Détails

Date de sortie FR

10 décembre 1997

Date de sortie

30 mai 1997

Budget

4.2 M$
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Synopsis

Deux amants, Lai et Ho, quittent Hong Kong pour l'Argentine. Leur aventure tourne mal et ils se quittent. Lai retourne à Buenos Aires et travaille comme aboyeur dans un bar de tango pour économiser l'argent de son retour à Hong Kong. Ho réapparait et s'installe chez Lai. Il trouve du travail dans un restaurant chinois où il rencontre Chang, qui vient de Taiwan.
(Source : Allociné)

LGBTQ+

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Casting

Commentaires (3)

  • avatar FaceDeCraie
    15 / 20Le 04 Octobre 2017 à 18:23FaceDeCraie

    Un très beau film sur un couple dysfonctionnel au possible, mais le bonheur que l'un l'autre sait tout de même s'apporter.
    Le mélange asiatique/latino marche du tonnerre, et apporte une touche de bizarrerie renforcée par une réalisation plus que singulière et une photo à tomber. Quelques moments sont vraiment très, trèsssss forts.

  • avatar Aurégane Lemière
    14 / 20Le 17 Mai 2022 à 12:20Aurégane Lemière

    La question qui est ici posée par le réalisateur c'est celle de l'ancrage. Nous avons tous besoin de repère. Mais de quelle nature sont ces repères ? Sont-ils géographiques ? Relationnels ? Affectifs ?
    Les deux amants que l'on suit sont déracinés. Ils sont ensemble à l'étranger et ils n'arrivent pas à s'aimer. Il leur manque leur ancrage. Ils veulent aller voir les chutes d'Iguazú, à la frontière entre le Brésil et l'Argentine. C'est l'objectif. Peut-être pour faire de ce lieu leur nouvel ancrage à deux ?
    Le voyage est un échec. L'affection qu'ils ont l'un pour l'autre ne suffit pas à les accrocher l'un à l'autre. Cela s'amplifie à tel point que l'un d'eux, Lai Yiu-fai, finit par chercher à enfermer Ho Po-wing, pour le garder près de lui. Il veut faire de lui son port d'attache, inconditionnel et rassurant.
    Ce film c'est la valse hésitation de deux amoureux perdus et sans repères. La réponse à la question initiale est dans la nuance : l'ancrage est à la fois géographique et relationnel, et donc naturellement affectif. Mais par contre, il n'est pas nécessairement réciproque. À la fin du film, l'ancrage de Ho Po-wing c'est Lai Yiu-fai. Celui de
    Lai Yiu-fai c'est Chang, un de ses collègues. Et celui de Chang c'est, on le déduit, sa famille. Même s'il n'est pas réciproque ce n'est pas grave : l'ancrage c'est le souffle vital.

  • avatar Lysandra
    19 / 20Le 25 Janvier 2026 à 18:51Lysandra

    Excellente analyse d'Aurégane Lemière, je n'aurais pas mieux dit ! La question de l'ancrage, c'est en effet le fil conducteur de ce film, très intimiste et introspectif. C'est d'autant plus probable que le réalisateur, Wong Kar Wai, est lui-même un homme déraciné : il est né en Chine continentale avant de déménager à Hong Kong, où il ne parlait pas un mot de cantonais au début. Il a sûrement insufflé son expérience personnelle dans la manière dont ses personnages subissent leur déracinement, à travers ce sentiment d'étrangeté, de solitude dans la grande ville. Le fait que les deux personnages se raccrochent si fort l'un à l'autre à l'autre bout du monde est ce qui rend leur amour, déjà tourmenté, dysfonctionnel et irréconciliable. Ils s'étouffent l'un l'autre, se font du mal, mais leur relation n'est pas le sujet principal du film (contrairement à In the Mood for Love).

    Cette question de l'ancrage est d'ailleurs mise en exergue par la manière dont les images ont été travaillées. Il y a tout un jeu avec les couleurs, qui m'a fascinée tout le long de mon visionnage. Les images en noir et blanc sont celles qui montrent l'apathie de Lai Yiu-Fai, quand il se sent déconnecté du monde qui l'entoure. (Quand il se sent déraciné). Parfois, c'est aussi un peu ambigü, les images en noir et blanc montrent simplement des scènes du passé (Lai Yiu-Fai raconte alors ses souvenirs, les scènes sont de facto moins vivaces que lorsqu'il les vit à l'instant T.) Wong Kar Wai a cette aptitude à décrire le monde intérieur de manière tout à fait saisissante et juste.

    Les images sont au contraire colorées, voire saturées, quand Lai Yiu-fai se sent connecté avec l'extérieur. Cela arrive quand il est avec Ho Po-wing, puis plus tard avec Chang. La ville prend vie, on le voit aimer de plus en plus Buenos Aires à mesure que le film avance. Il y a aussi cette omniprésence du rouge, qui m'a tout à fait fascinée. Le rouge des draps et de son short symbolisent le désir de Lai Yiu-fai pour Ho Po-wing quand ils se retrouvent après leur séparation. Puis progressivement, on voit ce rouge se déporter lentement vers le reste des décors et des objets. Le rouge sur la chemise symbolise son amour pour Ho Po-Wing, tandis que le rouge sur la penderie et sur la boite à cigarette symbolisent l'objet de leurs conflits. Le rouge, ce sont les émotions de Lai Yiu-fai mises à nu, c'est pourquoi on voit cette couleur partout. Il y a par ailleurs une scène saisissante où Lai Yiu-fai nettoie le sang des bêtes sur le sol avec un jet d'eau à l'abattoir. C'est pour moi une métaphore évidente de Lai Yiu-fai qui essaie de tirer un trait définitif sur ses sentiments pour Ho Po-wing.

    Bref, un excellent film qui m'a émue ! J'aime vraiment l'art de Wong Kar Wai.

Merci à Kendall qui a créé cette fiche