Samnang, 20 ans, doit faire face à la démolition de la maison qu'il a toujours habitée à Phnom Penh, le " White Building ", et aux pressions de la famille, des amis et des voisins qui surgissent et se croisent alors que sonne la démolition du bâtiment. (Source : Allociné)
Non renseigné
Merci à LN31 qui a créé cette fiche
J'ai trouvé ce film intéressant et poignant d'une certaine façon, même si ce n'est pas exactement mon genre de prédilection.
White Building m'intéressait pour une raison en particulier : en effet, c'est l'un des rares films khmers post-guerre qui ne parle PAS de la guerre et du génocide. Genre pas du tout du tout, et c'est très bien. Le Cambodge ne se résume pas à la guerre et à Pol Pot. (Non pas qu'aborder ce sujet-là ne soit pas important, mais il est temps de remonter la pente.) Ca fait du bien à regarder.
Ici, on se situe dans le pouls de Phnom Penh, le film prend le parti de nous dépeindre la jeunesse cambodgienne qui aspire à des rêves illusoires de gloire, avant de se faire rattraper par la dure réalité de la classe pauvre de la capitale.
Ce décalage entre rêves éperdus et brusque réalité se traduit par un changement d'ambiance et de rythme en plein milieu du film, qui, d'un côté est intelligent, mais qui m'a aussi énormément déstabilisée. (Je pense que ça a fait court-circuiter mon cerveau, parce que, comme la plupart des gens de la gen z, j'ai de gros problèmes de concentration. Un film qui s'intensifie de + en +, pourquoi pas, mais un film qui se "désintensifie" pour tendre vers une apathie assumée, c'est déjà plus compliqué. Bref.)
Il s'agit donc ici d'aborder, entre autres, la question de l'expropriation subie par les classes plus défavorisées en raison des grands projets de rénovation qui visent à moderniser la ville.
D'une certaine façon, ces rénovations tardives sont tout de même une conséquence indirecte de la guerre ; ce film montre ainsi donc la réalité du Cambodge contemporain, et il le fait sans fard, avec une honnêteté brute et intimiste.
J'ai trouvé la photographie très belle par moment. Et malgré la crudité des plans, il y a une certaine élégance là-dedans à mon sens.
Le fait que ce film soit vrai le rend beau. Saisissant.
Après, je ne vais pas mentir non plus, le côté contemplatif m'a quand même ennuyée à quelques reprises. Le rythme est vraiment lent, c'est dur de rester attentif pendant 1h30, malgré que le sujet en lui-même soit intéressant.
Donc j'ai apprécié, mais il faut tenir compte du contexte pour juger le film à sa juste valeur je pense. (Et le contexte, je le devine plus par déduction qu'autre chose.)