles aventures de Ratchet & cie, véritable condensé de fun au service du joueur, assurent un divertissement visuel et ludique de haute voltige. Référence indiscutable en matière de d’Action-Plateformer sur Playstation 5. Chapeau-melon.
Franz26 a dit (31 Mai 2022 à 07:42)
En admirant les premiers visuels du titre, exposant une flore verdoyante emplie d’oiseaux qui gazouillent, on comprend d’emblée que Kena : Bridge of Spirits va séduire les amoureux de la nature et de fables mystiques. Ode féérique au message écologique évident, le titre d’Ember Lab n’en oublie pas d’être un jeu vidéo avant tout. Et quel jeu mes amis !
Avant d’aborder le fond du sujet, concentrons-nous sur la forme. Kena : Bridge of Spirits exhibe une esthétique somptueuse étayée par une direction artistique tout aussi exceptionnelle. Grâce à une 3D propre fourmillant de détails, de magnifiques environnements colorés prennent vie et offrent quelques panoramas grandioses. Un véritable enchantement visuel, bijou d’animation digne d’un Pixar des grands jours. En terme d’atmosphère on se rapproche davantage d’un Ghibli et de certaines œuvres de Miyazaki, Princesse Mononoke en tête. En effet, impossible de ne pas faire le parallèle avec le chef d’œuvre du Japonais : nature en proie à la corruption, divinités et énergie naturelle au cœur de l’intrigue, etc… D’ailleurs les « Rots », petits ectoplasmes à collectionner et liés à vos pouvoirs, renvoient clairement aux esprits de la forêt de Princesse Mononoke. Ils accompagneront Kena durant toute l’aventure, se matérialisant et s’amassant à vos côtés en temps réel.
Les premiers pas dans l’univers de Kena : Bridge of Spirits laissaient pourtant craindre un trop plein de classicisme. Notre jeune fille, guide spirituel de son état, cherche à restaurer l’équilibre de la forêt afin de sauver les esprits tourmentés du village, corrompus par un mal mystérieux. Dans les faits, nous voici en présence d’un action-aventure traditionnel axé sur l’exploration, avec son lot de collectibles, saupoudré d’une pincée d’énigmes et de plates-formes. L’aventure commence donc tranquillement, en posant les bases d’un gameplay assez simpliste aux premiers abords. Mais la donne change rapidement, et très vite Kena va développer de nouveaux pouvoirs qui renforceront grandement l’aspect ludique du titre. Passée quelques heures de jeu l’alchimie prend forme, soutenue par une sensation d’exploration grisante. Car la découverte d’une nouvelle zone se révèle toujours passionnante, et le monde de Kena forme un ensemble cohérent laissant une grande liberté au joueur. Un modèle de level design, si bien que l’on s’écarte naturellement de la trame principale afin de fouiller les moindres recoins des environs. Recherche largement facilitée par la présence de téléporteurs.
Equipé de son bâton magique, Kena distribue les mandales tel un maitre d’armes mais peut aussi compter sur de mystérieux pouvoirs : arc, champ de force protecteur, coups spéciaux, etc…, c’est un arbre de compétences limité mais bien équilibré qu’il faudra apprivoiser... car des boss redoutables se dresseront sur votre route ! Ils nécessitent souvent plusieurs essais et une maitrise parfaite de votre avatar avant de mordre la poussière. Esquive et sens du timing se révèlent donc essentiels, d’autant qu’une caméra virevoltante et un système de lock foireux viennent ternir un gameplay sinon très plaisant.
Nanti de mécaniques de jeu efficaces, Kena : Bridge of Spirits ne laisse rien au hasard. La musique parachève la crédibilité du voyage, en proposant des thèmes somptueux accompagnés d’un sound design travaillé. En résulte une ambiance sonore d’orfèvre, fortifiant cette sensation d’onirisme et d’acte fusionnel avec la nature (Nb Gon : non mon cher, sodomiser des écureuils sauvages ce n’est pas la même chose…).
Quinze à vingt heures de jeu sont nécessaires afin de résoudre l’intégralité des mystères de Kena : Bridge of Spirits. Un constat frustrant tant le titre nous immerge avec dévotion dans son monde enchanteur ! C’est ainsi que, happé par l’écran, nous voici suspendu hors du temps dans un état de transe onirique où s’entremêle émerveillement naïf et mélancolie positive. Pardonnez-moi cette flagellation philo-poétique à deux balles, mais vous avez compris l’idée générale : si Kena : Bridge of Spirits n’a rien d’une révolution, il apporte un vent de fraicheur exquis et s’impose comme un petit chef d’œuvre du genre.
