Benben a dit (04 Août 2017 à 09:58)
"Bayonetta" à prononcer avec une voix suave et langoureuse comme sur l'écran titre !
Jeu épique du génial studio Platinium Games, qui peut se targuer d'envoyer la plupart des beat'em all dans les cordes, et sans peine. Avec un gameplay peaufiné qui permet d’asséner des pluies de coups dévastateurs, une maniabilité au poil intelligemment pensée, des ennemis certes peu variés mais des boss divins, et des phases de jeu variées, autant dire que l'aventure envoie du lourd et ne laisse aucune place à l'ennui.
Soyons honnêtes, c'est évidemment le personnage de Bayonetta qui porte sur ses épaules le poids du jeu. Badass à souhait, à peine portée sur le sado-masochisme, terriblement belle et bénéficiant d'un chara-design excellent... Disons que les créateurs de cette créature n'ont rien laissé au hasard, et par le biais de cinématiques complètement incroyables, font entrer la sorcière dans le panthéon des personnages emblématiques du jeu vidéo.
Loin d'être un bête titre qui se contente de demander de spammer deux touches pour avancer, Bayonetta va puiser dans les ressources des joueurs et s'avère finalement assez technique : les meilleurs combos requièrent des esquives millimétrées, et un très bon doigté (hmmmmm). Jeu japonais oblige, chaque phase est notée en fonction des dégâts encaissés, du temps passé, etc... Les perfectionnistes trouveront ici leur bonheur.
Finalement, le déroulement pourrait se résumer en une succession d'arènes qu'il faudra vider de ses ennemis tout en découvrant un maximum d'items (cachés ou non) et en récupérant du lore, qui apporte beaucoup d'intérêt au tout.
Plus prenant qu'un Devil May Cry, mais aussi enragé d'un Asura's Wrath, Bayonetta saura aisément charmer les amateurs du genre.
Benben a dit (25 Juillet 2017 à 11:49)
Crash Bandicoot 3 - Warped !
Jeu, set et match, il est temps de mettre un terme à cette N.Sane Trilogy, et de manière royale avec Warped !, l'épisode le plus abouti à mes yeux. Crash reprend donc du service pour défaire une nouvelle fois sa Némésis en arpentant différentes zones temporelles.
Reprenant le même gameplay que précédemment, mais proposant des modes de jeu originaux et bien calibrés, ainsi qu'un level design certes un peu timide mais toujours agréable, Crash 3 parvient à capter l'intérêt même après avoir terminé les deux autres opus récemment.
Au menu des nouveautés : un bazooka, un niveau sous-marin, trois courses à moto, trois parcours en jet-ski, et trois niveaux à bord d'un avion. Dans le doute, les développeurs ont préféré faire de ces niveaux des balades champêtres faciles à terminer. Aucun ragequit à déplorer.
De manière générale, c'est tout le jeu qui est beaucoup plus facile que ses grands frères. A vrai dire, cet épisode n'oppose que peu de challenge et atteindre les 102% n'est pas du tout compliqué. La seule difficulté réside dans l'obtention des reliques de platine en mode contre-la-montre.
N'en demeure pas moins que le titre conclut d'une fort belle manière cette trilogie, et offre de beaux moments de plate-forme.
Benben a dit (18 Juillet 2017 à 09:48)
Crash Bandicoot 2 - Cortex Strikes-Back >
Je me revois, à 12/13 ans à peine, fébrile à l'idée de gouter à la suite des aventures de Crash. Je me revois également, affreusement déçu par ce second volet que j'avais terminé pour la Horde mais sans aucun plaisir.
Cette cuvée 2017 n'a fait hélas que confirmer mon ressenti de l'époque. Crash Bandicoot 2 demeure un jeu emmerdant au possible. Comme il est tout frais dans ma tête, je peux enfin coucher sur la dalle de votre écran la nature de mon ressentiment pour ce titre.
Pour faire simple, cet opus ne reprend que les mauvais points de son prédécesseur et rajoute une couche de mauvaises idées par dessus. Le level-design est très peu inspiré et parfois franchement bancal, les bugs de collision sont tellement rageants que l'institut Pasteur a du intervenir, la visibilité est ignoble et l'assertion des distances sur certains niveaux est à gerber. La difficulté est décuplée sur certains passages, alors que sur la fin, on peut sans peine terminer un monde à 100% sans perdre une vie... C'est sans parler du boss final aisément poutrable dès le 1er essai.
