J'ai trouvé que c'était un excellent film sur la forme, mais sur le fond, sans aller jusqu'à dire que je n'ai pas aimé (bien au contraire), je dois dire que j'ai eu quelques déceptions.
Bon, il faut dire qu'on me l'a carrément vendu comme le nouveau Rashômon (oui oui, le chef-d'oeuvre de Kurosawa, rien que ça), alors forcément, j'ai eu des attentes sans doutes trop élevées. Le film, dans son concept et son scénario, m'a aussi fait beaucoup penser à un autre de mes films favoris, L'Innocence de Hirokazu Kore-eda sorti il y a quelques années, alors je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques comparaisons qui n'ont pas joué en la faveur de Sham. (Oui je sais, ce n'est pas bien de comparer, mais là pour le coup c'est vraiment TRÈS similaire, au point que je me demande s'ils ne sont pas tous les deux basés sur le même fait réel.) Sans compter que Takashi Miike est un réalisateur avec beaucoup de prestige, ce qui fait que j'espérais beaucoup de la part de quelqu'un d'aussi reconnu.
Ce qui m'a d'abord déçue, c'est que le film débute avec un procédé narratif bien spécifique, le fameux "effet Rashômon" justement, autrement dit les jeux avec la vérité où chaque nouveau témoignage apporte des éléments contradictoires ce qui fait qu'on ne sait plus qui croire. Utilisé correctement, ce genre de procédé peut être passionnant. Et là le problème, ce n'est pas que le film a mal utilisé ce procédé, mais tout simplement qu'il l'a abandonné aussi vite qu'il l'a introduit. Ce qui est... dommage, étant donné que toute la promesse du film reposait plus ou moins sur ça.
Suite à ça, tout ce qui nous reste est un simple film de procès, pas mauvais du tout mais assez classique par rapport à ce que ça aurait pu être, d'autant plus qu'on nous offre la vérité sur un plateau d'argent très tôt dans le récit. Mais en plus de ça, j'ai trouvé le scénario finalement beaucoup trop manichéen et les personnages trop caricaturaux pour la plupart. Tout le monde reste bien gentiment dans sa petite case sans débordement et c'est dommage, l'affaire est tellement complexe qu'on aurait pu aller beaucoup plus loin. Cela dit, j'ai tout de même apprécié le personnage du professeur, Seiichi Yabushita, qui sans pour autant échapper au manichéisme (ce qui est plus justifié en ce qui le concerne), a été écrit avec beaucoup plus de subtilité, et j'ai été investie dans l'évolution de son histoire.
J'ai été aussi assez déçue du fait qu'on n'explore pratiquement pas le point de vue de l'enfant, on l'évoque, évidemment, le film insiste beaucoup sur son importance et à raison, mais on n'a jamais vraiment l'occasion de comprendre réellement comment il a vécu cet événement (alors que cette attention portée au regard de l'enfant est justement en partie ce qui m'a fait autant aimer L'Innocence). De manière générale, on reste un peu trop coincé dans le point de vue d'un seul personnage, sans vraiment chercher à comprendre la situation des autres (le film essaie bien d'explorer le passé d'un autre personnage central, mais j'ai trouvé ça très mal exploité, ça n'apportait pas grand-chose au final).
Mais même si je parle beaucoup de mes déceptions, j'insiste sur le fait que ce ne soit absolument pas un mauvais film. Le sujet est important, et même si le film est loin d'être le premier à l'évoquer (je ne sais pas trop pourquoi, mais il y a eu un vrai intérêt pour cette thématique dans le cinéma de ces trois-quatre dernières années et ce même au-delà du Japon), j'ai trouvé qu'il l'a fait avec ce qui semble être une volonté sincère de mettre en avant cette vision de la justice. De plus, comme je l'ai dit, la réalisation formelle est très bonne. Et comme toujours avec le cinéma japonais, j'ai trouvé le jeu d'acteur excellent, avec une mention spéciale pour Go Ayano qui est extrêmement investi dans son rôle et que j'ai adoré voir jouer, ça m'a donné envie de le voir dans d'autres films. Et puis, même si j'attendais un peu plus de la part du scénario et que j'y vu quelques maladresses, il reste très intéressant et prenant.
Ce n'est pas mon film préféré du genre, mais il a quand même de nombreuses qualités qu'il ne faut pas négliger, j'ai passé un très bon moment.