Franz26 a dit (17 Mai 2022 à 23:10)
A peine un an après la refonte du second opus, Capcom persévère et Resident Evil 3 fait à son tour peau neuve sur Playstation 4. Devant les similitudes entre les deux volets je ne m’éterniserai pas, et vous renvoie sans gêne à ma review de Resident Evil 2 remake réalisée l’année dernière :
https://www.seriebox.com/jeux-video/resident-evil-2-2019__ps4.html
Mais une nouvelle virée en enfer dans les rues de Raccoon City hantées par un Némésis au sommet de sa forme, ça ne se refuse pas !
Sans surprise, cet opus s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur et les premiers pas en compagnie de la belle Jill Valentine ne déboussoleront pas les habitués. En particulier si vous avez déjà replongé dans les affres de Raccoon City avec le remake de Resident Evil 2, puisque le célèbre commissariat de la ville se veut ici partiellement réutilisé. Un air de déjà-vu au rabais récurrent, car le level design de ce troisième volet n’égal pas celui de ses ainés et ne renouvèle guère son terrain de jeu. Si l’exploration se veut toujours aussi plaisante et efficace, aucun lieu ne rivalise avec la sublime architecture du manoir Spencer ou le génie des dédales du commissariat. Sans parler de la fidélité au matériau brut, remise en question avec tout un pan de jeu, le Beffroi, absent ! Conséquence immédiate : une durée de vie aussi faiblarde qu’à l’époque, en deçà de la dizaine d’heures pour la trame principale. Et ce n'est pas la présence anecdotique de Resident Evil : Resistance qui relèvera le niveau. Passons sur le scénario de série Z sans grand intérêt, nanar assumé qui tient la route, notamment grâce à une mise en scène bien fichue mais dont la prévisibilité prête à sourire.
Encore une fois Capcom s’efforce de moderniser la recette sans dénaturer l’esprit de la saga, en adaptant les mécaniques d’antan aux normes actuelles. Si les premiers épisodes misaient sur le sentiment d’insécurité avec des protagonistes sous-équipés privilégiant lâchement la fuite, cette fois l’accent est clairement mis sur l’action pure ! Les munitions en abondance permettent ainsi de défoncer sereinement toutes les horreurs en présence, même si la gestion de votre inventaire nécessite toujours un peu de bon sens. Mais la véritable S.T.A.R de cet opus reste le fameux Némésis qui, à l’instar du Tyran ou de Mister X, n’aura de cesse de vous poursuivre durant toute l’aventure. L’indestructible entité horrifique a bénéficié d’un sacré lifting et se révèle plus belliqueuse que jamais !
D’un point de vue technique rien de nouveau à signaler, le moteur de Resident Evil 2 (PS4) fait des merveilles et retranscrit parfaitement l’apocalypse de Raccoon City. Pour autant, de part une action omniprésente et une inspiration moindre en terme d’environnements, l’atmosphère ne prends pas aux tripes comme à l’accoutumé. Et si l’ambiance sonore joue très bien son rôle, on regrettera un fond davantage axé sur la tension et les « jump scares », peinant à encrer un réel sentiment d’angoisse dans le cœur du joueur.
Difficile de passer après le travail titanesque réalisé sur le second opus, et Resident Evil 3 souffre de la comparaison avec son prédécesseur, plus complet à tous les niveaux. D’autant que les développeurs, en manque d’inspiration et osant quelques partis pris contestables, semblent avoir vite expédié l’affaire ! Mais trêve de négativité : portée par une réalisation généreuse et un gameplay respectueux des mécaniques historiques, désormais digestes, l’expérience globale vaut largement le détour. Capcom nous livre ainsi un remake discutable mais un excellent survival-horror. On s’en contentera.
Franz26 a dit (08 Mai 2022 à 08:49)
Développé par PlatinumGames, à qui l’on doit entre autres les fameux Bayonetta, Astral Chain se présente comme un jeu d’action nerveux et déjanté typiquement Japonais. Exclusivité Switch accompagnant les premiers pas de la console, voyons voir ce que le dernier né du studio nous réserve.