On notera la tentative d'originalité avec les phases en jet-pack... qui s'avèrent chiantes au possible.
Si la difficulté du premier jeu était intéressante et motivante, et demandait concentration et précision, ici j'ai simplement trouvé emmerdant, limite maso, et poussif de terminer chacun des tableaux.
C'est sans doute l'appel alléchant du 3é et dernier volet -mon préféré- qui aura fini de me motiver à tracer ma route en ligne droite sur Cortex Strikes-Back. En tout cas, bon débarras !
Benben a dit (11 Juillet 2017 à 09:58)
Crash Bandicoot >
Ah mais quel plaisir de renouer avec ce titre qui bénéficie d'un remaster à la hauteur des honneurs qu'il mérite. Seul pincement au cœur, quand les crédits du début ne mentionnent pas Naughty Dogs mais Vicarious Games, la boite qui a développé cette version.
Je ne parlerai ici que du premier opus pour l'instant.
C'est une franche réussite sur le plan visuel et sonore ainsi que sur le gameplay : on retrouve absolument toutes les sensations de la PSX, la fluidité en plus. Tous les niveaux ont été repris quasiment au pixel près, et pour les connaisseurs de la série, qui en ont bavé à l'époque, attendez-vous à renouer avec les passages millimétrés et exigeants si tant est que l'objectif des 100% vous intéresse.
En ligne droite, Crash Bandicoot est relativement facile, mais très court et dénué d'un réel intérêt si ce n'est celui apporté par son level design toujours inspiré. En mode completionniste, on entre dans le vif du sujet, et le challenge est au rendez-vous : finir certains niveaux en brisant toutes les caisses et sans perdre une seule vie tient de la gageur et de la concentration qui font l'essence même du titre.
On retrouve certains écueils de l'époque, comme la caméra un peu trop en recul par rapport aux sauts à effectuer, rendant certains passages difficiles à jauger. Les collisions sont également très sévères, et il ne sera pas rare de perdre une vie alors qu'on jurerait sur la tête des testicules de Gon17 que l'on était à bonne distance de cette putain de tortue qui vient de nous renvoyer d'où l'on vient.
Mais avec un peu de persévérance, la récompense suprême, ou à tout le moins la fierté d'avoir gagné toutes les gemmes, estomperont ces "défauts" qui mine de rien ont participé au succès de Crash en 1996.
Pour conclure, ce remaster est de haute voltige, il procure les mêmes sensations que son ainé, ce qui en fait un excellent jeu de plates-formes.
Benben a dit (11 Juillet 2017 à 09:32)
Sammy, Même objectivement, ce Zelda est franchement une réussite. Alors d'accord, chacun ses goûts, tu as le droit de ne pas avoir accroché même si je le redis, en une heure tu n'as même pas le temps d'effleurer la surface du pouillème de ce que réserve cet opus.
Personnellement je n'ai jamais été un FanBoy de la saga. J'aime bien les Zelda mais sans leur vouer un culte, la preuve je n'ai fait que Link's Awakening quand j'étais tout pitit, Ocarina of Time quand j'étais moins pitit, et The Wind Waker enfin grand.
Mais force est de constater que Breath of the Wild est un titre grandiose et bourré de bonnes idées, qui demande au joueur de s'impliquer, est c'est à mon avis pour ça que tu n'as pas aimé : ici il faut prendre le temps d'apprivoiser l'environnement sans quoi, en effet il n'y a pas grand chose à faire à part avancer en ligne droite. Il faut imaginer, penser à ce que l'on peut faire, paumé en pleine nature, et essayer de le faire pour que la magie opère. Nintendo propose un jeu bac à sable où les rouages doivent être activés à la manette, où rien n'est automatique. Impossible d'appréhender cela en une heure.
Je te conseille vivement, si tu en as l'occasion et surtout l'envie, d'essayer de te replonger dans ce Zelda, en prenant ton temps car le jeu (huhu) en vaut la chandelle :)
Benben a dit (03 Juillet 2017 à 09:53)
Épilogue tout en paroxysmes de la saga culte de FromSoftware. Dark Souls III représente la quintessence des "Souls" et propose une aventure vaste, toujours aussi technique, et exigeante, tout en plongeant le joueur dans un monde onirique aux relents de fin des temps, avec une direction artistique inspirée.
