En 1937, alors que le Japon occupe la Mandchourie, Ryuko, jeune fille de bonne famille, apprend qu’elle a été choisie sur photo pour épouser le jeune frère de l’empereur de Mandchourie. La voilà contrainte de quitter le Japon et de s’acclimater à sa nouvelle vie de princesse. Une petite fille naît, et Ryuko semble heureuse au Palais. Mais bientôt les troupes soviétiques débarquent. Ryuko est obligée de prendre la fuite à pied, accompagnée de son enfant mais aussi de l’impératrice elle-même.
(Source : AlloCiné)
Non renseigné
Globalement, j'ai trouvé ce film intéressant et ne me suis pas ennuyée devant mon visionnage. Mais je me suis retrouvée avec plus de questions et de moments de solitude qu'autre chose.
Et ça, ça tient à un truc en particulier, qui est à la fois un point fort et un point faible pour mes goûts personnels : l'approche très "japonaise" des sujets de ce film. J'entends par là qu'on a une approche assez personnelle de la guerre au détriment de l'aspect politique qui est relayé en arrière plan. Littéralement pour le coup.
Car il y a cette façon très pudique d'aborder la situation Japon - Chine - Mandchourie, à tel point que le gros des évènements se déroulent pour beaucoup hors champ. C'est très frustrant car la réalisatrice n'aborde jamais les choses frontalement. Elle montre ce qu'elle a envie de montrer de manière insidieuse. Et donc d'un côté, ce film semble manquer d'une prise de position marquée sur le plan politique. (Surtout quand on sait les dessous du contexte historique, avec le Japon qui a exercé sur la Chine une domination coloniale, aujourd'hui peu assumée d'ailleurs.) Mais de l'autre côté, ça rend "La Princesse Errante" un peu insaisissable, car l'histoire va là où un spectateur occidental ne s'attend pas.
Ce film ne critique pas l'impérialisme japonais comme il aurait été de bon ton de le faire : il en montre juste les conséquences sur les humains. Chinois, Japonais, les ambitions politiques dépassent les frontières. Tout le monde est victime. La critique est donc extrêmement indirecte. (Même si encore une fois, pour mes goûts personnels, et surtout en sachant ce que le Japon a fait, une prise de position aurait été de bon ton.)
Pour moi, le meilleur aspect du film est l'errance de la princesse. (Et Kinuyo Tanaka devait être d'accord avec moi puisque c'est littéralement le titre !!)
Cette errance de la princesse est à la fois littérale (car pendant une certaine partie de l'intrigue, elle va être déportée de province en province), mais aussi symbolique. Elle est certes Japonaise, mais de par son mariage avec un Chinois, elle va errer durant tout le film entre ses deux identités irréconciliables, notamment à cause du contexte historique et de la scission nette entre les peuples.
La fin, qui a un peu choqué tout le monde, va aussi dans ce sens. A l'inverse de sa mère, Eisei n'a jamais réussi à vivre en acceptant ses deux identités.
(D'ailleurs, symboliquement, les deux époux de deux nationalités différentes veulent se retrouver mais ne savent pas s'ils pourront un jour être réunis.)
Et ça, c'est la conséquence du système qui affaiblit toute chose qui nous paraît pérenne de prime abord : l'empire, l'amour, l'identité... En outre, la guerre sépare ceux qui ne souhaitent pas être séparés. Et cette séparation prend plusieurs aspects : la séparation de corps, la rupture identitaire etc.
Mais voilà, le truc avec le cinéma japonais, c'est qu'il y a plus de sous-texte que de texte mdrrr.
J'ai pas adoré, parce le propos général est flou, mais cet aspect brumeux est probablement volontaire. Ou culturel.
J'ai aussi trouvé le jeu d'acteur pas très convainquant de manière générale, mais ça c'est propre à moi.