Astral Chain nous place dans la peau d’une jeune recrue des forces d’élites locales, dont la mission principale consiste à maintenir l’ordre et à lutter contre des entités dimensionnelles monstrueuses menaçant sérieusement l’humanité. Les hommes se sont retranchés dans une immense arche concentrant les derniers vestiges de civilisation, et espèrent ainsi échapper à la corruption et à l’extinction. A cet effet, les chercheurs ont mis au point un procédé peu banal : apprivoiser (ou plutôt enchainer) les chimères, baptisées Légions, et les retourner contre leurs congénères. Notre héros se découvre alors une affinité particulière avec la créature, et va multiplier les missions de sauvetage tout en enquêtant sur les dessous de cette situation critique. Malgré un casting plutôt convenu l’intrigue bénéficie d’un background travaillé et d’un univers futuriste crédible. L’ambiance apocalyptique, la tension permanente, les révélations scénaristiques et bien évidemment la bande son lient le tout avec brio, et assurent une excellente immersion. Les musiques se révèlent d'ailleurs très réussies : plutôt orientées "Electro", elles savent aussi sublimer le drame ou soutenir certaines scènes à coups de grands chœurs épiques lorsque la situation s'y prête.
Loin d’être une vitrine technologique, Astral Chain ne brille pas par sa réalisation datée et n’a guère l’occasion de se mettre en valeur. Environnements urbains grisâtres et zones dimensionnelles aussi épurées que psychédéliques représentent en effet l’essentiel du terrain de jeu. Le titre se rattrape via une animation exemplaire, un déluge d’effets visuels et une direction artistique réussie, mais n’émoustillera pas vos mirettes. Aux bons souvenirs de la génération PS360…
Dans les grandes lignes, le gameplay repose sur la complicité formée par le joueur et sa Légion enchainée au bras. En résulte une coexistence complexe qui va nécessiter un minimum dextérité. Car si votre Légion se comporte de façon autonome, c’est à vous de lui donner les consignes adéquates, d’exploiter ses coups spéciaux, de surveiller sa jauge de vie et de synchroniser vos attaques afin d’en maximiser l’efficacité. Vous devrez ainsi apprendre à jongler en temps réel entre cinq entités distinctes, tout en maîtrisant le polymorphisme de votre matraque X. Cette dernière peut, au choix, prendre la forme d’une arme de jet, d’une lame polyvalente ou encore d’une épée lourde mais peu maniable. S’ajoute un système d’esquive pour parachever un gameplay dynamique et jouissif, occasionnant des joutes aussi stylées que techniques. Un constat élogieux bonifié par un bestiaire de qualité et une multitude de boss bien vénères !
Mais définir Astral Chain comme un simple Beat’em all aux combats frénétiques ne serait pas lui faire honneur, car le titre de PlatinumGames comporte un aspect plus posé, centré sur la gestion et l’exploration. Commençons par présenter le QG de Neuron, détour indispensable entre deux missions. Outre dialoguer avec vos coéquipiers, en apprendre davantage sur le lore et déverrouiller quelques missions annexes, votre base opérationnelle se révèle surtout utile pour upgrader la matraque X et bichonner les légions, chacune dotée d'un arbre de compétences.
Conformément à ses fonctions, notre justicier ne fait pas que péter des dents et élargi son quotidien en s’improvisant détective de terrain. Il conviendra alors de dialoguer avec un maximum de PNJs afin de récolter des informations utiles pour le déroulement de l’intrigue et les regrouper judicieusement. Sans oublier de résoudre par la même occasion un maximum de quêtes secondaires, car votre degré d’implication sera pris en compte dans le scoring final de mission qui définit l’expérience, l’argent et les bonus alloués. Astral Chain, bien que très linéaire, insiste aussi sur l’exploration en récompensant le joueur avec une myriade de petits secrets (souvent révélés grâce à la compétence d’une Légion), et nous pousse à purger les amas de matière rouge, source de corruption. Enfin, on notera la présence d'énigmes passagères, ainsi que des phases de plates-formes et d’infiltration : un cocktail sympathique mais brouillon, insuffisant pour éviter une certaine forme de répétitivité.
Exploitant intelligemment des idées de game design audacieuses, Astral Chain sent pourtant bon le Beat’em all d’antan et renvoie à des titres mythiques tels que Devil May Cry ou Bayonetta, le côté Mecha en plus. Bourré d’imperfections mais généreux en terme de contenu, le soft de PlatinumGames n’a pas à rougir de sa proposition ludique. A n’en pas douter un excellent jeu, qui devrait combler les amateurs du genre et attirer les curieux.
Franz26 a dit (21 Avril 2022 à 07:59)
Longtemps affublé du nom de code « Project Strategy », le dernier né des papas d’Octopath Traveler aborde une esthétique léchée atypique dans la continuité de leur précédent titre. Changement de registre néanmoins, puisque l’on nous promet un Tactical-RPG révolutionnaire où les choix du joueur vont réellement influencer le déroulement de l’histoire. Promu par ce concept ambitieux, voyons voir si Triangle Strategy s’impose comme un digne héritier des Tactics Ogre et autres Final Fantasy Tactics.