Plus orienté action et vitesse que ses grands frères, cet épisode fait la part belle aux combats très violents tout en laissant une place prépondérante à l'exploration et à la découverte. Sans être dirigiste, le titre se veut plus accessible et distille son scénario beaucoup plus clairement. Même les quêtes annexes deviennent -presque toutes- compréhensibles et ce faisant apportent une extrême profondeur et une cohérence à l'ensemble.
Pour ce qui est du reste, on prend les mêmes et on recommence : lâché au beau milieu d'un cimetière, notre héros va devoir prouver sa valeur en terrassant pléthore d'ennemis issus d'un bestiaire toujours aussi incroyable, et en récupérant les âmes des cinq Lords of Cinder, responsables de la décrépitude qui ronge le monde. Prétexte à une croisade jubilatoire et éprouvante, l'aventure va se révéler passionnante et empreinte de mélancolie.
Attendez-vous à rencontrer des boss qui marqueront au fer rouge votre vie de joueur, Nameless King en tête, préparez vous à rester pantois devant certains décors, et tenez vous prêts à en chier des ronds de chapeau face à des ennemis plus énervés que jamais. Mais quoi qu'il en soit, c'est peut-être l'habitude de ce genre de jeu qui parle, Dark Souls III demeure moins compliqué que ses ainés.
Seuls défauts mais qui pour moi sont assez paralysants dans un jeu qui demande autant de précision : les ennemis qui mettent des coups de latte à travers les murs, ça, franchement c'est le pire qui puisse arriver, et le boss le plus retors qui souffre d'une caméra atrocement mal foutue (le boss passe dans les angles morts fréquemment).
C'est donc avec une certaine fierté que je range Dark Souls sur son étagère, même s'il me manque la toute fin du dernier DLC pour clore intégralement mon parcours (j'aurais pas du me reposer au feu de camp après le dernier boss...).
Prochaine étape : Bloodborne.
Benben a dit (29 Juin 2017 à 09:38)
What the... ?
Sammy... en 1/2 heure de jeu t'as à peine le temps de sortir du Shrine du début, parler à "Un Mystérieux Vieillard Barbu", défoncer 2-3 Bokoblins et cueillir des pommes.
Je comprends que tu n'accroches pas au concept de monde ouvert en 3D, mais juger BotW aussi sèchement alors qu'il requiert une centaine d'heure de jeu pour en faire un tour et que, apparemment, tu n'avais qu'une heure et demie devant toi (donc pas du tout le temps et le loisir de te poser pleinement dans l'univers et le dépaysement du titre), c'est hard !
Surtout qu'en plus tu colles un 11/20. Autant ne pas le noter, sinon on va finir par écrire des chroniques basées uniquement sur des trailers ^_^
Benben a dit (19 Mai 2017 à 11:49)
Naughty Dogs, studio chéri de Sony, fleuron technologique et vitrine de la PlayStation depuis que Crash Bandicoot sait casser des boites, nous a habitués à des productions grand public de qualité. Avec la saga Uncharted et sa mise en scène digne des plus gros blockbusters Hollywoodiens d’action-aventure chaque nouvel opus apporte la promesse d’une débauche de situations plus incroyables les unes que les autres, et de prouesses techniques à faire pâlir d’envie les plus extrémistes tenants de la religion « PC Master Race ».
« A Thief’s End » prend donc la relève de ses grands frères et embarque le joueur dans une nouvelle aventure qui repousse les limites déjà intergalactiques posées par « Drake’s Deception ». Une déferlante de cascades, de sauts, d’explosions et d’effondrement de bâtiments attend donc de rythmer cette nouvelle épopée, sur les traces du trésor du célèbre pirate Avery.
Entendons nous bien : Uncharted n’est pas un jeu qui propose un scénario profond et un gameplay incroyable. Non, ici c’est le jeu qui contrôle le joueur et non l’inverse. On pourrait presque résumer toute la saga à du rail-shooter vu que le chemin à parcourir est tout tracé. Ce quatrième volet tend cependant à tordre légèrement cette règle en proposant des niveaux en pseudo monde ouvert, et disposant de plusieurs chemins différents pour atteindre son but, ainsi que des zones optionnelles.