J'ai trouvé que c'était un excellent film sur la forme, mais sur le fond, sans aller jusqu'à dire que je n'ai pas aimé (bien au contraire), je dois dire que j'ai eu quelques déceptions.
Bon, il faut dire qu'on me l'a carrément vendu comme le nouveau Rashômon (oui oui, le chef-d'oeuvre de Kurosawa, rien que ça), alors forcément, j'ai eu des attentes sans doutes trop élevées.
Le film, dans son concept et son scénario, m'a aussi fait beaucoup penser à un autre de mes films favoris, L'Innocence de Hirokazu Kore-eda sorti il y a quelques années, alors je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques comparaisons qui n'ont pas joué en la faveur de Sham. (Oui je sais, ce n'est pas bien de comparer, mais là pour le coup c'est vraiment TRÈS similaire, au point que je me demande s'ils ne sont pas tous les deux basés sur le même fait réel.)
Sans compter que Takashi Miike est un réalisateur avec beaucoup de prestige, ce qui fait que j'espérais beaucoup de la part de quelqu'un d'aussi reconnu.
Ce qui m'a d'abord déçue, c'est que le film débute avec un procédé narratif bien spécifique, le fameux "effet Rashômon" justement, autrement dit les jeux avec la vérité où chaque nouveau témoignage apporte des éléments contradictoires ce qui fait qu'on ne sait plus qui croire. Utilisé correctement, ce genre de procédé peut être passionnant. Et là le problème, ce n'est pas que le film a mal utilisé ce procédé, mais tout simplement qu'il l'a abandonné aussi vite qu'il l'a introduit. Ce qui est... dommage, étant donné que toute la promesse du film reposait plus ou moins sur ça.
Suite à ça, tout ce qui nous reste est un simple film de procès, pas mauvais du tout mais assez classique par rapport à ce que ça aurait pu être, d'autant plus qu'on nous offre la vérité sur un plateau d'argent très tôt dans le récit.
Mais en plus de ça, j'ai trouvé le scénario finalement beaucoup trop manichéen et les personnages trop caricaturaux pour la plupart. Tout le monde reste bien gentiment dans sa petite case sans débordement et c'est dommage, l'affaire est tellement complexe qu'on aurait pu aller beaucoup plus loin.
Cela dit, j'ai tout de même apprécié le personnage du professeur, Seiichi Yabushita, qui sans pour autant échapper au manichéisme (ce qui est plus justifié en ce qui le concerne), a été écrit avec beaucoup plus de subtilité, et j'ai été investie dans l'évolution de son histoire.
J'ai été aussi assez déçue du fait qu'on n'explore pratiquement pas le point de vue de l'enfant, on l'évoque, évidemment, le film insiste beaucoup sur son importance et à raison, mais on n'a jamais vraiment l'occasion de comprendre réellement comment il a vécu cet événement (alors que cette attention portée au regard de l'enfant est justement en partie ce qui m'a fait autant aimer L'Innocence).
De manière générale, on reste un peu trop coincé dans le point de vue d'un seul personnage, sans vraiment chercher à comprendre la situation des autres (le film essaie bien d'explorer le passé d'un autre personnage central, mais j'ai trouvé ça très mal exploité, ça n'apportait pas grand-chose au final).
Mais même si je parle beaucoup de mes déceptions, j'insiste sur le fait que ce ne soit absolument pas un mauvais film.
Le sujet est important, et même si le film est loin d'être le premier à l'évoquer (je ne sais pas trop pourquoi, mais il y a eu un vrai intérêt pour cette thématique dans le cinéma de ces trois-quatre dernières années et ce même au-delà du Japon), j'ai trouvé qu'il l'a fait avec ce qui semble être une volonté sincère de mettre en avant cette vision de la justice.
De plus, comme je l'ai dit, la réalisation formelle est très bonne. Et comme toujours avec le cinéma japonais, j'ai trouvé le jeu d'acteur excellent, avec une mention spéciale pour Go Ayano qui est extrêmement investi dans son rôle et que j'ai adoré voir jouer, ça m'a donné envie de le voir dans d'autres films.
Et puis, même si j'attendais un peu plus de la part du scénario et que j'y vu quelques maladresses, il reste très intéressant et prenant.
Ce n'est pas mon film préféré du genre, mais il a quand même de nombreuses qualités qu'il ne faut pas négliger, j'ai passé un très bon moment.