En effet, difficile de ne pas penser aux grands noms du genre lorsque l’on pose les yeux sur Triangle Strategy. Usant de la fibre nostalgique via une réalisation en pixel art d’outre-tombe mais suffisamment moderne, le titre dégage un vrai cachet visuel. Un style old school qui réserve néanmoins quelques tableaux enchanteurs ponctués de superbes effets de lumière, malgré certains décors d’intérieurs très austères. Les nombreux artworks rendent hommage à l’excellent character design de Naoki Ikushima, confortant ainsi cette patine esthétique attrayante et soutenue par une direction artistique de grande qualité. S’ensuit une atmosphère Heroic-Fantasy classique mais totalement immersive, dotant l’univers de Triangle Strategy de contours solides faisant échos à une trame scénaristique bluffante.
Théâtre de guerres incessantes depuis l’aube de l’humanité, le continent de Norzélia profite d’une paix timide et d’un équilibre bancal partagé entre trois grandes nations. Au nord : Aesfrost, terres arides administrées par le cruel intendant Gustadolv, prônant la méritocratie tout en exploitant les abondants filons de fer enfouis sous les montagnes enneigées. A l’est : Hyzante, nation enrichie par le commerce du sel, denrée prisée à l’origine d’un véritable culte religieux. Et au milieu dans un rôle de médiateur : Glenbrook, vastes plaines fertiles sous les ordres de sa majesté Regna. Alors que ces pays rivaux finalisent l’inauguration d’une mine commune, symbole d’apaisement malgré une tension palpable, les festivités dérapent et ravivent les rancœurs. C’est dans la peau de Serenor Wolfort, futur chef de la maison Wolfort et noble influant au service des Glenbrook, que vous allez subir les évènements et tenter de dénouer ce conflit aux enjeux multiples. Derrière ces bribes scénaristiques se cache un synopsis incroyable, riche et mature, condensé des maux affectants l’humanité : complots, trahisons, manipulations, ambitions malsaines, etc… les bonnes vieilles valeurs morales chères à l’humanité !
Mais outre la profondeur des thèmes abordés, la qualité de la narration et le charisme des acteurs, le scénario de Triangle Strategy prend avant tout une ampleur démesurée grâce au libre arbitre laissé au joueur. Intervient alors un système de votes où vous devrez influencer l’opinion de vos hommes afin d’orienter la trame dans la direction souhaitée. S’ensuit des choix cornéliens et des embranchements multiples ayant de vraies conséquences sur le déroulement du jeu : lieux visités, dialogues, combats et dénouement final vont en effet différer en fonction de vos actes ! En résulte évidemment une durée de vie conséquence, puisqu’à minima un deuxième run en NG+ permettra de déverrouiller la bonne fin du jeu (moyennant soluce…) et quelques chapitres supplémentaires.
D’un point de vue gameplay, Triangle Strategy ne fait pas preuve de la même ambition et se contente d’exploiter avec les brio les mécaniques du genre agrémentées de petites nouveautés. On se retrouve donc devant un T-RPG dans la pure lignée d’un Final Fantasy Tactics, où l’on déplace avec minutie sa petite armée dans une arène quadrillée régie par les aléas du terrain. Archers, soigneurs, magiciens, assassins, lanciers, etc… tout le gratin du genre (et plus encore !) fait acte de présence. L’absence d’un système de job ne rend pas pour autant la personnalisation caduque, puisque chaque personnage dispose d’une classe précise et de capacités propres le rendant unique. Ce sont donc vos affinités avec les héros qui vont forger l’identité de votre troupe d’élite, ainsi que les besoins du moment. Certaines arènes favorisant le déploiement de combattants plutôt que d’autres, il faudra souvent composer avec le level design avant de démarrer une escarmouche. A ce propos les zones de combats et les objectifs de missions ne déstabiliseront pas les puristes : une prise de risque minimale au profit d’un ensemble parfaitement équilibré.
En sus du gain d’expérience traditionnel, la montée en puissance s’effectue par l’intermédiaire du forgeron qui, moyennant matériaux et gros sous, upgradera les unités en leur octroyant bonus statiques et nouveaux pouvoirs. L’intendance de votre armée passe donc par le campement, où squatte également marchands et autres utilitaires (dont une tavernière proposant des combats d’entrainement). Si l’ensemble manque un peu d’audace, on saluera un confort de jeu optimal tant dans l’accessibilité générale que l’interface visuelle. Mentionnons enfin les capacités de soutien sur le champ de bataille, permettant de vous tirer de situations désespérées via des interactions cheatées mais à usage limité.