C’est avant tout, et presque uniquement la mise en scène qui fait de cette saga, et particulièrement de « A Thief’s End » un jeu vraiment marquant, et complètement jouissif. Comme je le disais plus haut, c’est le jeu qui contrôle le joueur. Pas besoin d’avoir une dextérité d’humain augmenté pour terminer l’aventure car tout est scripté et fait pour nous faciliter la tâche. L’avantage ? On en prend plein les mirettes en profitant pleinement de ce que les « Dogs » nous ont concocté, même pendant que Nathan Drake se balance à 200 mètres au dessus du vide après une glissade à flanc de falaise tout en se faisant canarder par une armée de mercenaires. Finalement les seuls moments de liberté sont les gunfights, où le joueur peut adopter la stratégie qui lui convient le mieux. Sauf en mode difficile, car foncer dans le tas n’apportera jamais rien d’autre qu’une mort certaine.
Les gunfights sont finalement peu nombreux, mais atteignent ici aussi grâce une maîtrise complète de la mise en scène, une intensité jubilatoire. De mémoire, je n’avais pas touché à un jeu de tir depuis… au moins deux ans (sans compter Resident Evil 1 et 0). Du coup, plutôt porté par l’envie de la jouer finot, j’ai éliminé plus de la moitié de mes ennemis à mains nues, stratégie payante et gratifiante. Cela dit, certains passages obligent à littéralement tout faire péter et je n’ai pas boudé mon plaisir à déchaîner toute la puissance de feu mise à disposition pour me tailler un passage au milieu des cadavres.
Il est dommage que les rares énigmes proposées soient aussi simples. Je sais bien qu’il s’agit d’un titre grand public, qu’il doit être accessible au plus grand nombre. Mais là… C’est limite se moquer des joueurs que d’imposer des énigmes aussi faciles. Aucun sentiment de fierté ne ressort de la plus « tordue » des énigmes, qui consiste à faire correspondre des symboles entre eux.
On retrouve évidemment la chasse aux trésors cachés dans les décors somptueux, et si habituellement dans les jeux précédents on tombait sur 90 % des objets planqués sans même les chercher, c’est ici une autre paire de manches. Grâce à un habile level-design, c’est parfois un vrai challenge de trouver toutes les babioles. Ce même level-design permet également de pousser la durée de vie du mode scénario, d’une part car il fourmille de détails, et d’autre part car il donne envie d’être découvert et laisse parfois rêveur. D’après les statistiques du jeu, j’ai passé, sur mes 26 heures au total, environ 45 minutes sans bouger : comprenez, 45 minutes à profiter de la beauté de certains points de vue.
Le scénario ne surprendra personne, et reprend les codes bien huilés du genre. Mais ici aussi, c’est la mise en scène qui permet de filer des frissons lors des cinématiques, ou quand une musique héroïque se déclenche. S’il n’y avait cet épilogue un poil niais sur les bords, je dirais que c’est un sans-fautes. Nathan, Elena, Sully et Sam forment un quatuor efficace face à Rafe et Nadine, les antagonistes barjots de l’épisode. C’est avec une habileté rarement égalée que l’on passe d’une course poursuite effrénée qui renvoie les séquences les plus mouvementées d’Uncharted 3 aux oubliettes, à une cinématique aux relents dramatiques. Et si parfois les retournements de situation ou les ficelles scénaristiques feront tiquer par leur lourdeur, elles seront bien vite compensées par le plaisir que procure cette odyssée.
En toute honnêteté, j’ai tellement apprécié de jouer à Uncharted 4, que je n’ai fait que repousser l’inéluctable fin en repassant plusieurs fois sur mes pas, ou en n’allumant pas la console pendant plusieurs jours. Les sensations de découverte et d’aventure, l’ambiance du titre, en font un excellent jeu pop-corn, à apprécier à sa juste valeur. C’est du divertissement à l’état pur.
Benben a dit (09 Mai 2017 à 11:20)
Nintendo revient sur le devant de la scène après avoir peiné à convaincre le grand public et les éditeurs de jeux, la faute à une console trop en dehors des clous, dont les développements spécifiques liés au hardware refroidissent les ardeurs des producteurs en quête de chiffre.