Malgré un gameplay complet et addictif, Triangle Strategy mise donc essentiellement sur la richesse de son synopsis pour accrocher le joueur. Inévitablement bavard et manquant parfois de rythme, il n’échappe pas à la linéarité propre au genre. Un aspect dirigiste conforté jusque dans le recrutement des alliés, automatique une fois le seuil requis de loyauté, pragmatisme et liberté atteint. Non, il ne s’agit pas d'un obscur programme présidentiel mais des valeurs de la balance du jugement, qui progresseront continuellement en fonction de vos choix au cours de l’aventure. L’histoire avance ainsi au gré des évènements programmées et affichés sur la mappemonde, divisés entre scénettes scénaristiques, batailles de rang, votes en bande organisée et phases d’exploration. Un dernier point plutôt anecdotique, où vous pouvez récolter quelques objets et papoter librement avec les PNJs. Les informations glanées à cet effet agrémentent l’incroyable lore du titre, tout en ajoutant des choix de dialogues lors des discussions clés.
Avant de conclure, impossible de ne pas aborder l’aspect sonore de Triangle Strategy tant les musiques concoctées par Akira Senju, compositeur expérimenté mais peu familier du milieu, frôlent la perfection. Des thèmes prenants et puissants, variés et nombreux, confortés par un sound design travaillé et des voix Japonaises immersives ! Un travail d’orfèvre admirable, largement contributeur de l’atmosphère unique du jeu.
Inutile de se complaire dans les éloges, ma note parle d’elle-même. Triangle Strategy s’adresse à des joueurs avertis et amateurs d’un genre de niche, nostalgiques d’une ère révolue et non rebutés par la place prépondérante laissée à l’écriture. Selon votre perméabilité vous découvrirez alors un T-RPG d’exception dans un écrin visuel soigné, conducteur d’un socle imparable : gameplay efficace, bande son d’exception et génie narratif. Complètement sous le charme après avoir exploité le titre jusqu’à la moelle, je me détache enfin de la maison Wolfort et des terres de Norzélia avec la certitude de porter un nouveau chef d’œuvre dans mon cœur.
Franz26 a dit (25 Mars 2022 à 08:32)
Jeu d’action-aventure en 2D abordant une plastique aussi originale qu’esthétique, Tails of Iron attire également le chaland en surfant sur la dynamique des Dark Souls. Au programme : une aventure exigeante mais à l’identité propre, sous couvert d’une symbiose parfaite entre Dark Fantasy et conte fantastique. Mais tout n’est pas que sourire au royaume des rats…
C’est dans un domaine prospère que débute notre aventure en compagnie de Redgi, prince héritier du roi Rattus. Tout juste victorieux du duel devant désigner le successeur au trône, les belliqueuses grenouilles, ennemies jurées des rats, attaquent sournoisement le château. Blessé, notre jeune seigneur reprend ses esprits au milieu des cadavres et s’octroie ainsi la couronne de son défunt père. Loin d’être démoralisé malgré le chaos ambiant, il s’accommode de l’immense tâche qui lui incombe : reconstruire et… se venger !
Un synopsis classique mais qui a le mérite de poser clairement le contexte : on nage en plein fantastique médiéval où les rats et les grenouilles sont humanisés, considérés comme les espèces dominantes tandis que les insectes servent de bétails et de chair à canon. Un monde original qui brille par sa réalisation, entièrement composée de décors réalisés à la main, véritables tableaux animés fourmillant de détails. En contrepartie l'optimisation sur Switch laisse à désirer, avec des plantages de session et bugs d'affichage réguliers. Conduit par une direction artistique sombre et pesante, l’univers du titre émerveille et ose même un aspect post industriel crasseux qui ne se dévoilera qu’au bout de quelques heures. Du grand art.
Grossièrement qualifié de « Dark Souls 2D », il est vrai que gameplay de Tails of Iron se pose à mi-chemin entre Castlevania et la franchise de From Software. Les combats se basent sur un principe d’esquives/parades à utiliser en fonction de l’attaque ennemie, matérialisée par un code couleur pratique. Il se révèle donc impératif de maitriser les patterns adverses, puis de profiter d’un semblant de répit pour porter quelques coups avant de relever lâchement le bouclier. Le timing prévaut aussi avec l'utilisation de la gourde en plein combat, vous laissant complètement vulnérable le temps de remonter la barre d'énergie. Une touche pour l’attaque légère, une autre pour un coup à deux mains, jet à distance, bouclier et roulade, voici l’essence d’un gameplay minimaliste mais exigeant. D’autant que lourdeur assumée des déplacements ne facilite pas les joutes, la célérité du rongeur laissant à désirer. Ici la montée en puissance se fait uniquement par le loot d’équipements et l’upgrade de vitalité via @la.KOUIZINE. Epées, lances, masses, casques, armures, etc… vous allez en récupérer du bordel ! A vous de faire le tri en gardant en tête la notion de charge, nuisant à la mobilité. Il ne manque qu’un système de points de compétences pour ajouter un peu de profondeur à un ensemble déjà très plaisant, qui n’échappe toutefois pas à une pointe de redondance sur la fin.