Avec une nouvelle console et un jeu phare (qui sert à la fois de feux avant pour la Switch et de feux arrière pour la Wii U), Big N vient une nouvelle fois conter au monde entier son amour pour le Jeu Vidéo.
The Legend of Zelda – Breath of the Wild débarque avec un retard technologique évident, mais qu’il serait bête et obtus de s’en tenir à cela ! Nous avons certainement tous vu la scène d’intro de ce volet des aventures de Link, empreinte d’une poésie et d’un lyrisme qui à eux seuls effacent d’un souffle les critiques geignardes des camés à la puissance graphique. La direction artistique atteint ici un niveau d’excellence qui en dit long sur la volonté des créateurs de proposer une œuvre unique et marquante.
L’environnement, la nature, la faune et la flore, le cycle jour/nuit, la météo, les montagnes, les lacs, les ruines et les villages constituent le personnage principal de l’aventure : ce fameux WILD du titre, est le cœur même de l’épopée, au point que les mésaventures de Zelda passent au second plan la plupart du temps. Explorer Hyrule devient une expérience qui ne tarit jamais de surprises tant la carte est grande et variée. Alors certes, à cause, ou plutôt grâce à The Witcher III – Wild Hunt, toute expérience en monde ouvert est aujourd’hui forcément comparée au mètre étalon du genre. On regrettera le manque de vie et d’autonomie des PNJ, ou la densité des forêts. Mais face au soin apporté aux détails même les plus insignifiants, on sera bien vite totalement transportés et séduits.
Breath of the Wild est visuellement l’un des plus beaux jeux jamais créés. C’est du péremptoire.
Passons au gameplay, qui reprend avec brio ce que les Zelda proposent depuis 30 ans tout en apportant à chaque itération des petits plus intelligemment trouvés. La vitalité qui augmente au fil de l’aventure, et la barre d’endurance et les balades à cheval font leur grand retour. Les pouvoirs de Link sont débloqués quant à eux dès le début (sauf un, qui est optionnel). Laissant au joueur le champ libre pour explorer le monde en découvrir ses dangers. On a beaucoup parlé des combats et des armes qui se brisent : il s’agit à mon sens ici d’une pirouette obligeant le joueur à varier ses techniques et/ou incitant à la prudence plutôt qu’aux grosses bastons. Cela étant dit, quand on est over-puissant à la fin du jeu, rien à battre de la subtilité, les ennemis n’ont qu’à s’aligner sagement et attendre leur poutrage en bonne et due forme. Ceci m’amène à la difficulté du titre, qui globalement n’a rien d’un challenge. Seul un type d’ennemi oppose une vraie résistance, mais la rareté de l’espèce en fait un problème bien vite oublié pour qui n’aurait pas envie de looter les meilleurs objets. J’en profite pour faire un aparté sur l’inventaire, qui une fois bien rempli devient un vrai calvaire à fouiller !
Parler du gameplay sans aborder l’escalade serait passer à côté d’un aspect crucial de ce Zelda, 90 % des surfaces étant grimpables. Obligatoire pour atteindre certains lieux, source d’émerveillement quand on atteint un sommet ou de stress quand la barre d’endurance commence à clignoter ou quand la pluie rend les surfaces glissantes, on aura très vite besoin de chercher un équipement permettant de devenir un véritable acrobate des falaises.
Lâché en pleine nature, Link devra donc s’adapter à son environnement. Des climats arides au froid polaire, des orages mortels aux douces brises des plaines, on effleure presque un aspect « survivaliste ». Mais le tout est ludiquement amené, et retourner les dangers climatiques contre les ennemis deviendra bien vite une source d’amusement et de stratégie : utiliser ses armes en métal comme paratonnerre pour déchaîner les enfers sur un campement pendant un orage, ou balancer une petite boule de neige qui va devenir énorme ne sont que les exemples les plus frappants de ce que proposent les développeurs. Link devra également s’improviser cuisiner et alchimiste : créer des potions et cuisiner des mets à base d’aliments récoltés s’imposera de manière plus ou moins forcée et cassera le rythme de l’aventure.