Le level design reste plutôt sage et linéaire, conforté par une mappemonde détaillée dans la pure tradition des Metroidvania. On regrettera une durée de vie faiblarde, oscillant autour de la douzaine heures pour en faire le tour, post-game compris, non sans éviter nombres d’allers-retours et quêtes Fedex dispensables. Un manque de rythme guère pénalisant tant la qualité de l’univers et l’atmosphère qui s’en dégage assurent à eux seuls l’immersion, bien aidés par une bande son royale. Thèmes d’ambiance et bruitages millimétrés viennent conforter la crédibilité sonore, mais on relèvera surtout l’excellent doublage du narrateur, omniprésent, qui n’hésite pas à user de traits d’humour pour dédramatiser la situation ou apporter une note burlesque savoureuse.
Manquant un peu d’ambition dans son contenu, Tails of Iron n’en reste pas moins une très bonne expérience. Sa patte graphique somptueuse exhibe un monde envoutant qui profite également d'un gameplay pointilleux, à la courbe de progression lissée par les possibilités de loot et l’abondance de points de sauvegarde. Un titre atypique pour un périple haletant (et parsemés de boss retords), au terme duquel vous ne considèrerez plus jamais votre hamster comme un simple rongeur inoffensif. Longue vie à Sir Redgi, longue vie au roi !
Franz26 a dit (24 Mars 2022 à 08:11)
Associé aux heures de gloire de la Playstation et parmi les jeux de plates-formes les plus en vogue de sa génération, le Bandicoot, longtemps oublié, fit un retour détonant avec la compilation N’Sane Trilogy en 2017. Trois remakes aux petits oignons des premiers épisodes, succès commercial et critique ayant remis la série sur les bons rails. Ce nouvel opus cross-gen intitulé : It’s About Time profite de cette aura retrouvée, et cherche à séduire tant les amateurs du genre que les nostalgiques de la licence. Voyons voir si la magie opère toujours avec ce 4e volet officiel, terminologie désavouant une large partie des jeux développés depuis le 3e titre.
Passé une introduction prétexte et toujours aussi farfelue, Crash reprend du service aux côtés de son fidèle Aku-Aku, de la belle Coco et de nouveaux venus que je tais volontairement. Bien entouré, notre boule de poils rousse va ainsi mettre sa dextérité à l’épreuve afin de déjouer, encore, les plans machiavéliques du docteur Nefarious tout en composant avec une défaillance temporelle l’envoyant aux 4 coins du monde, et autant d’époques différentes ! Un contexte propice à un dépaysement total sans aucune cohérence entre les environnements traversés. Lieux désertiques, futuristes, jungle, Asie, Indes Orientales, etc… autant de zones extrêmement soignées et conductrices d’ambiances bien différentes. Cela se traduit à l’écran par un véritable enchantement visuel, tant en terme de direction artistique que de technique pure. Des décors hauts en couleur et une animation détonante confortent ainsi une réalisation de grande qualité.
Le gameplay reprend la recette habituelle de la franchise, alternant entre phase de plates-formes en scrolling horizontal et en 3D libre, néanmoins gouvernées par un effet couloir continu. La grosse nouveauté de cet opus réside dans les masques à disposition du Bandicoot, lui conférant ainsi diverses capacités : switcher entre parties du décor matérielles et immatérielles, déclencher un super tourbillon, ralentir le temps ou encore inverser la gravité, voilà les pouvoirs originaux qui vous attendent ! Une vraie réussite, véhiculant un peu de piment à un gameplay minutieux mais qui malheureusement n’arrive jamais à trouver le juste équilibre. Car ce quatrième épisode de Crash Bandicoot est d’une difficulté aberrante. Oubliez toute logique et ne comptez pas sur une hypothétique courbe de progression : d’entrée se sont de grosses fessées gratuites qui attendent les plus perfectionnistes ! Si avec un peu de persévérance terminer les niveaux s’avère largement abordable, récupérer l’ensemble des gemmes et relever les challenges en présence impose un aspect « Die and Retry » complétement abusif et, au final, peu gratifiant tant l’absurdité des obstacles et la précision demandée va vous écœurer. Un mauvais calibrage, accentué par des niveaux trop longs et peu adaptés aux défis proposés, qui nuit grandement au plaisir de jeu.