A la différence des précédents titres de la licence, il n’y a ici que 4 donjons majeurs. Mais que les adeptes des énigmes se rassurent, 120 donjons modestes contrebalancent l’absence des sempiternels « donjons à tiroirs » que l’on connaît tous. Ces 120 donjons permettent de récolter des orbes, nécessaires à l’amélioration de la barre de vitalité et d’endurance. Pour les plus téméraires, la complétion des 120 shrines révèle une récompense plus emblématique qu’autre chose, mais qui mérite le temps passé à les terminer. Surtout que certains de ces shrines demandent de la célérité et pas mal de jugeotte. Un vrai régal qui offre un sentiment de réussite équivalent à celui de la saga Portal.
Un vrai regret sur la trame scénaristique, que j’ai trouvé trop mise en retrait, ou plutôt, trop cachée par l’aspect exploration. L’arrivée tardive des doublages en version japonaise renforce cependant l’immersion (même si le doublage anglais est très bon), et les cutscenes sont très justement jouées.
L’OST enfin, se dévoile timidement au fil du jeu. Tout d’abord avec quelques notes de piano subtiles, puis avec des musiques orchestrales et des musiques d’ambiance. Sans être la meilleure OST du monde, elle n’en demeure pas moins d’excellente facture.
Pour conclure, et pour parler spécifiquement de la version Wii U, hormis la différence de résolution par rapport à la version Switch, c’est la même chose. On notera tout de même des baisses de framerate dans les environnements intérieurs (dans les étables notamment) et lors de certains combats avec une arme à base de feu. Pour les possesseurs de Wii U, nul besoin d’investir dans une Switch dès maintenant sauf si les autres jeux vous intéressent évidemment.
Benben a dit (15 Mars 2017 à 09:02)
Metal Gear Solid 3 : Prequelle d'une saga mythique
La saga Metal Gear a débuté sur console en 1982, avec un jeu au titre éponyme. Mettant en scène Solid Snake, un agent de l'unité d'élite Foxhound, le soft proposait des phases d'infiltration et d'action, étoffées par un scénario prenant. A l'époque, Metal Gear posait les bases d'une saga qui allait devenir culte. Ce n'est qu'en 1998 (après la sortie entre temps de Metal Gear Solid : Snake's Revenge en 1990, et de Metal Gear 2 : Solid Snake la même année) que la saga obtient ses lettres de noblesse grâce à Metal Gear Solid. Avec un scénario beaucoup plus complexe, Hidéo Kojima, le créateur de la série, ouvrait la voie à une saga en voie de devenir culte. Sorti en 2004, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, dont l'histoire se déroule en 1964 (soit 41 ans avant les évènements de Metal Gear Solid), nous met directement dans la peau du père de Solid Snake, j'ai nommé Naked Snake, le futur Big Boss.
La Guerre Froide fait rage, la crise de la Baie de Cochons est à peine terminée et les tensions entre les USA et l'URSS sont à leur paroxysme. La Maison Blanche décide d'envoyer Naked Snake, un soldat d'élite de l'unité Fox, libérer Sokolov, un ingénieur fait prisonner par une faction rebelle du KGB. Naked Snake, parachuté incognito, doit s'infiltrer dans une base perdue au milieu de la pampa russe sans se faire repérer. Sur place, il fait la rencontre d'Ocelot, un personnage récurrent dans la saga, et tombe nez à nez avec son ancien mentor, The Boss, récemment passée du côté russe. Vaincu lors d'un duel avec The Boss, Snake est exfiltré tant bien que mal de la Russie, tandis que le Colonel Volgin, le chef du GRU, unité défectrice du gouvernement Russe, fait exploser une bombe atomique sur la base où Sokolov était retenu prisonnier. Suite à ces évènements, Kroutchev, le président de l'URSS à l'époque, pose un ultimatum aux USA : pour prouver ses bonnes intentions après avoir infiltré un agent secret sur le sol Russe, dont la mission a conduit à l'explosion d'une bombe atomique, la Maison Blanche doit se charger d'éliminer les responsables de ces actes. Naked Snake est donc renvoyé en mission en Russie, avec pour objectif principal de retrouver Sokolov, et d'éliminer The Boss.