Toujours dans les erreurs de game design, le soft cherche à multiplier les personnages secondaires et la variété des situations… au détriment de la jouabilité ! Il est déjà difficile de maitriser parfaitement Crash et Coco, mais lorsque les capacités des guests viennent s’en mêler : préparez les manettes de rechange ! Je suis d’ailleurs étonné que ma DualShock 4 ait survécu à ce périple… En résulte des sensations mitigées puisque l’on se retrouve avec un gameplay généreux empli de bonnes idées, mais totalement déséquilibré. De quoi frustrer les joueurs les plus motivés.
Difficile alors de juger la durée de vie du titre, plus artificielle que conséquente. Car outre les 6 gemmes à récupérer dans chaque niveau, les cassettes défis et les courses chronométrées, les développeurs ont eu l’idée de génie de rallonger nos tourments avec un mode miroir pour chaque monde du jeu ! Quelques variables dans les secrets à débloquer et un filtre graphique original (mais nuisant à la visibilité...) comme seuls facteurs de motivation pour nous inciter à repartir au charbon… Franchement dispensable.
La déception prédomine donc, après plus de 40 heures à m’acharner sur le titre pour atteindre un pourcentage honorable de 83 unités au compteur. Pourtant Crash Bandicoot 4 ne démérite pas, il excelle d’un point de vue artistique et expose un univers coloré animé à la perfection, avec un côté cartoon qui apporte une touche d’humour agréable. Une réalisation de haute voltige, de surcroit appuyée par une bande son d’excellente facture et puisant dans un sound design fidèle. Bienfaisant sur la forme, le dernier né de la franchise ne l’est malheureusement pas sur le fond.
Soit vous prenez le jeu comme un « Die and Retry » hardcore et vous allez chialer des larmes de sang devant l’aberrance du challenge, accentué par une maniabilité perfectible notamment dans l’appréciation des sauts. Soit vous partez pour une finalisation partielle des niveaux, afin de profiter des points positifs du game design et de la plastique du titre en ignorant les objectifs secondaires. Flirtant entre les lignes de cet entre-deux, j’ai probablement un peu trop insisté sur les collectibles à tel point que mon expérience de jeu ne fut pas toujours très plaisante.
Preuve qu’un grand jeu vidéo ne peut faire l’impasse sur des petits détails moins tangibles comme l’équilibrage de ses diverses mécaniques, Crash bandicoot 4 : It’s About Time souffre d'un énorme problème de calibrage (#Jackie&Michel) où le ratio efforts/satisfaction ne plaide pas en faveur du joueur. Plutôt amateur de challenge et du « Try Hard », je suis pourtant passé en partie à côté du sujet, sans ressentir ce sentiment d’accomplissement habituel après tant d’acharnement. Les qualités soulignées dans cette critique en font malgré tout un bon jeu de plates-formes, et mon amour pour la licence m’incite à la sévérité. Sachez seulement à quoi vous attendre avant de tenter l’aventure. « Bon chance »
Franz26 a dit (13 Mars 2022 à 08:45)
Licence mythique de Sega, c’est en 2004 via le remake du premier opus sur… Game Boy Advance que je découvris tardivement la série ! On ne va pas refaire l’histoire du jeu vidéo… Si avant de sombrer dans l’oubli et la médiocrité la franchise des Shining s’est essayée à différents registres, elle doit avant tout sa renommée au Tactical-RPG. Ça tombe bien, il s’agit d’un de mes genres de prédilection ! Le voyant rouge de la Megadrive s’allume, celui de la TV cathodique également, et comme à chaque fois la vérification du matériel s’accompagne d’un petit soupir de soulagement. Paré pour une expérience 16 bits dans les conditions originelles.
Fire Emblem, Ogre Battle ou encore Final Fantasy Tactics, des noms bien associés à l’histoire du T-RPG et incontestablement cultes à mes yeux. La saga qui nous intéresse a également contribué à la noblesse du genre, et l’aura sacrée qui entoure Shining Force II laisse admiratif. Un constat que j’aurais sans aucun doute partagé les yeux fermés en 1994, mais j’avoue afficher une pointe de scepticisme aujourd’hui. Pourtant rompu à l’exercice du rétro-gaming, j’appréhende toujours un résultat hasardeux car rigoureusement soumis aux aléas du temps et de nos exigences, même inconscientes, de joueur moderne. Le cépage « RPG 16 bits » jouit toutefois d’un vieillissement plutôt clément, et la cuvée en question mérite largement la prise de risque.
L’histoire débute dans un obscur sanctuaire où un voleur brise involontairement le pouvoir du sceau magique retenant le roi démon Zeon. La boulette ! Car bien évidemment l’entité maléfique n’attendait que ça pour retrouver des forces et menacer à nouveau l’humanité. Heureusement sir Astral, votre mentor, conseiller du roi et puissant magicien au demeurant, découvre vite l’embrouille et vous confie le sort du royaume. Il est grand temps de partir en quête d’alliés et de constituer une « Shining Force » capable de contrer les forces du mal ! Un synopsis sans grande ambition, qui donne dans le traditionnel et assure un fil conducteur suffisamment immersif et rythmé.
A la manière d’un J-RPG rétro classique, Shining Force II laisse le joueur libre de ses mouvements sur une mappemonde vaste mais un peu trop vide, contraint de parcourir les longs kilomètres reliant les étapes où l’attendent les batailles programmées. L’exploration se veut ainsi plus poussée que les standards du genre, et incite à dialoguer avec les PNJs tout en fouillant minutieusement les villes en présence. Car Shining Force II n’est pas avare en secrets et en personnages jouables, pour beaucoup complètement optionnels. Et si la motivation de recruter un maximum d’alliés porte ses fruits, l’intérêt du titre réside bien évidemment dans son système de combat au tour par tour mêlant sens du placement et de la stratégie. Guerriers, sorciers, pégases, archers, etc… tout le bestiaire d’un bon univers d’Heroic-Fantasy qui se respecte. Après avoir composé judicieusement votre troupe d'élite limitée à 12 combattants, on applique alors les codes traditionnels de la guerre : soldats robustes en première ligne, archers et magiciens en retrait, utilisation des bonus de terrain, etc… pour progresser sans encombres. L’expérience et la montée en niveau permettent de gonfler les statistiques de vos unités, qui ne devront pour autant pas négliger leur équipement via les magasins à disposition. Une gestion de l’inventaire assez laborieuse d’ailleurs, nécessitant des allers-retours réguliers avec la réserve afin de délester vos hommes du surplus ramassé. Arrivé à un certain stade il devient possible de promouvoir un personnage, et même de se forger des armes ultimes via les précieux mythrils collectionnés.
L’ensemble n’échappe toutefois pas aux affres de temps et la rigidité du gameplay ne conviendra pas à tout le monde. On regrettera notamment l’impossibilité d’examiner la portée des ennemis, à la manière d’un Fire Emblem, causant ainsi des déplacements exagérément prudents au détriment d’avancées téméraires. Malgré une relative simplicité les bases du Tactical-RPG sont pourtant exploitées avec brio, assurant de surcroit un challenge appuyé devant l’adversité de certaines mobs ! Heureusement seule la mort du héros s’avère punitive, les autres unités pouvant être ressuscitées à l’église du bled. Moyennant finance évidemment, question de réalisme.
Cet univers Heroic-Fantasy cohérent compose avec une ambiance plutôt générique mais non dénuée de charme, largement renforcée par une bande son de bonne facture. En effet, des thèmes sympathiques accompagnent avec soin ce périple mémorable, qui nécessite une quarantaine d’heures d’investissement avant de dévoiler sa conclusion au terme d’une bataille épique et difficile ! Techniquement Shining Force 2 accuse un peu le coup et exhibe une 2D vieillotte, loin de pousser la 16 bits de Sega dans ses retranchements. Néanmoins, les sprites et les arrières plans lors des animations de combat se révèlent vraiment magnifiques, et rehaussent une réalisation sommaire sans fioritures. On appréciera aussi les petits artworks illustrant nos héros, mettant en valeur un character design parfaitement maitrisé.
A l’heure d’apposer un verdict je me retrouve sans surprise tiraillé dans les couloirs du temps. Charmé par un titre légendaire aux qualités indéniables, désormais logiquement nuancées. La balance penche néanmoins du côté lumineux de la force, et l’expérience offerte par Shining Force II se veut encore viable de nos jours. Un T-RPG mythique érodé par le poids des ans, mais à l’allure digne et au contenu solide. A faire, tant pour les amateurs du genre que pour la culture du médium.
Franz26 a dit (24 Février 2022 à 08:02)
Trompé de support j'avais annoté "terminé" et des commentaires sur la compilation PS4, alors que c'est bien sur PS3 que j'ai terminé maintes fois cette merveille. Tout le monde sans fou oui, mais je suis en train de faire "du propre" dans mon suivi JV. ^^
Bref : http://www.gamekyo.com/blog_article281576.html