Un gameplay renouvellé
Le coeur du jeu est toujours basé sur l'infiltration discrète : que ce soit dans la jungle ou dans des bases militaires, Naked Snake devra être invisible aux yeux de ses ennemis. Pour ce faire, nous avons à notre disposition tout un panel de combinaisons de camouflage, chacune s'adaptant à des environnements qui leur sont propre. En revêtant la bonne combinaison au bon endroit, on pourra passer inaperçu ou presque aux yeux des soldats ennemis. Faire diversion en lançant des serpents sur les gardes, ou en faisant tomber sur eux des nids de frelons se révèleront des techniques très efficaces. Reste aussi la bonne vieille attaque furtive par derrière, qui se soldera au choix par un simple étourdissement, un brisage de nuque, ou un égorgement en bonne et due forme. Rien de nouveau sous le Soleil, car ces éléments trouvaient leurs équivalents dans les précédents opus. Mais s'ajoute à tout ceci une nouvelle variable : la gestion de la survie en milieu hostile, et la gestion de la santé de Snake.
La jungle est un terrain propice pour les rencontres fortuites, comme les serpents qui se coulent dans les hautes herbes et qui n'hésitent pas à mordre pour se défendre, ou comme les alligators qui n'aiment pas qu'on leur marche dessus. Les blessures infligées par les animaux ou les soldats ennemis infligeront différents types de dégâts, dont certains ne pourront être soignés qu'en les guérissant de manière appropriée. Par exemple, si Snake se brise une jambe en tombant de haut, il faudra lui poser une atelle et des pansements pour qu'il puisse continuer à courir et que sa jauge de vitalité ne baisse pas trop vite. Si il est empoisonné par une morsure de serpent ou à cause d'un champignon vénéneux, il faudra lui administer un sérum ou des pilules contre les maux de ventre. Pour s'assurer que la vie de Snake se régénère de manière effective, il faudra toujours avoir à l'oeil sa jauge de vitalité, qui se videra au fur et à mesure qu'il courra, et que son ventre se videra. Un régime sévère à base de serpents, de fruits tombés des arbres, ou de rations, permettra de garder la santé du héros dans des conditions acceptable.
Une symbolique forte
Comme tout bon épisode de Metal Gear Solid qui se respecte, ce troisième opus est fort en symboles inhérents à la saga en elle même, mais aussi en symboles plus universels. Tout d'abord, le traumatisme causé par les bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki étant encore fort au Japon, c'est sans surprise qu'on assiste à une critique acerbe de la politique d'armement des deux grands blocs qui s'affrontaient pendant la Guerre Froide. Si le message est moins évident que dans Metal Gear Solid, la saga ne perd pas le fil de sa philosophie avec ce volet. Résolument influencé par James Bond, Hideo Kojima nous gratifie d'un générique d'introduction tout droit sorti des films de l'Agent 007, agrémenté d'une chanson aux sonorités qui ne trompent pas. De plus, après avoir terminé le jeu une première fois, on aura droit au désormais célèbre smoking dans la liste des combinaisons que Snake peut porter.
La Genèse est évoquée par le biais de deux personnages importants dans cet épisode : ADAM et EVA. Personnages centraux de l'histoire, dont les rôles sont à rapprocher des Adam et Eve de l'Ancien Testament. Grâce à une mise en scène et des cinématiques (plus de 216 minutes !) digne des plus grands films du genre, Metal Gear Solid 3 parvient à faire passer des émotions rarement vues dans le monde du jeu vidéo. Chacun des personnages est également porteur d'un symbole, de par leur personnalité et leurs actions. Ocelot est par exemple un personnage futé et agile, qui tire toujours son épingle du jeu et qui se révèle être étroitement lié à l'intrigue et à ses mystères. C'est donc là aussi que se trouve la force de la saga Metal Gear Solid.
Avec cet épisode, on a aussi l'occasion d'apprendre une multitude d'informations sur les personnages importants que l'on recroisera plus tard. Un régal pour les fans qui peuvent enfin lever le voile sur des zones d'ombres de l'histoire.
Regorgeant d'une multitude de petits détails (les grenouilles Kerotan dissimulées un peu partout dans le jeu...), Metal Gear Solid 3 a tout d'un grand jeu. Il est prenant de bout en bout, haletant, parfois difficile. Unique en son genre et visuellement toujours magnifique (le lissage HD sur PS3 et XBOX 360 est un régal), avec un scénario très très fouillé, voici un jeu qui mérite sa place au rang des oeuvres qui ne laissent personne indifférent.
http://www.geekunleashed.fr/metal-gear-solid-3-snake-eater_79.html